COMITE VALMY

Accueil du site > - ANALYSES MARXISTES, documents et apports communistes > Le Téléthon 2009 : La charité publique pour les maladies génétiques et le (...)

Le Téléthon 2009 : La charité publique pour les maladies génétiques et le handicap La charité publique pour les maladies génétiques et le handicap

vendredi 4 décembre 2009

En bref…

Numéro 217 du 3 décembre 2009

Pour les recherches valorisables, l’Etat mobilise des moyens, …

Le gouvernement ne cesse de restructurer l’organisation et le financement de la recherche publique pour mieux l’asservir aux stratégies des industriels et de l’Etat. Le plan stratégique de l’Alliance Nationale des Sciences de la Vie et de la Santé, qui regroupe tous les Etablissements de recherche de ce secteur, et le Comité Stratégique des Industries de Santé, qui s’est tenu à l’Elysée le 26 octobre 2009 avec les 13 dirigeants des majors pharmaceutiques présents en France, prévoient de transférer aux laboratoires publics une grande partie de la Recherche-Développement (R&D) des industries pharmaceutiques.

Pour aider au pillage des laboratoires publics par les industriels, le gouvernement mobilise des moyens conséquents. Sur les 35 milliards € du grand emprunt, 16 milliards seraient affectés directement pour la recherche et la formation (25 milliards d’euros en comptant les aides indirectes). 2 milliards € seraient attribués spécifiquement aux sciences de la vie. De telles sommes constituent des moyens puissants pour contraindre les laboratoires à délaisser la recherche fondamentale pour se consacrer à la valorisation. La dérive de l’Inserm et du CNRS vers la R&D et la recherche clinique va amplifier la politique des créneaux si préjudiciable à l’avancée des connaissances.

Mais pour les recherches à long terme, il recourt à …la charité !

La recherche sur le traitement des maladies génétiques repose essentiellement sur la charité. L’Etat finance peu ces recherches car elles ne sont pas susceptibles de déboucher à court terme sur des traitements qui ne rapportent pas assez de profits pour les grands groupes pharmaceutiques. Le Téléthon finance la recherche sur les maladies génétiques et l’aide au handicap dû à ces maladies.

Le handicap

Le gouvernement se désintéresse du handicap comme le montre sa décision de fermeture fin 2009 du Centre Technique National d’Etude sur le Handicap et les Inadaptations (CTNERHI). Ce centre, crée en 1975, a pour objet permanent d’« éclairer le ministre des affaires sociales sur les besoins des enfants adultes et handicapés ou inadaptés, les méthodes de prévention et d’observation en matière de handicap ou d’inadaptation, l’efficacité des politiques publiques ». A cet effet, le Centre « entreprend ou suscite, soit à la demande du ministre soit à la demande de personnes publiques ou privées, soit à sa propre initiative, toutes les enquêtes ou travaux nécessaires ». Les personnels du centre n’ont aucune information quant à leur devenir !

Le gouvernement s’appuie sur la charité télévisuelle pour compenser la casse du système de santé. Les plus faibles se retrouvent dans une situation de dépendance vis-à-vis des donateurs. Quand on voit le nombre de malades laissés pour compte, de familles abandonnées avec un parent malade, quand on voit l’Etat diminuer l’aide aux personnes dépendantes et fiscaliser les accidentés du travail, l’appel à la générosité publique avec ses bons sentiments ses discours moralisateurs suscite un malaise. Evidement nous avons beaucoup de gratitude et de respect pour les généreux donateurs, mais la charité au 21e siècle ne peut ni compenser ni encore moins se substituer à un système de santé structuré sur la solidarité collective

Les maladies génétiques

Le Téléthon récolte environ 100 millions d’euros par an. Son faible bilan thérapeutique comparé aux espoirs suscités ne plaide pas en faveur d’une recherche structurée par des campagnes médiatiques organisées par des associations de malades ou de parents de malades. La recherche nécessite du temps, de l’humilité, elle ne peut reposer sur l’émotion, le sensationnel. Le Téléthon renforce la politique de créneaux, en ne finançant que des projets finalisés. Or la thérapie génique se heurte à bon nombre de problèmes fondamentaux. Quant aux cellules souches, la recherche fondamentale doit encore progresser pour envisager leur utilisation en thérapie cellulaire. Il est très réducteur de ne concevoir les thérapies des maladies génétiques qu’en terme de thérapies géniques et cellulaires. Face aux espoirs suscités, les organisateurs du Téléthon sont condamnés à surenchérir chaque année afin d’entretenir la machine à récolter les fonds.

L’impérieuse nécessité de la recherche fondamentale

La finalisation à outrance, en ne tenant pas compte de la nécessité de la recherche fondamentale, réduit considérablement les possibilités d’application. Il faut desserrer l’étau de la finalisation qui enserre la recherche publique. Si l’AFM veut réellement contribuer au traitement des maladies génétiques, elle doit financer les recherches fondamentales non finalisées qui contribuent à faire progresser la compréhension des mécanismes inducteurs des pathologies et ne pas se limiter à une vision réductrice de la recherche.

Villejuif, le 1er décembre 2009

SNTRS-CGT – 7, rue Guy Môquet, 94800 Villejuif - Tel : 01 49 58 35 85 - Télécopie : 01 49 58 35 33

Courrier électronique : sntrscgt@vjf.cnrs.fr - - Site web : http://sntrscgt.vjf.cnrs.fr

2 Messages de forum

  • Bravo, tout celà est fort bien dit. Ce qui est remarquable c’est que, pour la guerre, pour renflouer les banques et se servir avec les "copains" de confortables salaires on ne fait pas appel à la charité publique, on sait très bien où trouver l’argent (dans nos poches en l’occurrence). Ce Téléthon me soulève le coeur à cause de celà .

    Allons, pauvre peuple, fais le fond de tes poches pour subvenir à tes besoins, pour les nôtres nous savons où trouver l’argent !! Nous continuerons cependant à nous protéger en conservant le plafonnement fiscal et...les paradis fiscaux, bien sûr ! Non, mais !!

  • Je vais être cynique : parfaitement d’accord avec votre analyse de fond, je me pose la question -outre le problème de l’efficacité des thérapies géniques que vous posez fort bien - de savoir s’il est justifié d’engloutir de pareilles sommes pour aussi peu de malades, quand chez nous les autre handicapés sont abandonnés à leur triste sort (surtout les séquelle d’accidents : je suis mère d’une polyhandicapée "accidentelle"), que tant de gens sont à la rue, que des milliers d’enfants, DANS NOS VILLES, ne mangent plus à leur faim - et des dizaines de milliers d’autres sont incorrectement nourris, quand, enfin, un milliard d’êtres humains est en situation de famine ?

    Je me permets d’écrire ceci parce que je me pose, depuis 18 ans maintenant,des questions sur notre détermination à prolonger des existences "non viables" ou usées, et je précise que toutefois je ne regrette pas de vivre, pour pouvoir garder mon enfant chez moi, une existence inimaginable pour qui ne la vit pas lui-même (enfermement, surmenage... j’ai pris contre mon gré, choisissant entre ces deux maux le moindre lorsque l’épuisement a menacé ma santé, une retraite anticipée, parce que j’ai eu la chance d’être fonctionnaire, et j’ajoute : je ne peux même plus prendre de vacances, car il n’existe rien d’adapté à notre accueil )

    Une des choses les plus dures, c’est de voir souffrir ma fille. Or les seuls antalgiques qui pourraient peut-être lui venir en aide (les autres ont échoué, voire ont aggravé son état) sont les dérivés du haschisch, interdits par le vertueux Monsieur Kouchner, sans doute parce que les labos qui les fabriquent sont rivaux de ceux qui le sponsorisent...

    Une adversaire résolue et amère de l’appel à la charité publique par voyeurisme interposé. Vive la solidarité, nationale ET internationale. Et repensons notre rapport à la souffrance, à la mort , et donc finalement à la vie.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>