COMITE VALMY

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Une nouvelle bataille du rail,
conflit de classe et lutte nationale
par Jean LEVY

vendredi 2 mars 2018, par Comité Valmy


Un bras de fer entre les Français et leurs cheminots d’un côté et un pouvoir au service des intérêts privés et de la finance internationale de l’autre

Une nouvelle bataille du rail,

conflit de classe et lutte nationale

Macron et son gouvernement veulent aller vite pour brader la SNCF au secteur privé.
Ils comptent utiliser le bulldozer, en clair les ordonnances, pour imposer leur choix de classe. Choix antinational dans son objectif, puisque l’entreprise ferroviaire, hier gloire de la France, doit être, selon les directives européennes, livré à la concurrence des compagnies étrangères. Et pour faire bonne mesure afin d’appâter celles-ci, le pouvoir macronien tient à délester la SNCF de son statut et du "fardeau" que seraient les lignes secondaires, jugées "non rentables".

Le gros mot est dit : rentable, c’est-à-dire qui rapporte du profit. Pour la classe au service de qui travaille le Président de la République, toute entreprise doit être rentable et en conséquence rapporter des dividendes aux actionnaires.

Comme si cet objectif était le but d’une entreprise nationale de service public, telle la SNCF ! Pour les Français qui sont pour le moment ses actionnaires, les dividendes qu’ils attendent sont d’une autre nature : un moyen de transport de qualité à leur service permettant à chacun de voyager dans des conditions de confort, avec une ponctualité respectée, dans des créneaux horaires correspondant aux besoins collectifs et individuels, qu’on demeure en métropole ou dans une petite ville d’une province excentrée.

Le pouvoir des financiers ne l’entend pas de cette oreille.

Desservir toutes les gares, selon lui, coûte trop cher, car non rentables. Le plan gouvernemental est donc de fermer nombre de lignes secondaires (7 à 9000 kms sur 35.000 que compte le réseau). Tant pis pour les usagers privés de trains : ils n’auront qu’à prendre des bus Macron ( si conformes aux objectifs de réduction des gaz à effets de serre ... !).

Mais l’objectif passe mal parmi les millions de Français qui demeurent dans les terroirs, et leurs élus de proximité. Et donc non rentable au niveau des indices de popularité, l’Elysée et Matignon pensent à repasser la patate chaude aux Régions, à elle de passer au rabot le réseau secondaire, à leurs élus la responsabilité !

Mais revenons à l’argument de rentabilité.

Avancé par Macron et les siens, et appliqué dans tous les secteurs publics, les transports comme la santé, l’alibi gouvernemental ne tient pas. Pensons à la défense : en quoi l’armée est-elle "rentable" , si ce n’est que son rôle naturel est de dissuader tout agresseur éventuel ? Comme quoi la fameuse rentabilité ne se calcule pas toujours en termes de dividendes et de profit financier.

Autre argument mis en avant par nos gouvernants : aujourd’hui, la SNCF ne remplit plus convenablement son rôle et déçoit les usagers, pardon, les clients, pour reprendre le terme employé par la direction de la SNCF. Et de rappeler les retards incessants, les pannes incontrôlées, les trains supprimés, les prix prohibitifs, un réseau ferré en piètre état , et localement, en situation de dangerosité.

Le pouvoir espère ainsi que les Français vont se détourner du service public et laisser faire Macron sa réforme...

Mais qui est responsable de l’état actuel de notre réseau ferré ? Sa direction*, bien sûr. Celle-ci par sa politique du "tout TGV" au détriment des lignes secondaires, a fait un choix, celui de l’Europe, qui correspond aux besoins du marché, favorisant les voies de communication internationales, en vue du temps gagné par les grandes entreprises dans leurs échanges commerciaux.
Et tant pis si les régions enclavées, et de ce fait, moins rentables, sont aujourd’hui sacrifiées.

La responsabilité de monsieur Guilllaume Pepy , le ’patron’ de la SNCF, et ses adjoints, est donc entière. Mais qui les ont placés aux postes de direction, et qui, malgré leur gestion, jugée aujourd’hui, désastreuse, les y ont maintenus ** ?

Sarkozy, Hollande et... Macron !

Pepy, en leur nom, développe depuis une décennie une politique conforme aux besoins des intérêts financiers français et européens. Avec, à la clef, une répression des militants syndicaux - ceux de la CGT et de Solidaires en premiers - pour faire taire toute contestation.

Et comme le temps presse, Macron veut accélérer les choses, d’où le recours évoqué aux ordonnances.

Les cheminots vont riposter. Le succès de leurs actions va dépendre d’abord de leur ampleur, mais aussi et surtout, du soutien de la population. Non seulement par solidarité, mais également en fonction des menaces qui pèsent sur la SNCF en temps que service public, un bien qui appartient à la France et à son peuple.

Jean LEVY
Comité Valmy
27 Février 2018

NOTES :

*Selon Wikipédia, l’équipe dirigeante de SNCF est regroupée autour de Frédéric Saint-Geours, président du Conseil de Surveillance, Guillaume Pepy, président du Directoire et de Patrick Jeantet, président délégué du Directoire.

** Le 27 février 2008, c’est Nicolas Sarkozy, alors président de la République, qui nomme Guillaume Pepy à la présidence de l’entreprise publique, lui fixant comme priorités dans sa lettre de mission le développement et la modernisation de l’entreprise et lui demandant de faire en sorte que la SNCF entre « tout entière, dans l’ère du développement et de la concurrence ».


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