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Liban

Lors d’un entretien télévisé,
le secrétaire général du Hezbollah a affirmé que
"le Liban a été sauvé d’une guerre civile".
Matthieu KARAM | OLJ

jeudi 4 janvier 2018, par Comité Valmy


Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a accordé le 3 janvier 2018 un entretien télévisé à la chaîne al-Mayadeen. Capture d’écran al-Mayadeen.

Lors d’un entretien télévisé,
le secrétaire général du Hezbollah a affirmé que
"le Liban a été sauvé d’une guerre civile".

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé mercredi que le mouvement de contestation populaire en Iran est terminé, faisant écho aux propos du chef des Gardiens de la révolution (Pasdaran), Mohammad Ali Jaafari, qui avait annoncé plus tôt " la fin de la sédition".

"La contestation a été surmontée, comme l’a annoncé le leadership iranien (...)", a affirmé Hassan Nasrallah, lors d’un entretien accordé à la chaîne panarabe al-Mayadine et diffusé mercredi soir. "Ce mouvement de contestation, qui a été instrumentalisé par certains, va pousser les responsables iraniens à dépasser leurs clivages", a-t-il ajouté.

Selon le leader chiite, "ce qui se passe (en Iran) n’est pas politique, et ne ressemble pas au mouvement de contestation de 2009", lorsque des centaines de milliers d’Iraniens avaient manifesté dans la rue contre la réélection de l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad.

"La situation économique est l’un des plus grands défis en Iran. Le Guide suprême et tous les responsables iraniens reconnaissent cela. Nous devons écouter les doléances des manifestants, mais nous devons nous méfier des ennemis", a-t-il indiqué.

Les espoirs de Trump "douchés"

Des dizaines de milliers de manifestants iraniens pro-régime se sont rassemblés mercredi dans plusieurs villes d’Iran pour condamner les "troubles" qui agitent le pays depuis près d’une semaine.

Ces manifestations sont intervenues après une nuit calme dans la capitale iranienne, contrastant avec les protestations contre l’austérité économique et le pouvoir qui agitent depuis le 28 décembre l’ensemble du pays. Les troubles qui ont débuté le 28 décembre à Machhad, la deuxième ville d’Iran, ont été marquées par la mort de 21 personnes - en majorité des manifestants - et des centaines d’arrestations.

"Les espoirs de Donald Trump (le président américain) ont été douchés et ils le seront à l’avenir, de même que ceux des responsables saoudiens et tous ceux qui ont misé sur une chute du régime en Iran ou même une guerre civile dans le pays", s’est félicité le chef du Hezbollah.

"Je rassure le public de la Résistance, il n’a pas de soucis à se faire. Les manifestations s’arrêteront dans quelques jours, si Dieu le veut. Il y a des rapports des services de renseignement américains et israéliens qui affirment que le mouvement de contestation est terminé", a-t-il ajouté.

Interrogé sur un autre plan sur le montant de l’aide iranienne au Hezbollah, le chef du parti chiite a refusé de répondre : "Ce genre de questions n’a pas de réponse", a-t-il lancé en souriant. Et Hassan Nasrallah d’ajouter : "S’il est demandé aux Iraniens d’apporter une aide populaire à la Résistance, ces derniers répondront à cet appel".

"Risque de guerre"

Hassan Nasrallah a ensuite évoqué la question de Jérusalem.

Donald Trump "a mis un terme au processus de paix et au compromis. Car il ne s’est pas prononcé sur une question mineure. S’il avait parlé des réfugiés palestiniens, d’aucuns auraient pu dire qu’il s’agit d’une question secondaire. De même d’une partition de la Cisjordanie. Mais non, il a évoqué Jérusalem. Cela concerne tous les Arabes, tous les musulmans. Cette question fait l’unanimité des Palestiniens, des Arabes et des musulmans", a souligné le chef du Hezbollah.

Début décembre, le président américain avait reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, au grand dam des Palestiniens et de la communauté internationale. Il avait également annoncé le transfert du siège de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem. Ce transfert n’aura toutefois pas lieu immédiatement, principalement pour des raisons logistiques.

Israël a conquis Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville, lors de la guerre des Six-Jours en 1967 et l’a ensuite annexée, proclamant la ville réunifiée sa capitale. Les Palestiniens, eux, veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur État. La communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur la totalité de la ville et les représentations diplomatiques en Israël sont toutes installées à Tel-Aviv.

Donald Trump "dit que le compromis ne mènera à rien. C’est pour cela qu’il adopte la confrontation", a regretté le leader chiite.

Il a répété que toute aide extérieure doit être accordée au peuple palestinien. "Lorsque nous parlons d’aide, nous ne parlons pas de guerre ou de conflit armé. Mais d’une intifada populaire", a-t-il assuré. Le chef du Hezbollah avait lancé un appel dans ce sens lors d’un récent discours dans lequel il fustigeait la décision du président Trump. "Le soutien en armes à la Résistance palestinienne ne s’est jamais arrêté, il n’est pas un corollaire de la décision sur Jérusalem. Un programme à ce niveau est fonctionnel. Cela est une constante", a-t-il expliqué de manière évasive.

Hassan Nasrallah s’est ensuite montré alarmiste concernant la situation au Moyen-Orient.

"Il y a quelque chose qui se prépare dans la région. (...) Mais notre projet n’est pas celui de la guerre. Notre projet est celui de la résistance, qui est différente de la guerre. Mais Trump et (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu pousseront probablement à la guerre. Je ne veux pas effrayer le public, mais il y a un risque de guerre. Il est possible qu’elle soit lancée contre le Liban. Ou la Syrie. Et je ne fais pas de guerre psychologique en avançant de tels propos. Nous nous préparons à l’éventualité d’une guerre un jour. Les mouvements de résistance et les pays qui soutiennent cet axe doivent se préparer à transformer cette éventuelle guerre en une opportunité", a-t-il insisté.

"Le Liban a été sauvé d’une guerre civile"

Au niveau local, Hassan Nasrallah a d’abord répété que "la Résistance au Liban est plus forte que jamais. Cela est un fait."

Il a ensuite évoqué les tensions politiques internes, notamment entre le président de la République, Michel Aoun, et le chef du Législatif, Nabih Berry, tous deux alliés du parti chiite.

"Certains au Liban tentent de créer des tensions, mais nous cherchons des solutions au problème à travers le dialogue et le respect de la Constitution", a-t-il affirmé.

MM. Aoun et Berry sont à couteaux tirés au sujet de la signature du décret accordant une année d’avancement aux officiers de la promotion 1994. Le chef de l’État considère que ce décret, adopté mardi dernier en Conseil des ministres puis signé par lui, par le Premier ministre Saad Hariri et par le ministre de la Défense Yaacoub Sarraf, ne requiert pas la signature du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, alors M. Berry (dont M. Khalil est un proche collaborateur) oriente la querelle sur le terrain constitutionnel.

La promotion 1994 concerne des officiers entrés à l’École militaire quelques années plus tôt, à l’époque où le chef de l’État était à la tête du gouvernement militaire de transition (1988-1990). Les officiers concernés par ce décret, connus sous le label de "promotion Aoun", avaient subi des préjudices liés au fait qu’ils n’avaient pas été promus comme leurs camarades au sein de l’armée.

Enfin, Hassan Nasrallah est revenu sur la crise provoquée par la démission à Riyad en novembre dernier du Premier ministre, Saad Hariri, une démission présentée, selon plusieurs observateurs, sous pression saoudienne.

M. Hariri est revenu sur sa démission le mois dernier, et la crise a été surmontée depuis. Signe de l’amélioration des relations libano-saoudiennes, le nouvel ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban a présenté mercredi ses lettres de créances au président Aoun et Riyad a donné son accord à la nomination du nouvel ambassadeur du Liban en Arabie saoudite, Fawzi Kabbara.

"Saad Hariri a été tenu de nier qu’il était détenu en Arabie saoudite, afin de préserver ses relations avec le royaume", a affirmé Hassan Nasrallah. "Le Liban a été sauvé d’une guerre civile, du chaos et d’un plan dangereux qui se tramait contre lui. Des pays alliés à l’Arabie ont informé des responsables libanais des plans de Riyad. La France détenait également ces informations", a-t-il ajouté.

Le leader chiite a ensuite rappelé que M. Hariri a remercié tous les leaders libanais lors de son retour au pays. Il a toutefois démenti avoir été contacté personnellement par le Premier ministre. "Je n’ai pas de problème à rencontrer M. Hariri, mais je ne veux pas l’importuner", a-t-il ajouté.

Rencontre avec Assad

Sur le plan de la lutte anti-terroriste contre le groupe État islamique en Syrie et en Irak, le chef du Hezbollah a affirmé que "la victoire contre Daech (acronyme arabe de l’EI) aurait pu avoir lieu beaucoup plus tôt si les États-Unis n’avaient pas soutenu ce groupe."

Le Hezbollah, allié du président syrien Bachar el-Assad, accuse régulièrement les États-Unis de soutenir le groupe terroriste. Washington, rappelle-t-on, est à la tête d’une coalition internationale qui lutte contre l’EI en Syrie et en Irak, et soutient divers groupes armés qui combattent les jihadistes.

"Le retrait du Hezbollah de Syrie est tributaire du résultat de la guerre dans ce pays. Et le président Assad restera en poste jusqu’à la fin de son mandat, et sera peut-être candidat aux prochaines élections", a en outre affirmé Hassan Nasrallah.

Il a dans ce contexte annoncé avoir rencontré Bachar el-Assad "il y a quelques semaines". "Nous sommes face à une grande victoire en Syrie, mais cette victoire n’est pas définitive", a-t-il estimé.

Matthieu KARAM
3 janvier 2018


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