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C’est le gouvernement britannique - et non la Russie – qui menace la sécurité du Royaume-Uni
Neil Clark, Sputnik

mercredi 4 avril 2018, par Comité Valmy


C’est le gouvernement britannique - et non la Russie –
qui menace la sécurité du Royaume-Uni


Et c’est reparti pour un tour. Dans le dernier rapport de 52 pages du gouvernement britannique intitulé « National Security Capability Review », devinez qui est en tête des menaces auxquelles la Grande-Bretagne est confrontée ? Vous y êtes, ces ignobles Russes, évidemment !

« La résurgence des menaces étatiques, l’intensification de la concurrence étatique au sens large et l’érosion de l’ordre international fondé sur des règles rendent plus difficile la formation d’un consensus et la lutte contre les menaces mondiales », dit le rapport. « L’érosion de l’ordre international fondé sur des règles » ? Pardon ? N’est-ce pas exactement ce qui s’est produit en 1999, lorsque le Royaume-Uni et ses alliés de l’OTAN ont bombardé la Yougoslavie, sans l’approbation du Conseil de sécurité des Nations-Unies (CSNU), et en 2003, lorsque le Royaume-Uni et ses alliés ont illégalement envahi l’Irak, à nouveau sans l’approbation du CSNU ?

Si l’on en croit ce rapport, les événements que je viens de rappeler n’ont tout simplement pas eu lieu. Par contre, l’ « agression de l’État russe » est ce qui devrait tous nous préoccuper. La longue liste des crimes russes présumés comprend le soutien au régime d’Assad et l’annexion illégale de la Crimée. Peu importe que le soi-disant « régime d’Assad » ait demandé l’aide de la Russie pour combattre les djihadistes liés à l’EI [Daesh]*/al-Qaeda* dont les collègues ont semé la terreur dans les rues de Grande-Bretagne. Ou que le peuple russe de Crimée ait fait le choix, à une écrasante majorité, lors d’un référendum démocratique, de revenir en Russie suite à une opération de changement de régime soutenue par l’Occident en Ukraine, dont des nationalistes anti-Russes virulents et des néo-nazis étaient le fer de lance. Il ne faut pas laisser tous ces petits détails se mettre en en travers de notre chemin, n’est-ce pas ?

Bien que le gouvernement britannique n’ait fourni aucune preuve que la Russie soit responsable de l’empoisonnement de Sergei Skripal et de sa fille Yulia à Salisbury, ni même que l’agent neurotoxique Novichok ait été vraiment utilisé, le rapport déclare sans ambages : L’utilisation aveugle et imprudente d’un agent neurotoxique de qualité militaire sur le sol britannique a constitué un usage illégal de la force par l’État russe.

La vérité est que le discours officiel du gouvernement sur Salisbury a plus de trous qu’un morceau de gruyère .

Et ça, c’était avant qu’on nous ait dit, la semaine dernière, que l’agent neurotoxique mortel se trouvait probablement sur la porte d’entrée de Skripal, une porte que les policiers ont touchée chaque fois qu’ils sont entrés et sortis de la maison.

Comme en 2003, lorsque le gouvernement britannique a affirmé que l’Irak avait des armes de destruction massive, une nouvelle théorie conspirationniste est présentée comme un fait établi à 100%.

Tout cela n’a pas de sens. Nous sommes entrés de « l’autre côté du miroir » dans le pays des merveilles de Lewis Carroll, où Theresa May et ses collègues nous demandent de croire à six choses impossibles avant même de prendre le petit-déjeuner.

Loin de constituer une menace pour la sécurité britannique, ce que les Russes font au Moyen-Orient améliore la sécurité des citoyens britanniques. C’est le gouvernement britannique qui a mis nos vies en danger, et non le « méchant Poutine ».

La politique étrangère néo-conservatrice du Royaume-Uni, suivie par les gouvernements travaillistes et conservateurs au cours des 20 dernières années, a consisté à cibler des États laïcs indépendants pour y provoquer de violents changements de régime. Aucun de ces États n’avait menacé la Grande-Bretagne ni les Britanniques. Au contraire, ils luttaient contre les groupes terroristes extrémistes qui constituent une menace. En s’efforçant de déstabiliser des pays tels que l’Irak, la Libye et la Syrie, le gouvernement britannique a considérablement renforcé la cause du terrorisme mondial.

Saddam Hussein était sans doute un dictateur, mais il n’allait pas attaquer la Grande-Bretagne. En renversant l’homme fort d’Irak et en démantelant tout l’appareil d’État irakien, la Grande-Bretagne a facilité la montée de l’État islamique [Daesh] - un groupe dont les partisans ont mené des attaques contre des citoyens britanniques .

En Libye, la Grande-Bretagne et l’OTAN ont utilisé leur force aérienne pour appuyer les groupes djihadistes radicaux, dans le cadre de leur stratégie d’éviction de Mouammar Kadhafi. Les membres du Groupe de combat islamique libyen (GCIL) ont pu voyager librement entre la Grande-Bretagne et la Libye. « Les faits montrent que le GCIL a servi de milice par procuration au Royaume-Uni pour promouvoir ses objectifs de politique étrangère », écrit Mark Curtis. « Il y a quelques questions qu’il faudra clairement poser à David Cameron, qui était alors premier ministre, et à Theresa May, qui était ministre de l’Intérieur en 2011, lorsque les radicaux libyens ont été encouragés à combattre Kadhafi ».

Le premier grave « retour de bâton » de la politique libyenne du gouvernement britannique que les citoyens britanniques ont eu à subir, a eu lieu en 2015, lorsque des touristes britanniques ont été tués par des attaques terroristes dans la Tunisie voisine. L’un d’eux a été tué lors d’une attaque contre le Bardo National Museum en mars 2015, et trois mois plus tard, 30 touristes britanniques ont perdu la vie dans le centre de villégiature de Port El Kantaoui. Parmi les victimes figurait Denis Thwaites, un ancien footballeur professionnel de Birmingham City. La Tunisie était un endroit sûr pour les touristes britanniques, avant que Cameron et ses collègues ne décident de « changer le régime » de la Libye et de transformer le pays en terrain de jeu pour les djihadistes. On sait que Seifeddine Rezgui, le terroriste de Port El Kantaoui, avait été entraîné dans un camp de l’EI en Libye « libérée ».

Puis en mai 2017, Salman Abedi a tué 22 personnes en se faisant sauter à la sortie d’un concert pop à Manchester. Le kamikaze radicalisé n’était rentré de Libye « libérée » qu’une semaine plus tôt et on pense que lui et son père se battaient avec le GCIL contre Kadhafi (et donc dans le même camp que l’OTAN), six ans plus tôt.

Alors je vous le redemande, qui est la plus grande menace pour la sécurité du Royaume-Uni, le gouvernement britannique ou la Russie ?

Ayant rayé la Libye de leur liste, les néoconservateurs du gouvernement britannique se sont tournés vers la Syrie. Encore une fois, il s’agissait d’un pays dont le gouvernement laïc ne représentait aucune menace pour le Royaume-Uni. Le président Bachar al-Assad, qui a suivi une formation d’ophtalmologiste à Londres et dont la femme Asma est née en Angleterre et a grandi à Acton, aurait pu être un allié si le Royaume-Uni s’était réellement intéressé à la lutte contre le terrorisme islamiste. Mais au lieu de cela, le Royaume-Uni a soutenu les islamistes purs et durs, rebaptisés du nom romantique de « rebelles », pour tenter de faire tomber le gouvernement Assad.

En juin 2015, Seumas Milne a rapporté que le procès à Londres d’un homme accusé de terrorisme en Syrie était tombé à l’eau, lorsqu’il est apparu que les services de renseignements britanniques soutenaient les mêmes groupes « rebelles » que l’accusé.

« Il est clair que, même eux, se sont rendus compte de l’absurdité d’envoyer quelqu’un en prison pour avoir fait la même chose que les ministres et leurs responsables de la sécurité » a noté Milne. Mais ce n’est pas un cas isolé.

Le gouvernement parle maintenant d’une nouvelle « Doctrine de fusion » pour « renforcer notre approche collective de la sécurité nationale ». Mais j’ai une meilleure idée. Changeons de politique étrangère. Arrêtons les guerres de changement de régime et les campagnes de déstabilisation contre des pays qui ne nous font aucun mal. Arrêtons de soutenir les « rebelles » djihadistes à l’étranger pour poursuivre des objectifs néo-conservateurs. Commençons par respecter le droit international. Et arrêtons d’accuser la Russie des problèmes que nous avons-nous-mêmes créés.

Neil Clark
2 avril 2018

Traduction : Dominique Muselet


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