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Bras de fer à Rome entre le peuple italien et les relais politiques de l’Union européenne, et derrière celle-ci, la finance internationale - par Jean LEVY

mardi 29 mai 2018, par Comité Valmy


Le président italien Sergio Mattarella s’apprête à désigner, le 28 mai 2018, Carlo Cottarelli, incarnation de l’austérité budgétaire, pour diriger le pays vers de nouvelles élections. (CORTESA / NOTIMEX / AFPL

Bras de fer à Rome entre le peuple italien et les relais
politiques de l’Union européenne, et derrière celle-ci,
la finance internationale

L’exemple italien devrait nous aider à réfléchir.

Une majorité d’électeurs italiens a voté le 4 mars dernier contre les partis qui ont gouverné le pays au nom de l’Europe depuis des décennies. Les deux mouvements hostiles à cette politique, l’un "anti-système, le Mouvement 5 étoiles, l’autre de droite, la Ligue, se sont unies après le scrutin pour gouverner ensemble sur un programme contraire aux directives bruxelloises.

Celles-ci, horrifiées par cette situation, crient au parjure et développent une pression incroyable pour faire échec au verdict du peuple italien. Le bras de fer *s’est d’abord joué sur la désignation par la nouvelle majorité d’un ministre des Finances, Paolo Savona, ouvertement hostile à l’euro et à l’UE.

Di Maïo, du Mouvement 5 Etoiles et Juncker, président de la Commission européenne

Et le président de la République, en fidèle exécutant de celle-ci met son veto à cette nomination.

Le président de la République italienne

Pourtant, la personnalité contestée est un ultralibéral, fort lié avec le patronat. Contradiction apparente qui s’explique sans doute par la nature des entreprises avec lesquelles le préposé aux Finances est lié. En effet, le patronat de l’Italie du Nord est dominé par un réseau de grosses PME performantes, mais non soumises directement au capital financier. Celui-ci, au nom de la Cofinindustria, le Medef transalpin, se bat bec et ongle contre les orientations de la nouvelle majorité.

Et, finalement, face au blocage institutionnel issu du refus du président Matterella de nommer Paolo Savona aux Finances, le président du Conseil pressenti, Giuseppe Conte, a jeté l’éponge.

Aussitôt, le président de la République a désigné l’économiste Carlo Cottarelli, un ancien du FMI pour diriger " un gouvernement de techniciens", dévoué aux instances de Bruxelles et adepte des thèses ultralibérales poussées à l’extrême, à l’opposé du verdict des électeurs italiens.

Les leaders du Mouvement 5 Etoiles et de la Ligue évoquent un complot contre la démocratie, initié par l’Union européenne, et demande ; la mise en accusation du président Mattarella.

Matteo Salvini a accusé le chef de l’État d’avoir « injustement barré la route à un homme qui avait pour seul tort d’avoir trop défendu les intérêts des Italiens ». Ajoutant : « Jamais plus esclave de personne. L’Italie n’est pas une colonie », il a exigé le retour aux urnes dès cet automne « pour redonner la parole aux citoyens italiens ». "L’Italie n’est pas un pays libre, c’est un pays occupé financièrement, pas militairement, par les Allemands, par les Français et par les bureaucrates de Bruxelles", a rugi M. Salvini.

Dans la même veine, Luigi Di Maio, sur un ton encore plus violent, a parlé d’un choix « incompréhensible » de la part du président Mattarella : « L’Italie est souveraine. On ne peut empêcher un gouvernement du changement."

Les événements d’Italie devraient éclairer les Français sur la conception de "démocratie" telle qu’on la pratique à Bruxelles et dans les capitales européennes.

Quand les peuple consultés répondent NON à l’austérité européenne, l’Union européenne ne tient pas compte du vote et foule au pied la souveraineté populaire.

L’exemple italien en fournit une nouvelle preuve.

Ce qui se joue à Rome, le combat pour le respect de la souveraineté du peuple, doit éclairer notre propre lutte pour l’indépendance française. Le fait que les forces politiques qui s’opposent là-bas au diktat européen ne sont pas issues des rangs ouvriers traditionnels ne doit pas poser problème. L’essentiel, c’est que la résistance, telle qu’elle est dirigée en Italie, doit avoir notre soutien entier. Car l’enjeu c’est la libération du joug de la finance internationale, incarnée par les instances européennes de Bruxelles, et relayées dans chaque pays de l’Union par les représentants de celle-ci. De chaque côté des Alpes, c’est le même antagonisme qui opposent les forces nationales aux multinationales sans patrie, les vrais maîtres de l’Union européenne.

Comment rester neutre, voire hostile, au pouvoir issu du peuple, qui doit se mettre en place en Italie, sous prétexte que ceux qui sont à la manœuvre viennent en partie d’une droite jugée dure par nos médias ?

Or, ce qui se joue là-bas, est gros de conséquences pour le futur de l’Union Européenne. Si l’Italie s’en détache quelque peu, c’est l’avenir de la construction bruxelloise qui est en jeu. D’où l’âpreté du conflit entre Rome et Bruxelles...

Faut-il faire la fine bouche et attendre qu’une révolution conduise notre sœur latine au socialisme ? Ou prendre la mesure de l’affrontement et soutenir la coalition italienne contre l’Union européenne.

Un cas d’école qui devrait nous faire réfléchir en France.

Jean LEVY
Comité Valmy
28 mai 2018


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