COMITE VALMY

Accueil du site > - ANALYSES MARXISTES, documents et apports communistes > Le "bon" et le "mauvais" capitalisme... par Jean Lévy

Le "bon" et le "mauvais" capitalisme... par Jean Lévy

lundi 6 octobre 2008

Une fois n’est pas coutume. Un chroniqueur de France Inter, ce matin 6 octobre, a lâché quelques vérités, pas toujours bonnes à dire sur une radio publique. Rappelant les récents propos de Nicolas Sarkozy sur le « bon » capitalisme industriel, celui des entrepreneurs, opposé au « mauvais » capitalisme financier, le journaliste de ma radio publique a rappelé que cette distinction n’existait pas dans la réalité. Et de donner des exemples : Bouygues, Lagardère, Bolloré, Total, qui sont des industriels, possèdent tous des « salles de marché » qui leur permettent de « spéculer » massivement sur les profits réalisés à partir de leurs activités économiques de base. Ce n’est pas Bernard Arnaud qui dira le contraire quand il achète un pan de l’édition française pour la revendre avec une plus-value énorme à un concurrent espagnol. Ni Arnaud Lagardère qui a vendu une part de ses actions dans EADS avant que leur cours ne s’effondre, empochant dans cette opération financière un magot impressionnant.

Le président de la République connaît fort bien cette réalité. N’est-il pas le proche ami de ces industriels-financiers ? Ses fortes paroles dénonçant le capital financier prédateur visent à égarer le Français moyen inquiet de la crise, en exonérant le système capitalisme lui-même de ses responsabilités dans celle-ci.

Chacun constate comment en France, en Europe comme dans le monde entier – et en premier lieu aux Etats-Unis – la logique interne au capital conduit celui-ci à se concentrer chaque jour davantage, avec l’objectif de réaliser à très court terme, des profits les plus élevés possibles, en recourant en permanence à une spéculation.massive. L’objectif est de disposer, dans les délais les plus brefs, des masses monétaires considérables disponibles pour participer au grand « Monopoly mondial ». Et chaque nouvelle opération accentue la concentration du capital, par la rotation de celui-ci.

Le « tri moral » effectué par Nicolas Sarkozy entre le « bon » et le « mauvais » capitalisme n’est qu’une tentative démagogique de justifier le premier, en tant que système. Le Président se drape à nouveau dans sa cape de faux magicien, face à l’opinion. Notre Baratin de Matuvu recourt, une fois de plu, à ses remèdes de bonimenteur, en jetant de la poudre de perlimpinpin dans les yeux à la population.

Le journaliste de France inter poursuit son entreprise de démystification. Il note la proximité extrême entre les positions du président de la République et celles de la présidente du Medef.

A propos des « parachutes dorés », le chroniqueur ironise sur les « injonctions » de Nicolas Sarkozy à Laurence Parisot. En fait, le premier met en musique la partition écrite par la seconde. La collaboration s’effectue en parfaite harmonie, comme si l’une commençait les premières strophes d’une chanson que l’autre terminerait.

Un véritable « ticket » à l’américaine entre les candidats à la présidence et à la vice-présidence…

BLOG canempechepasnicolas


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>