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L’ETE 40 IL Y A 70 ANS par Jean LEVY

lundi 7 juin 2010

La débâcle (3)

14 juin 1940

Aujourd’hui :

DU 5 AU 14 JUIN 1940

Le 5 juin, L’offensive générale allemande se déclenche sur la Somme, l’Oise et l’Aisne.

Ce jour-là, Paul Reynaud remanie à nouveau son gouvernement. Il y fait entrer Paul Baudouin*, aux Affaires étrangères, Yves Bouthillier*, aux Finances, Jean Prouvost* à l’Information. Et aussi, le colonel de Gaulle, partisan de la résistance (qui va être promu général), comme sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale.

Le gouvernement est profondément divisé quant à l’orientation à suivre.

Le 6 juin, l’armée française est enfoncée sur la Somme. C’est le repli général sur la Seine et Paris.

Ce même jour, face à la situation, sur directive de Benoît Frachon, responsable du PCF clandestin, charge Georges Politzer** de transmettre au gouvernement les propositions des communistes pour organiser la défense de la France :

« Le Parti communiste considérerait comme une trahison d’abandonner Paris aux envahisseurs fascistes. Il considère comme le premier devoir national d’organiser sa défense. Pour cela il faut :

1° Transformer le caractère de la guerre, en faire une guerre nationale pour l’indépendance et la liberté ;

2° Libérer les députés et les militants communistes ainsi que les dizaines de milliers d’ouvriers emprisonnés ou internés ;

3° Arrêter immédiatement les agents de l’ennemi qui grouillent dans les chambres, les ministères, et jusqu’à l’Etat Major et leur appliquer un châtiment exemplaire ;

4° Ces premières mesures créeraient l’enthousiasme populaire et permettraient une levée en masse qu’il faut décréter sans délais ;

5° Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ».

Le 7 juin, aucune suite n‘est donnée à cette proposition.

Au contraire, le généralissime Weygand et nombre de ministres, affirment à la fois que la défaite est inévitable et que le gouvernement doit rester dans Paris. Ce qui et une manière de le faire tomber aux mains de l’ennemi. Cependant Paul Reynaud décide le repli du pouvoir en province.

Le 11 juin, les Allemands prennent Reims et menacent Saint-Valéry-en Caux où, le 12, 50.000 homme et 12 généraux tombent aux mains de l’ennemi. En Champagne, les blindés de Guderian foncent vers Langres.

Les réservoirs de carburant de Gennevilliers brûlent. Les ministères détruisent leurs archives. La suie envahit le ciel de Paris. Après les gens du nord, c’est le grand exode des Parisiens vers l’ouest et le sud. Au total, 8 à 10 millions de Français sont sur les routes, cédant à la panique provoquée par la foudroyante avancée de la Wehrmacht et les rumeurs répandues à dessein.

Le 12 juin, au conseil suprême interalliés, réuni à Briare, en présence de Winston Churchill, Weygand insiste pour garder en réserve des troupes pour « garantir le maintien de l’ordre ». « l’ennemi intérieur » a, pour lui, priorité sur l’Allemand.

Le même jour, mais à Cangey, un conseil des ministre se divise entre partisans de la résistance – dans « un réduit breton » ou en Afrique du Nord – et ceux qui se prononcent, tels Weygand et Pétain, pour la cessation des combats.

Le 13 juin, le gouvernement annonce son repli sur Bordeaux. Weygand tente de forcer la décision en faveur d’un armistice en évoquant mensongèrement la situation à Paris où « des émeutes auraient lieu et où Thorez se serait installé à l’Elysée ».Yves Bouthillier, le ministre des Finances, s‘associe à Weygand.

Le 14 juin, Les Allemands entrent dans Paris désert.

NOTES :

* Paul BAUDOIN, Directeur e la Banque d’Indochine avant 1940. Sous-secrétaire d’Etat dans le cabinet Paul Reynaud, le 5 juin 40, puis ministre de Affaires étrangères de Vichy.

Après la Libération, il reprend ses activités au sein de plusieurs conseils d’administration liés à la Banque d’Indochine.

Yves BOUTHILLIER, Inspecteur des Finances, Sous-secrétaire d’Etat dans le gouvernement Reynaud, le 5 juin 40, puis ministre des Finances et de l’Economie de Pétain jusqu’en 1942. Collaborateur de Marcel DASSAULT à la Banque Commerciale de Paris, après la Libération.

Jean PROUVOST, industriel du Nord, directeur avant-guerre de Paris-Soir, de Match, de Marie Claire. Ministre de l’Information, le 5 juin 40. Directeur de journaux pendant l’Occupation, il dirigera après la guerre, Paris Match, Le Figaro, Marie Claire, Télé 7 jours.

** Georges POLITZER, philosophe communiste, animateur de l’Université ouvrière avant 1939, il transmet au ministre Anatole de Monzie les proposition, rappelées plus haut, du Parti Communiste Français, de défendre Paris. Il devient l’un des responsables de la résistance universitaire, fondateur du journal clandestin, L’Université libre. Arrêté par la police de Vichy, livré aux nazis, il est torturé et fusillé au Mont-Valérien, en 1942.


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