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COMAGUER : Au fil des jours et des lectures n°72 - 4 novembre 2010

Guerre idéologique - Comaguer

jeudi 4 novembre 2010, par Comité Valmy

L’émission consacrée par ARTE le Mercredi 3 Novembre au « Vrai pouvoir du Vatican » constituée d’une série d’interviews d’ecclésiastiques majoritairement membres de la compagnie de Jésus et de quelques civils comme l’universitaire français Philippe Levillain, membre du comité pontifical des sciences historiques, ou Philippe Chenaux, professeur d’histoire de l’Église moderne et contemporaine à l’université du Latran à Rome, ou encore Francesco Margiotta-Broglio président de l’union des juristes catholiques italiens, ne pouvait être qu’un document unilatéral , qu’un plaidoyer pro domo. Elle l’a été au-delà de toute attente.

Le réalisateur n’a pas hésité à multiplier simplifications abusives et erreurs historiques. Ainsi les deux guerres mondiales sont présentées comme des moments douloureux mais en évitant soigneusement de dire qu’il y avait des agresseurs et des agressés. Présenter Hitler comme un hystérique permet de ne pas parler des puissances industrielles allemandes et aussi étrangères qui ont favorisé son accession au pouvoir et ainsi de suite (lire à ce sujet « Le mythe de la bonne guerre » de Jacques Pauwels).

Mais un des moments les plus scandaleux est incontestablement celui consacré à l’Espagne où le franquisme est présenté comme une opération de défense de l’Eglise catholique dont le rôle de gardien très sévère d’un ordre social rétrograde est ignoré et qui aurait été mal protégée par une République, régime pour « lequel le pays n’était pas prêt ».

Juger ainsi en une phrase lapidaire et définitive de la capacité d’un peuple à se gouverner ravale ce documentaire au niveau d’un minable propos de bistrot et il est fait silence sur l’assassinat par les fascistes pendant et après la guerre civile d’un très grand nombre de ceux qui voulaient et auraient été capables de faire vivre une république.



Voir en ligne : Source :

Nicaragua 1983 : Jean Paul II admonestant Ernesto Cardenal ( théologie de la libération)


Que vienne le Pape !

De Pedro L. Angosto

L’Etat espagnol a une empreinte catholique indélébile que nous habitions Madrid, Séville Bilbao ou Barcelone. Le premier propriétaire est l’Etat du Vatican.

Je viens de lire dans la presse qu’un groupe important de personnalités catalanes a demandé à Ratzinger, ancien chef de la Sainte Inquisition et Président de l’Etat du Vatican choisi par Dieu et par les hommes qui savent interpréter le murmure des colombes, qu’il reconnaisse pendant son séjour à Barcelone que la Catalogne est une nation. Pour nous qui aimons la Catalogne il n’y avait aucun doute à ce sujet de même qu’elle trouvait sa place dans l’Espagne plurinationale, d’une Espagne qui se sent fière de ses différences.

Mais voyez comment la vie vous réserve des surprises et vous fait découvrir – bien que ce ne soit pas une chose très nouvelle - qu’en Catalogne existe aussi un « esprit de clocher » absurde qui a, dans le fond, les mêmes racines que le « madrilène ». Depuis que les Rois Catholiques ont décidé d’unir leurs royaumes par un mariage sacré, au dernier tiers du XV siècle, la religion s’est transformée en principal instrument d’homogénéisation de la nouvelle Monarchie Hispanique. Chaque royaume a conservé ses institutions d’origine pour les questions qui lui étaient propres, mais dans tous, outre la Couronne elle-même, la religion a eu des compétences absolues et un organisme sacrosaint et royal consacré à conduire dans le droit chemin les rebelles et les dévergondés : La Sainte Inquisition, aujourd’hui Congrégation pour la Doctrine de la foi.

Originaire du sud de la France, cette société de bienfaisance qui avait un goût prononcé pour par le feu et l’odeur de la chair brûlée, était implantée en Aragon, par conséquent en Catalogne, avant les célèbres noces, s’étendant à partir de là à tous les territoires de leurs majestés. Par la suite, tandis que les bons vieux chrétiens de tous les coins de l’Espagne pouvaient manger à leur faim chaque jour que dieu faisait, ceux qui étaient juifs, morisques, protestants, suspects de sorcellerie, guérisseurs, fornicateurs, blasphémateurs, dissidents et médisants eurent à connaitre de son efficacité par l’utilisation et le bénéfice d’appareils ingénieux destinés à la rééducation des condamnés à mort , comme : la Dame de fer, qui était un sarcophage de fer plein d’épines du même matériel, le Berceau de Judas, une espèce de cheval d’arçon pyramidal destiné aux parties honteuses du corps humain et l’Aplastacabezas (l’écrase tête) , sur lequel je crois superflu d’ être plus explicite. Après avoir fait connaissance avec ces instruments, les survivants se repentissaient des péchés commis et non commis, en allant béatement au brasier pour parvenir ainsi la purification en parfum des multitudes.

Avec le temps et une canne la Sainte Inquisition perdit ses talents, ses ingénieurs ne surent pas s’adapter à la révolution industrielle et la fabrication d’instruments de torture entra en décadence. Peu après, en profitant des Lumières et de l’exemple de la Révolution française, l’Église découvrit des méthodes plus subtiles et efficaces : La conquête de l’éducation et des grands moyens de communication. Et en cette matière nous sommes encore dans ce pays admirable ou dans un ensemble de pays, tous unis, et cela fait cinq siècles et même davantage , par la chose cléricale comme le prouvent les milliers d’ énormes églises construites dans tous les coins et recoins de la « peau de taureau » ( ndt : expression utilisée par le géographe Strabon pour désigner la péninsule ibérique et qui a encore cours), l’origine de l’Évêque Zumárraga (ndt : franciscain qui fut le premier évêque de la Nouvelle Espagne en poste à Mexico ; resté célèbre pour la brutalité avec laquelle il s’employait à convertir les indiens) , le premier écrivain en Euskera( langue basque) et le chasseur de sorcières professionnel, du sérénissime Ignace de Loyola, du grand croisé Pla i Deniel (archevêque de Salamanque puis plus tard de Tolède il fut en qualité de président de l’Action Catholique le porte parole de l’Eglise en faveur du renversement de la République par les franquistes) du Cardinal exotique Segura (en 1931 le Cardinal Segura se déclara adversaire résolu de la république deux semaines après son instauration et appela publiquement les catholiques espagnols à l’insurrection, qu’il tint tête ensuite et sur certaines questions à Franco démontre simplement qu’il considérait la dictature comme au service de l’Eglise et non l’inverse) ou du triste Rouco Varela, galicien qui a la raison de Dieu pour ses consultations externes mais qui, comme tous, veut son royaume dans ce monde (le cardinal Rouco Varela, actuel archevêque de Madrid et président de la conférence épiscopale espagnole est connu pour ses positions réactionnaires sur tous les sujets. Il a essayé de faire échapper à la Justice un prêtre de son diocèse coupable de pédophilie). Et nous qui ne sommes pas catholiques par la grâce de dieu depuis que les rois de ce nom ont décidé de se marier, nous le sommes depuis que Santiago Matamoros - ils disent qu’il a été Saint Paul mais ca m’est bien égal - a décidé de faire le chemin de Saint Jacques, aujourd’hui tellement à la mode chez ceux d’ici et chez ceux d’au-delà des Pyrénées (En 813 dans une montagne de Galicie est découverte une tombe où se trouve un corps décapité, la tête sous le bras ; la légende va s’instaurer qu’il s’agit du corps de l’apôtre Saint Jacques , mort en 44. Un miracle succédant à un autre Saint Jacques apparait en songe au Roi des Asturies en guère contre les Maures à la veille de la bataille de Clavijo – 23 mai 844 - qu’il va remporter. Saint Jacques va donc devenir Saint Jacques Le tueur de maures. Le terme matamore un brin dépréciatif en français vient de là ! Ces légendes vont déboucher sur la création de la basilique de Saint Jacques de Compostelle et sur le pèlerinage qui y conduit) La Moreneta, (La Moreneta ou Vierge de Montserrat est la patronne de la Catalogne et fut la première espagnole canonisée) la Vierge de Begoña (sainte patronne de Bilbao et du pays basque), Notre dame d’Aranzazu (autre sainte patronne du pays basque), la Vierge du Pilier (sainte patronne de l’Hispanité et aussi de la Guardia Civil, la police espagnole) qui ne veut pas être française, la Macarena (vierge d’une église de Séville, l’Espoir de Triana( une autre vierge dans une autre église de Sévile ), celle de Guadalupe, la mare de Dieu du Desamparats ( vierge des désemparés patronne de la communauté valencienne, Loyola, Saragosse, Saint Jacques, Saint Toribio, Montserrat, Torreciudad, la Clinique Universitaire de Navarre, l’Université Ramón Llull,(université catholique de Barcelone) l’ESADE (business school de la précédente dont la Compagnie de Jésus est actionnaire), le CEU (Université privée Cardinal Herrera à Valencia) , l’Université Pontificale de Comillas (université dirigée par les jésuites à Madrid), Deusto (université dirigée par les jésuites à Bilbao)… Mais peut-on chercher encore davantage de signes d’identité communs ? Et maintenant le Pape, des centaines de milliers d’années sans pape bien qu’étant l’État le plus catholique du monde et maintenant on ne peut plus s’en débarrasser même à coups de pieds.

Que vienne le Pape ! crient les gamins des collèges privés, plus de la moitié des collèges d’Espagne y compris en Euskadi et en Catalogne. Que vienne le Pape ! crient ceux de Madrid, ceux de Barcelone ceux de Séville et ceux de Bilbao. Que vienne le Pape réclament les télévisions et les grands moyens de communication avec une joie suprême. Que vienne le Pape, clament les étudiants de Deusto et de l’ESADE, spécialistes de la Finance. Que vienne le Pape ! , c’est la nouvelle de la semaine dans ce pays plurinational transformé par certains en un village nauséabond et clérical. Le Pape est le chef d’un État minuscule qui fonctionne comme une multinationale et qui existe grâce à la protection des grandes puissances occidentales et à la permissivité de pays comme l’Espagne qui consentent qu’un pouvoir étranger soit le plus grand propriétaire d’immeubles du pays sans payer un seul EURO, qui permet que ses émissaires contrôlent les consciences de plus de la moitié des enfants qui suivent un enseignement obligatoire grâce aux subventions énormes que reçoivent les collèges catholiques tandis que les collèges publics s’enfoncent dans la misère, qui leur donne toutes les années plus de 9.000 millions d’EURO pour pouvoir continuer leur tâche de prosélytisme putréfié sans que la crise économique dont nous souffrons les affecte aussi peu que ce soit. Le Pape, je ne me rappelle pas de son nom à l’heure actuelle, en suivant la coutume ancestrale de l’Inquisition, a averti et a expulsé de son entreprise des personnes honnêtes et exemplaires comme Leonardo Boff (théologien brésilien d’origine italienne , un des fondateurs de la théologie de la libération, a quitté l’église en 1992, Jon Neveu, Ernesto Cardinal( théologien et poète nicaraguayen admonesté publiquement par Jean Paul II pour ses prises de position en faveur de la théologie de la libération)ou Pedro Casaldáliga, (prêtre espagnol installé au Brésil et critiqué par le Vatican pour sa défense des plus opprimés et son adhésion à la théologie de la libération) tandis qu’il maintient des relations avec les pouvoirs de fait qui sont à l’origine de tous les cauchemars qui tourmentent l’être humain.

Je ne conteste pas à ce Monsieur le droit de venir en l’Espagne, ni qu’il satisfasse les désirs de ces messieurs qui veulent sa bénédiction catalane. [………]. J’exige simplement que l’État espagnol ne dépense pas un centime dans cette visite parce que pour moi et pour beaucoup de citoyens de ce pays, le problème n’est pas le Venezuela ni Cuba, le problème, un des problèmes plus graves est de vivre dans un État confessionnel quoi que dise la Constitution, parce qu’on ne peut pas appeler d’une autre manière un État et dix-sept Communautés autonomes qui livrent à un État étranger un milliard et demi des anciennes pesetas pour favoriser les idéologies les plus réactionnaires que l’homme ait connues.

03.11.2010

Traduction et annotations (en italique) : COMAGUER - comaguer@wanadoo.fr

1 Message

  • Guerre idéologique - Comaguer

    13 novembre 2010 08:42, par M R
    Pour sortir une fois pour toutes des histoires et entrer dans l’histoire preuves incontestables à l’appui. Pour tous ceux qui souhaitent être enfin être informés sur ce qu’est la plus grande secte du monde je recommande la lecture de : Le Vatican, l’Europe et le Reich. De la première guerre mondiale à la guerre froide. D’Annie Lacroix-Riz. Chez Armand Collin.

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