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La gauche sud-américaine réclame le rétablissement de Zelaya

mardi 30 juin 2009

TEGUCIGALPA - Reuters

Les dirigeants de gauche d’Amérique latine, réunis à Managua au Nicaragua, appellent les militaires putschistes à rétablir dans ses fonctions le président du Honduras Manuel Zelaya, renversé la veille par un coup d’Etat.

Le groupe, présidé par le Vénézuélien Hugo Chavez et composé de plusieurs présidents de gauche, comme l’Equatorien Rafael Correa ou le Nicaraguayen Daniel Ortega, ont annoncé qu’ils allaient retirer leurs ambassadeurs en poste à Tegucigalpa.

Le coup d’Etat, le premier en Amérique latine depuis la fin de la Guerre froide, a pris une dimension internationale lundi, les présidents de la région faisant front autour du socialiste Zelaya, un proche de La Havane de et Caracas.

Les Etats-Unis continuent de suivre l’évolution de la situation avec attention et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a précisé que Washington faisait du rétablissement de l’ordre démocratique au Honduras une priorité absolue.

"Les Etats-Unis travaillent avec leurs partenaires de l’OEA (Organisation des Etats américains) pour dégager un puissant consensus condamnant l’expulsion du président Zelaya et pour appeler au rétablissement complet de l’ordre démocratique au Honduras", a dit Clinton.

L’Union européenne, l’Onu et l’OEA ont toutes condamné le renversement de Manuel Zelaya.

"Nous n’autoriserons pas un retour au passé", a déclaré Hugo Chavez qui a placé les troupes vénézuéliennes en alerte au cas où le Honduras menacerait l’ambassade du Venezuela. Cuba a condamné un putsch "criminel et brutal".

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a également refusé de reconnaître la nouvelle donne. "Nous ne pouvons pas accepter ni reconnaître un autre gouvernement que celui du président Zelaya", a-t-il dit.

Manuel Zelaya, qui a rejoint le sommet des dirigeants sud-américains dans la capitale du Nicaragua, a été invité à se rendre "aussitôt que possible" devant l’assemblée générale des Nations unies.

GRENADES LACRYMOGÈNES À TEGUCIGALPA

A Tegucigalpa, l’armée et la police anti-émeutes ont pris position autour du palais présidentiel devant lequel se sont rassemblées lundi quelque 1.500 personnes pour protester contre le coup d’Etat.

Plusieurs manifestants, portant des masques et armés de bâtons, ont provoqué les forces de l’ordre et brûlé des pneus devant les grilles du palais. Dans l’après-midi, les forces de sécurité sont intervenues à coups de grenade lacrymogènes.

La veille, des coups de feu, apparemment tirés en l’air, avaient éclaté alors que 200 personnes bravaient le couvre-feu décrété par les militaires.

La plupart des habitants de Tegucigalpa se sont toutefois enfermés chez eux par crainte de violence, après avoir envahi les magasins pour se ravitailler en vivres.

De son exil, le président déchu a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes.

UN TEST POUR OBAMA

La crise couvait depuis des jours au Honduras, où Manuel Zelaya avait destitué le chef d’état-major, le général Romeo Vasquez, parce que ce dernier refusait de l’aider à organiser un référendum, dimanche, sur une modification de la Constitution visant à lui permettre de briguer un second mandat de quatre ans.

La Cour suprême du Honduras s’était prononcée contre le limogeage du général Vasquez et avait demandé au chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2006, de le rétablir dans ses fonctions. Elle a indiqué avoir elle-même demandé à l’armée de l’évincer en raison de son intention d’organiser un référendum "illégal".

Manuel Zelaya a été arrêté dimanche à l’aube par des militaires qui l’ont envoyé au Costa Rica. Sous bonne garde des soldats postés devant le parlement, les députés du Honduras ont ensuite nommé à main levée le président du Congrès, Roberto Micheletti, au poste de chef de l’Etat.

Ce dernier a décrété un couvre-feu nocturne pour dimanche et lundi et déclaré qu’aucun dirigeant étranger, "que ce soit Barack Obama ou, encore moins, Hugo Chavez, n’a le droit de venir menacer le Honduras".

Le coup de force de Tegucigalpa constitue le premier test sud-américain de Barack Obama, déterminé à renouer avec les pays de la région un dialogue mis à mal par les années Bush.

"C’est une occasion en or (pour Obama) de rompre avec le passé et de montrer qu’il se range sans équivoque dans le camp de la démocratie, même si les gens de Washington n’apprécient guère l’homme (Zelaya)", juge l’ancien vice-président du Costa Rica Kevin Casas-Zamora.

Les Etats-Unis disposent au Honduras de 600 militaires stationnés à la base aérienne de Soto Cano.

Ce pays de sept millions d’habitants, ancien allié des Etats-Unis pour combattre les gouvernements marxistes d’Amérique centrale, a connu la stabilité politique depuis la chute du régime militaire au début des années 1980.


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