COMITE VALMY

Accueil du site > - EURO DICTATURE OCCIDENTALISTE et OTAN : En sortir pour s’en (...) > Comment mettre dehors les Américains ? Existe-t-il une certaine complicité (...)

Syrie

Comment mettre dehors les Américains ?
Existe-t-il une certaine complicité
entre Damas et les YPG ?
Pars Today

mardi 6 février 2018, par Comité Valmy


Un Su-25 russe abattu dans la province syrienne d’Idlib, tandis que le pilote a été tué. © Sputnik

Comment mettre dehors les Américains ?

Le stratagème anti-US d’Assad

Près de deux semaines après avoir lancé une offensive contre le canton d’Afrin, force est de constater que les choses ne vont pas dans le sens souhaité par Ankara. Dimanche, un char de l’armée turque, avec à son bord cinq militaires, a été détruit par un missile antichar que les Kurdes avait reçu des Américains. Mais il y a plus. L’État syrien semble contribuer de façon indirecte à la guerre, apportant son appui aux Kurdes.

Pour la Syrie, la présence militaire turque en Syrie relève en effet de l’occupation militaire. Heureusement pour les Kurdes, car Damas est plutôt satisfait de voir les Kurdes des YPG traverser son territoire pour renforcer les défenses d’Afrin et faire grimper le coût de l’invasion pour la Turquie et les terroristes de l’ASL qui se battent sous sa bannière.

Existe-t-il une certaine complicité
entre Damas et les YPG ?

« Nous savons que les FDS (Forces démocratiques syriennes, NDLR) ont repositionné certaines forces en réponse à des tensions récentes, mais ce n’était pas sous la direction de la coalition américaine », a déclaré le commandant Adrian Rankine Galloway, porte-parole du ministère russe de la Défense.

Il semblerait que les deux camps aient décidé de s’accorder mutuellement un passage limité : les Kurdes permettent à l’armée syrienne d’avoir un accès limité à ses positions à Qamishli et Hassaka et en retour, le quartier d’Alep Sheikh Maqsood, contrôlé par des Kurdes, jouit de droits similaires. L’ironie est que dans leur lutte contre la Turquie, les Kurdes syriens reçoivent plus d’aide du gouvernement syrien contre lequel ils se rebellent que des États-Unis qui sont censés les soutenir.

De son côté, Damas se sert de combattants entraînés et équipés par les États-Unis contre la Turquie, tous deux membres de l’OTAN, tous deux des puissances qui cherchaient auparavant la chute de l’État syrien. Mais Damas vise encore plus loin.

À l’heure où le bilan des pertes s’alourdit dans le camp turc, les troupes syriennes poursuivent leur poussée vers le nord à un rythme jamais vu dans l’histoire de la Syrie. Leur mission ? Récupérer Idlib, ville limitrophe de la Turquie dans le Nord-Ouest, et consolider les postes d’observation le long de l’Euphrate dans le Nord-Est.

Les forces de la défense populaire ont déjà devancé l’armée régulière, notamment à Idlib, où de très violents combats les opposent à al-Nosra et à l’ASL. Le 10 décembre 2017, l’armée syrienne a repris l’aérodrome stratégique d’Abou al-Duhur et depuis lors, des MiG-21, MiG-23 et des Albatros L39 sans maintenance ont repris leurs raids contre les positions des terroristes et assurent des missions limitées de bombardement tactique en soutien à la progression des troupes au sol.

Bataille de Saraqib

L’objectif immédiat des forces syriennes semble être la localité très stratégique de Saraqib, une ville occupée par une coalition de terroristes, qui est située près de la frontière turque et relie les limites septentrionales des provinces d’Alep et d’Idlib. La ville revêt une importance vitale pour les terroristes qui ont commencé à creuser des tranchées en espérant retarder au maximum les forces syriennes dans une guerre statique en attendant des renforts et une progression des forces soutenues par la Turquie ou les États-Unis.

Les unités du Hezbollah libanais
participent elles aussi à l’assaut contre Saraqib.

La chute de ce verrou stratégique mettra en contact direct les armées syrienne et turque dont les unités se retrouveront face à face pour la première fois depuis le début du conflit syrien, entamé le 15 mars 2011. C’est dans ce contexte que la Turquie et les États-Unis ont décidé d’un commun accord d’abattre un Su-25 russe, dans l’espoir de pouvoir dissuader la Russie de poursuivre ses frappes en soutien aux forces « alliées ». La violence avec laquelle le pilote russe a été lynché par les terroristes semble faire écho à la colère et à la panique qui règnent dans le camp des ennemis de la Syrie. La bataille de Saraqib a le mérite de mettre les points sur les i : la guerre par procuration risque à tout moment de se transformer en une confrontation directe.

4 février 2018


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>