COMITE VALMY

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Point de vue

"Le féminisme musulman
est une imposture"
par Fatiha Boudjahlat

vendredi 26 janvier 2018, par Comité Valmy


"Le féminisme musulman est une imposture"

Égalité, mais aussi laïcité et encore droit, justice : ces mots, qu’on croyait universels, sont, chaque jour, détournés de leur sens. Les responsables de cet assaut porté à la langue française ? Les communautaristes de toutes obédiences. C’est pour décrypter leurs méthodes que ce livre a été écrit. Extrait de "Le grand détournement" de Fatiha Boudjahlat aux éditions du Cerf (2/2).

La laïcité n’avait rien à faire dans ce débat, au contraire de la dignité des femmes. Un autre exemple de ce grand détournement du féminisme contre les femmes s’est manifesté à l’occasion de la polémique des « burqas de plage ». L’habileté consistait, une fois encore, à présenter le droit de s’ensevelir comme l’exercice d’une liberté. C’est par exemple la position de la nouvelle porte-parole du PIR, doctorante en sociologie, Hanane Karimi, qui se présente ainsi sur Twitter : « Féministe et musulmane, ne vous en déplaise !

Ne me libérez pas, je m’en charge. » De quelle libération peut-il bien s’agir quand la religion est un élément fondateur de l’identité ? Le féminisme musulman est une imposture. Tout comme le féminisme catholique ou juif. Le féminisme est politique et universel, il ne peut être corrélé, sans être amendé, à une identité religieuse. C’est sous cet angle que la Ligue des droits de l’homme a soumis au Conseil d’Etat les arrêtés anti-burkini. L’effet cliquet est manifeste : tout ce qui est obtenu sert de base a` de nouvelles revendications. Effet cliquet dont les manifestations sont décrites dans la conclusion du rapport Obin : nous sommes face à des « adversaires rompus a` la tactique et prompts a` utiliser toutes les failles, tous les reculs et toutes les hésitations des pouvoirs publics et pour lesquels un compromis devient vite un droit acquis ». Il ne s’agit pas de demandes spontanées, de nouveaux besoins exprimés. Il s’agit d’une offensive.

La polémique sur le burkini est une occasion pour battre en brèche un argument utilisé par des personnalités devenues expertes auprès des médias, comme Mathieu Guide`re18, selon qui cette tenue venue d’Australie constituerait le compromis ide´al entre la volonté de pratiquer sa foi et l’envie de participer a` des loisirs en famille et en plein air. Le fait de le porter serait même la première étape vers l’émancipation. Cette évolution, lente mais certaine, permettrait de passer de la burqa au simple foulard, et aboutirait même à la disparition du voile. Que comprendre ? Le burkini serait un outil de l’intégration car il permettrait aux femmes musulmanes de participer à des activités auxquelles elles n’auraient normalement, pas accès. La preuve ? Les salafistes interdisent à leurs femmes d’aller à la plage. Elles restent à la maison. Ces arguments condescendants et résolument différentialistes révèlent une faille dans le raisonnement. Celles qui optent pour ce voilement radical sont nées ici. Elles ont été scolarisées sans foulard. Elles sont nos compatriotes, pas des immigrées sur le chemin de l’intégration. Et pire, elles optent pour des tenues du Moyen-Orient, non du Maghreb, il ne s’agit donc pas de renouer avec un passé, mais de vivre un fantasme. On voit ces femmes en burqa conduire, taper sur des smartphones, aller au restaurant, à la plage. Nous aurions tort de les présenter comme des cendrillons orientales. La tolérance, vis-à-vis de cette pratique, est coupable. Le voile n’est pas qu’un tissu, court ou long, peu importe que la secte des islamistes appelle ça burqa, peu importe que la secte juive des Haredim appelle ça frumka, l’important, c’est de le combattre en engageant un bras de fer politique contre les femmes qui le portent, mais aussi contre les hommes qui en font l’apologie. Quant aux féministes qui voudraient le normaliser, il faut les contredire encore et toujours. Un voile, même façonné par Hermès, est un symbole d’infériorité.

Fatiha Boudjahlat

Extrait de "Le grand détournement" de Fatiha Boudjahlat aux éditions du Cerf

Fatiha Boudjahlat
Enseignante, cofondatrice du mouvement citoyen Viv(r)e la République, ex-secrétaire nationale du MRC en charge de l’Éducation, Fatiha Agag-Boudjahlat vit à Toulouse.

12 Novembre 2017

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