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Billet d’humeur (joueuse) : Mais comment la Russie ose-t-elle continuer à exister malgré Seppelt et Rodchenkov ?
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 1er février 2018, par Comité Valmy


Billet d’humeur (joueuse) : Mais comment la Russie ose-t-elle continuer à exister malgré Seppelt et Rodchenkov ?

Hajo Seppelt, le triste sire de la (géo)politisation du dopage nous sort une nouvelle portion de sa fantasmagorie : "Le complot olympique : doping top secret". Rodchenkov, la seule et unique source, recherché en Russie, donc forcément la meilleure, après épuisement de son journal intime, atteint l’orgasme dans un ultime effort et accuse Poutine. Qui encore ? Un peu comme une mauvaise série fleuve qui n’en finit pas. Et pour cause, le calendrier est là. Elections, Championnat du Monde, etc Il y a de quoi faire, ce n’est pas le moment de se reposer.

Quelle surprise, Hajo Seppelt le "journaliste-activiste" de la lutte contre la Russie le dopage en Russie nous sort sur la chaîne allemande ARD son nouveau " documentaire" sur le dopage d’Etat, que la commission indépendante du CIO (et de McLaren) n’a pu prouver, mais peu importe. Il faut dire que Seppelt a un atout de poids, le seul : Rodchenkov. Qui vient nous faire ses nouvelles révélations. Certainement les ultimes, car il est difficile d’imaginer ce qu’il peut trouver de plus.

Depuis le temps, il a presque tout dit, tout ce qui était imaginable, le cocktail "duchess", le FSB. Toujours plus haut, toujours plus loin : maintenant c’est Poutine. Poutine qui était évidemment au courant et qui donnait lui-même les ordres ? La presse française en profite pour en faire un gros titre et Rodchenkov de "dévoiler" les mécanismes de prise de décision :

"Bien sûr que cela venait de tout en haut. Car seul le président peut donner une telle mission aux services de sécurité, le FSB (...).Il savait tout car la chaîne d’information était très simple : je rendais compte à (Iouri) Nagornikh (vice-ministre des Sports) qui rendait compte à Vitali Moutko (le ministre des Sports) qui rendait compte à Poutine"

Mais quel homme Poutine ! Rien décidément dans le monde ne se fait sans lui ! Tripatouiller les élections dans les "grandes démocraties" occidentales, tripatouiller les ordinateurs de par le monde, maintenant les urines des sportifs. Que n’a-t-il encore fait ? Difficile métier que celui de Président ... Surtout qu’entre-temps, il a l’outrecuidance de gouverner son pays, qui s’en sort plutôt bien. Là est certainement le crime. Le crime de cette Russie qui ose exister et se développer malgré les Seppelt, Rodchenkov et autres figurants de l’hystérie géopolitique actuelle.

Et l’on "apprend" alors que le système a été mis en place pour les Jeux de 2008 et 2012, mais perfectionné pour Sotchi. C’est ainsi qu’un autre journal français s’interroge :

L’explication fournie est .... simple ? évidente ? ou ... fantasmagorique :

Rien qu’en athlétisme, l’équipe de Russie comptait 124 membres, qui avaient conquis 17 médailles. Et Grigory Rodchenkov est formel : malgré leurs dénégations, tous savaient qu’ils utilisaient des produits interdits, ils étaient également complices des manipulations de leurs échantillons d’urine. Pour une raison toute simple : tous les athlètes sont des officiers de police ou des militaires. La raison d’Etat leur interdit de fait le moindre aveu…

N’a-t-on jamais entendu quelque chose de plus absurde ? Tous les sportifs russes sont des militaires envoyés par Poutine personnellement combattre sur les champs de bataille modernes que sont les compétitions sportives.

Absurde. Cela révèle toute la fantasmagorie malsaine qui entoure le discours sur la Russie dans la presse occidentale, fantasmagorie bien entretenue. Parce que si l’on regarde calmement ce qui se passe dans le sport, l’on peut effectivement s’inquiéter.

Comme l’a affirmé le président Poutine, oui la Russie est coupable car il y a eu un véritable problème de dopage, mais a-t-il immédiatement ajouté, pas plus que dans les autres pays. Or, c’est contre la Russie seule que toute la machine de la "lutte antidopage" a été lancée.

Et le mouvement olympique le sait parfaitement. Dès 2011, une enquête indépendante est commandée par l’Agence mondiale antidopage pour prendre la mesure du dopage dans l’athlétisme. Il a fallu attendre janvier 2018 pour que les résultats soient publiés dans la Revue Médecine. 2167 athlètes ont été surveillés lors de deux grandes compétitions, les Championnats du Monde d’athlétisme de 2011 en Corée du Sud et les Jeux panarabes de Doha, au Qatar. Les résultats sont effrayants, mais pas particulièrement surprenants :

The estimated prevalence of past-year doping was 43.6% (95% confidence interval 39.4–47.9) at WCA and 57.1% (52.4–61.8) at PAG. The estimated prevalence of past-year supplement use at PAG was 70.1% (65.6–74.7%). Sensitivity analyses, assessing the robustness of these estimates under numerous hypothetical scenarios of intentional or unintentional noncompliance by respondents, suggested that we were unlikely to have overestimated the true prevalence of doping.

Bref, la moitié des sportifs tout pays confondu reconnaît prendre des produits dopants, et plus de 70% des additifs, qui par ailleurs ne sont pas toujours détectables dans l’urine ou le sang.

L’on peut donc se demander pourquoi, alors que le dopage est un problème qui touche tout l’athlétisme, seule la Russie a été touchée par des enquêtes très ciblées ?

D’autant plus que la base de preuve vient d’être très sérieusement mise à mal par cet idiot utile de Seppelt lui-même, sans même s’en rendre compte. Rappelons que l’idée de base était que le FSB faisant des trous dans le mur pour changer des échantillons ou les ouvrir et modifier l’urine pour que les sportifs russes soient "propres". Comment ? Personne ne le sait puisque c’est top secret. Mais Rodchenkov l’a affirmé. Et comme ça correspond tout à fait à la vision hollywoodienne de la Russie, c’est passé.

Maintenant, Seppelt vient d’affirmer que eux, les journalistes de ARD, ont pu ouvrir des pots à urine et ensuite les refermer de telle manière que l’on ne puisse savoir qu’ils ont été ouverts.

Quel retournement de situation ! Finalement, Seppelt a renversé toute l’argumentation de Rodchenkov, puisque n’importe qui a pu avoir accès aux urines des sportifs et en faire ce dont bon lui semblait. A trop s’acharner, Seppelt est allé trop loin et vient de démontrer l’inconsistance de ses accusations passées.

En effet, je suis curieuse de voir comment va réagir le CIO ...

Karine Bechet-Golovko
mercredi 31 janvier 2018

Russie politics


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