COMITE VALMY

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Autriche :
ce que veut le nouveau gouvernement
par Klaus Faissner, rédacteur en chef du mensuel « alles roger ? »

vendredi 2 février 2018, par Comité Valmy


Autriche : ce que veut le nouveau gouvernement

Le gouvernement sous Sebastian Kurz et Heinz-Christian Strache a prêté serment. Le programme gouvernemental tient ses promesses électorales quant à l’immigration et la protection des frontières, ce que les électeurs attendent de lui. Dans d’autres domaines, telles l’UE ou la démocratie directe, de nombreux électeurs notamment de la FPÖ [Parti de la liberté d’Autriche] sont déçus. Un aperçu et une analyse.

Sur le thème de l’immigration, la coalition promet dans le programme gouvernemental en grande partie ce que les électeurs de la ÖVP [Parti populaire autrichien] et de la FPÖ attendent d’eux :
que « l’immigration illégale dans notre pays soit stoppée et que la migration de personnes qualifiées s’oriente selon les besoins de l’Autriche ». Les personnes ayant le droit d’asile, doivent être « protégées pour la durée de leur poursuite » – donc un droit d’asile limité dans le temps, comme cela est fixé dans la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. En outre, on a promis 2100 policiers supplémentaires et « le sondage et la mise en pratique de toutes les possibilités de mesures de protection des frontières nationales, aussi longtemps que la protection de la frontière extérieure de l’UE n’est pas garantie ».

Pour la première fois, un gouvernement désigne quelles sont les tendances réellement dangereuses pour l’Autriche : « Comme déjà ces dernières années, la plus grande menace pour la sécurité intérieure de l’Autriche est en première ligne l’extrémisme islamique. » Alors qu’en 2013 le programme du gouvernement de la SPÖ-ÖVP [SPÖ = Parti social-démocrate d’Autriche] contenait comme seul danger le radicalisme de droite, il est écrit, cette année : « L’islam politique pouvant mener à la radicalisation, à l’antisémitisme, à la violence et au terrorisme n’a pas de place dans notre société. »

Une politique d’asile conséquente

Tout un catalogue montre, comment l’abus d’asile peut être évité et comment les conditions-cadres pour des procédures d’asile rapides peuvent être créées. Deux points ont attiré une attention spéciale :

•analyse ou récupération des données de portables et d’autres moyens électroniques de communication (par exemple : médias sociaux) pour retrouver l’itinéraire de voyage en cas d’identité douteuse ;
•confiscation d’argent liquide lors d’une demande d’asile pour couvrir les frais de base.

Le Danemark a installé un système semblable et a ainsi fortement réduit son attractivité pour les demandeurs d’asile – en 2017, il n’y en a plus eu qu’environ 3000, l’Autriche environ dix fois plus.

Dans le programme gouvernemental, la liste des mesures planifiées pour une politique d’immigration et d’asile raisonnable dans le sens de la majorité des Autrichiens est longue. En voici quelques points importants :

•Uniquement des soutiens en nature pour les soins de base des demandeurs d’asile, pas de logement individuel,
•réduction de l’allocation financière pour les demandeurs d’asile légitimes, et les bénéficiaires de la protection subsidiaire à 365 euros ainsi que 155 euros de bonus d’intégration,
•pas d’autres mesures renforçant le séjour jusqu’à la fin de la procédure d’asile,
•réduction des délais de recours administratif lors de procédures accélérées,
•constat négatif de l’identité, quand un constat positif n’est pas possible,
•rapatriement conséquent des demandeurs d’asile refusés,
•en Autriche, le droit à un revenu minimal adapté aux besoins exige qu’une personne ait vécu, au cours des six dernières années, au moins cinq ans légalement en Autriche,
•dans le regroupement familial les mariages d’enfants, les mariages forcés et la polygamie ne sont pas reconnus,
•délit administratif lors de la reconnaissance abusive d’une paternité en vue de l’obtention d’un droit de séjour,
•objectif : placer les personnes sauvées en mer dans des centres à l’extérieur de l’UE.

Interrogation concernant
l’établissement de demandeurs d’asile

La coalition annonce vouloir mieux contrôler les flux d’argent public à des Organisations non gouvernementales (ONG) dans le domaine de l’immigration, d’améliorer l’intégration, de récrire à neuf tout le droit d’asile et des étrangers, et de strictement refuser l’adhésion de la Turquie à l’UE.

Bon nombre d’Autrichiens espèrent que le revirement concernant l’immigration incontrôlée vient encore juste à temps, pour épargner au pays encore davantage de criminalité et de zones « no go » dangereuses ainsi que de situations de troubles civils. C’est au ministre de l’Intérieur Herbert Kickl de garantir cela.

Cependant, bien caché, il y a un point suite auquel des milliers de demandeurs d’asile pourrait venir en Autriche. – C’est le magazine « alles roger ? » [tout est clair ?] qui a déjà plusieurs fois mis le doigt dessus : « Pour des groupes particulièrement vulnérables », c’est-à-dire des groupes « en danger », le gouvernement doit « prévoir un contingent autrichien de réinstallation » dit-on. Réinstallation comprend l’établissement en Autriche de demandeurs d’asile, arrivant souvent directement par avion de leur pays d’origine. Sebastian Kurz a cité dans une interview de 2016 avec l’ORF le chiffre de 10 000 à 15 000 par an – ce qui signifie, quand on compte le regroupement familial et sa propre descendance, des centaines de milliers de personnes de cultures étrangères en dix ans en Autriche.

Critique au sujet
du manque de démocratie directe et de la CETA

Une grande critique est venue surtout des militants de la FPÖ à cause de la violation d’une promesse électorale centrale : l’introduction de la démocratie directe selon l’exemple de la Suisse. Le programme gouvernemental définit que les initiatives populaires ne pourront aboutir à une votation populaire qu’en 2022, c’est-à-dire au plus tôt à la fin de la législature. 900 000 voix seraient nécessaires – de toutes les 39 initiatives populaires seulement 3 ont passé cet obstacle extrêmement élevé. Il est intéressant de souligner que le nombre de 900 000 est non seulement beaucoup plus élevé que les 260 000 signatures prévues par la FPÖ dans le programme électoral, mais aussi clairement au-dessus des 650 000 signatures promises par la ÖVP. Les thèmes qui contredisent le droit de l’UE, ne peuvent pas être votés par le peuple, selon le nouveau gouvernement. L’appartenance à l’UE est encore un tabou.

L’ancien rédacteur en chef du quotidien « Die Presse » et l’éditorialiste Andreas Unterberger du journal « alles roger ? » a expliqué sur son blog : « La plus grande frustration est sans doute l’enterrement de première classe de la démocratie directe qui a été promises par les deux ( !) ‹partis›. »

L’annonce de la coalition de laisser voter les citoyens au plus tôt en 2022, est « la mort à peine camouflée du grand projet ». L’Initiative Heimat und Umwelt [IHU = initiative patrie et environnement) ayant soutenu la FPÖ lors des élections au Conseil national à cause de son soutien à la démocratie directe, s’est exprimée d’une manière similairement tranchante. Le nouveau gouvernement, est-il dit, voudrait « dégrader l’Autriche au niveau d’une colonie de l’UE sans droits ». Selon la présidente de l’IHU Inge Rauscher, le nouveau gouvernement s’est « dès le début » fait « prendre en otage par l’UE dirigée de manière ploutocratique » et ne pourrait donc « pas servir le peuple autrichien ». Le soutien de la FPÖ, ayant duré une année et demie, est maintenant terminé.

M. Van der Bellen joue sur le pouvoir

La FPÖ a dû subir des critiques âpres issues de ses propres rangs, quand le parti approuva l’accord de libre-échange CETA entre l’UE et le Canada. Jusqu’à récemment, Heinz-Christian Strache et Norbert Hofer avaient demandé une votation populaire à ce sujet, parce que le CETA mettrait en danger l’économie des petites et moyennes entreprises, dont les exploitations agricoles. De surcroît, le gouvernement fédéral n’adopte que verbalement la neutralité perpétuelle, mais dans les faits, il la réduit à néant en annonçant davantage de missions à l’étranger de l’Armée, et en entérinant l’adhésion de l’Autriche à l’Union militaire de l’EU (PESCO).

Concernant le CETA et la démocratie directe, ce n’était pas que l’ÖVP qui freinait, mais davantage encore le président de la République Alexander Van der Bellen. Le 18 décembre, à l’occasion de l’assermentation du nouveau gouvernement, il a parlé d’un « consensus disant que la préparation et mise en pratique soigneuse de la démocratie directe est aussi importante que la priorité des importants sujets d’avenir, comme la numérisation et la protection du climat ». En d’autres termes : le peuple est trop bête pour décider de son destin dans des votations populaires. Selon Van der Bellen, tous seraient du même avis. Le FPÖ se trouvait probablement devant le choix de renoncer soit à la participation au gouvernement, soit à la démocratie directe. Mais pour rester crédible, le gouvernement devra oser entrer en conflits avec M. Van der Bellen et avec Bruxelles, en particulier dans le domaine du contrôle des frontières. Car selon le droit de l’UE, les contrôles des frontières ne sont autorisés qu’en situations d’exception.

Déblocage concernant la Russie,
l’argent liquide et le glyphosate

Hormis la critique concernant les points primordiaux, telles la démocratie directe et la neutralité, le programme ÖVP-FPÖ fait l’objet d’éloges de la part de divers acteurs, en particulier du domaine de l’économie.

En effet, il y a de nombreux nouveaux aspects positifs :

•l’Autriche devra mener une politique de détente entre l’Occident et la Russie, et servir de médiateur dans le conflit ukrainien,
•le droit à posséder de l’argent liquide doit être inclus dans la Constitution,
•renforcer l’Autriche dans le domaine de l’économie,
•baisses d’impôts,
•réduction de la bureaucratisation,
•conseils médicaux et sociaux avant les interruptions de grossesses volontaires,
•engagements contre la persécution des minorités religieuses, notamment des Chrétiens, dans le monde,
•interdiction de l’herbicide total Glyphosate,
•dans le droit familial, introduction du droit parental partagé après divorce, avec double domicile des enfants, pour que les enfants puissent être avec les deux parents,
•examen des exigences en matière de nouveaux délits dans le droit pénal, par exemple fraude concernant l’âge, fraude dans l’asile, activités de passeur, entrée et séjour illégaux dans le pays,
•révision de la Loi sur les jeux de hasard – des experts renommés considèrent contreproductive l’interdiction des jeux de hasard,
•revalorisation de la milice au sein de l’Armée fédérale,
•analyse critique du commerce avec des certificats CO2,
•réintroduire l’excellence dans le système scolaire,
•amélioration des soins à domicile par les proches,
•importance de la protection de l’environnement,
•revenir en arrière sur les interdictions de fumer, notamment pour garantir la survie des petites entreprises gastronomiques dans le sens du libre choix,
•plan directeur contre le tassement du sol.

De nombreux sujets n’ont pas été retenus

Il est frappant que de nombreux domaines importants pour l’avenir ne soient pas mentionnés dans le programme :

•introduction forcée de compteurs d’électricité digitaux « intelligents » (smartmeter),
•alimentation de porcs et de bœufs avec du fourrage OGM
•protection écologique contre les crues, selon le chercheur autrichien Viktor Schauberger,
•génie climatique, et la diminution de l’irradiation solaire par les chemtrails, déjà en cours,
•création d’argent à partir de rien, par les banques,
•dérives gravissimes dans la justice, par exemple l’instauration en masse d’administrateurs,
•Choix purement politique de responsables dans l’administration publique et dans la justice,
•droit de se défendre avec des armes à feu légales, •folie de la théorie du genre.

La politique concernant les étrangers sera décisive

Dans ce programme gouvernemental, les parties positives et négatives sont donc entremêlées. Il semble que le succès ou l’échec du nouveau gouvernement dépendra principalement du succès de sa politique concernant les étrangers.

Klaus Faissner,
rédacteur en chef du mensuel « alles roger ? »

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Source : www.allesroger.at/artikel/das-will-die-neue-regierung

31 décembre 2017

(Traduction Horizons et débats)


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