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« J’ai mal au travail ! » - Jean Lévy

samedi 31 octobre 2009

« La souffrance au travail » est, de nos jours, un thème très porteur dans les médias. Pas un journal, pas une chaîne de télé, pas une radio qui ne consacre une enquête, un dossier, une émission à ce sujet. Il a fallu que des suicides en séries se succèdent dans quelques grandes entreprises – et que l’information y fasse écho – pour décider les médias à placer en ‘une’ un tel « fait de société ».

Qui pourrait s’en plaindre ?

On en parle donc, mais comment ?

Nous avons pris l’exemple de France Inter.

Dans son 7/10 du vendredi 30 octobre, la radio publique avait convié, pour dialoguer et répondre aux questions des auditeurs, une ‘sociologue du travail’, Danièle Linhart, par ailleurs directrice de recherche au CNRS, et surtout ‘membre de l’Observatoire du stress’ à France Télécom, et une ‘psychanalyste’, Marie Pezé, qui avait ouvert, dès 1997, une consultation « souffrance au travail », à l’hôpital de Nanterre.

C’est dire la qualité des consultants.

L’une et l’autre ont diagnostiqué avec compétence les symptômes du mal, ses diverses facettes, ses effets dévastateurs sur les salariés.

Le tableau en était saisissant.

Mais répondant à la question : « comment y faire face et comment guérir de ce mal ? », les deux intervenantes ont proposé de modifier profondément les méthodes de « management », « directement importées des Etats-Unis et non adaptées à la France », prôné la prévention par le « dialogue social ».

La « souffrance au travail », un problème de méthode ?

Les réponses des deux ‘expertes’ donnent la limite de l’enquête de France Inter.

La radio, dite de ‘service public’, se devait, pour rester crédible auprès des auditeurs, d’aborder le sujet, en faire la ‘une’ de ses préoccupations. Mais sans pour autant mettre à nu les raisons fondamentales de cette « souffrance au travail ».

Si tant de salariés, ouvriers ou cadres, sont quotidiennement malmenés, terrorisés, violentés dans leur intégrité physique ou mentale, amenés à préférer la mort au travail, c’est que les conditions d’exploitation « habituelles » ne suffisent plus.

Les patrons ont pour unique objectif réaliser les énormes profits, d’avance programmés : obtenir chaque année, une hausse de plus de 15% des dividendes distribués aux actionnaires, revendre avec un gros bénéfice l’entreprise (murs, matériel, personnel), achetée à crédit, dans les années précédentes.

Pour atteindre ces objectifs, il ne suffit plus d’augmenter simplement les cadences : il faut pressurer à l’extrême le salarié pour qu’il rende tout son jus jusqu’à sa dernière goutte, tant pis si celle-ci est de sang !

Exposer ces raisons serait faire le procès du capitalisme.

Ce procès là ne sera pas ouvert dans nos médias, aux mains du pouvoir politique, bras armé du capital, ou directement possession de ce même capital.

Jean LEVY


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