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Jugement de Youssouf Fofana : doit-on refaire un procès à la demande d’une communauté religieuse ? par Claude-Marie Vadrot

dimanche 19 juillet 2009

Source : Politis - Le blog de Claude-Marie Vadrot

Serais-je qualifié d’antisémite, si je questionne fortement la légitimité d’un groupe religieux à critiquer une décision de justice rendue par un jury populaire en réclamant vengeance au nom de sa communauté ? Si la réponse était oui, tout groupe communautaire, juif, musulman, chrétien, hindouiste ou bouddhiste, serait donc désormais fondé à exiger une justice particulière. Que je sache, Youssouf Fofana a été condamné à la perpétuité assortie de 22 ans de peine de sûreté, soit la peine maximale dont était passible son crime terrible. Si les jurés ont été plus « indulgents » -appréciation toute relative- pour 14 de ses complices que ne le demandait le procureur, ils l’ont fait, comme le veut la formule, en « leur âme et conscience » mais aussi en fonction d’un exposé des faits qui a duré prés de deux mois et des plaidoiries des avocats, ce qui inclue évidemment ceux de la partie civile parlant au nom de la famille de l’homme horriblement supplicié puis mis à mort.

De quel droit et, je le répète, au nom de quelle appartenance communautaire, est-il permis de s’en indigner et de demander plus ? Je ne parle pas ici de la famille de la victime à laquelle tous les aspects de la douleur sont permis puisque l’irréparable a été commis mais d’une partie de la presse qui refait le procès au nom de l’antisémitisme. Je parle aussi de la ministre de la justice qui, toujours ministre de l’Intérieur dans son for intérieur, se conduit comme si la justice pouvait être confondue avec la vengeance. En cédant à une partie de l’opinion ou plus exactement avec celle qu’exprime une partie de la presse, madame Alliot-Marie complait surtout à un avocat de la partie civile habitué des cercles de la majorité, et qui prétend parler au nom de la partie de l’opinion publique qui serait, le conditionnel est de rigueur, choqué par la décision rendue en son nom.

Qui peut imaginer un autre groupe religieux ou ethnique se permettant de venir insulter les avocats de la défense et d’organiser impunément une manifestation devant le ministère d’Alliot-Marie pour réclamer un autre jugement. Et l’obtenir...

Je sais que tout ce qui précède n’est pas politiquement correct, mais il y a des jours où la politique piétine un peu trop la justice.

http://www.politis.fr/rubrique105.html

2 Messages de forum

  • Bien sûr on ne peut que condamner une telle remise en cause de la chose jugée . Cependant est-il question de faire appel ? Quoiqu’il en soit nous sommes arrivés à une reprise en mains de tout notre fonctionnement républicain par les religions et à la radicalisation des communautés . Tout cela est de très mauvais présage car nous nous dirigeons vers des affrontements qui ne serviront en aucun cas la cause de la démocratie et de la liberté (prise de pouvoir par un parti totalitaire) . Voilà à quoi mènent la frilosité ou l’indifférence devant ce genre de dérives (ex du voile) . Mais peut-être cela est-il voulu selon la formule "DIVISER POUR REGNER" .
  • Dans un Etat démocratique, la séparation des pouvoirs (judiciaire et exécutif en l’occurrence) est fondamentale. La France ne semble pas adhérer à cette élémentaire règle de droit.

    Il a même été question de modifier la loi actuelle sur le rôle du jury populaire, avant l’ouverture d’un second procès. Ceci rappelle les lois rétroactives du gouvernement de Vichy. La Justice française se fondrait-elle sur une telle jurisprudence ?

    Ceci est une nouvelle gifle infligée à la démocratie après le mépris de l’opinion populaire prononcée lors du référendum sur le traité de Lisbonne.


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