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Avenir du gouvernement Hariri :
concertations "positives" à Baabda
L’Orient-Le Jour

lundi 27 novembre 2017, par Comité Valmy


Hariri et Berry, également conviés au palais présidentiel, affichent leur optimisme.

Avenir du gouvernement Hariri :
concertations "positives" à Baabda

Le président libanais, Michel Aoun, a convié lundi les principaux dirigeants politiques du pays à des concertations politiques faisant suite à la décision du Premier ministre, Saad Hariri, de geler sa démission qu’il avait présentée le 4 novembre en Arabie saoudite. Les discussions, qualifiées de "positives" par la présidence de la République, doivent se poursuivre après le retour vendredi du chef de l’Etat d’Italie où il mènera une visite officielle de deux jours.

"Les concertations étaient positives", indique un communiqué publié par le service de presse du palais présidentiel à l’issue de ces discussions. "Les points faisant débat entre les Libanais ont été évoqués avec les représentants des blocs parlementaires conviés afin de trouver un terrain d’entente permettant de préserver l’intérêt du Liban, sa sécurité, sa stabilité et son unité", ajoute ce texte. Les points faisant débat seront "présentés aux institutions constitutionnelles afin de poursuivre les discussions au retour de Michel Aoun", selon ce texte.

"Vous ne voyez pas mon large sourire ?"

Ces concertations ont pour objet la définition de nouvelles lignes directrices pour la politique étrangère du Liban et d’envisager les moyens d’appliquer la politique dite de "distanciation" par rapport aux conflits régionaux. C’est à cette condition que Saad Hariri avait accepté de suspendre sa démission, à la demande du président Aoun, après avoir accusé l’Iran et le Hezbollah de mainmise sur le Liban.

Des résultats de cette concertation dépendra le sort de la démission provisoirement gelée par le chef du gouvernement. Mais les chances d’une relance de l’exécutif, sans modification de la déclaration ministérielle, sont plausibles, affirme-t-on dans les milieux politiques.

Selon notre correspondante au palais de Baabda, Hoda Chedid, ces discussions ont également pour but de sauvegarder la stabilité politique et sécuritaire du pays. Elles ont également porté sur les relations avec les Etats arabes, ou encore la question de l’accord de Taëf (qui mit fin à la guerre civile en 1990). D’autres questions étaient également au menu, tels les risques d’agressions extérieures contre le Liban, selon notre correspondante.

Les discussions avec les représentants des formations politiques présentes au gouvernement, ainsi qu’avec Samy Gemayel, le chef des Kataëb, parti de l’opposition, s’étaient achevées dans l’après-midi avec M. Hariri et le chef du Parlement, Nabih Berry, d’abord reçus séparément par le chef de l’État au palais présidentiel de Baabda, puis tous les deux lors d’un deuxième entretien. MM. Hariri et Berry n’ont fait aucune déclaration politique à l’issue de ces réunions. Le premier s’est arrêté quelques instants pour prendre un selfie avec les journalistes présents, leur lançant : "Vous ne voyez pas mon large sourire ?". Le second s’est contenté d’appeler à "garder l’optimisme".

"Nos constantes sont les mêmes"

Le président Aoun avait entamé ses concertations avec le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, représentant le mouvement Amal de Nabih Berry. "Nos points de vue se rejoignent sur la plupart des questions abordées, et nous avons insisté sur les constantes, surtout la déclaration ministérielle et les moyens nécessaires pour la poursuite du dialogue afin de rétablir le travail des institutions, notamment le conseil des ministres", a déclaré M. Khalil à l’issue de l’entretien.

Le chef de l’État s’est ensuite entretenu avec le ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, qui représente le chef des Marada, Sleiman Frangié. "Nous avons fait part au président Aoun de notre souhait de voir le gouvernement poursuivre son travail en respectant la déclaration ministérielle et en application de l’Accord de Taëf. Concernant la distanciation, nos constantes sont les mêmes", a déclaré M. Fenianos, sans plus d’explications.

Le président Aoun a par la suite reçu le député Mohammad Raad, qui représente le Hezbollah. "Nos points de vue convergent, et nous avons abordé les moyens nécessaires pour un retour à la normale de la vie politique et le maintien du gouvernement, de même que l’indépendance de la décision du Liban. Nous espérons ainsi passer aux actes", a affirmé M. Raad à l’issue de l’entretien, après avoir insisté sur l’importance des concertations.

"Nous avons fait savoir (au président Aoun) que nous croyons en la neutralité totale du Liban, et non sa distanciation. Défendre le Liban est une chose, et se distancier des conflits régionaux en est une autre. La condition à la neutralité est la souveraineté. Il ne peut y avoir de neutralité et d’État sans souveraineté et sans le monopole de l’État sur l’usage des armes. Le plus dangereux, ce sont les armes sur le territoire libanais", a pour sa part déclaré Samy Gemayel.

"Le mot +distanciation+ est élastique"

Le président Aoun a ensuite reçu le ministre des Déplacés, Talal Arslane. "Le mot +distanciation+ est élastique. Je ne comprends pas le sens de la distanciation lorsqu’il s’agit de lutter contre le terrorisme et les agressions israéliennes. Nous soutenons les positions du président Aoun, mais nous réclamons des clarifications concernant le terme +distanciation", a souligné M. Arslane.

"Nous espérons le retour de M. Hariri au gouvernement pour qu’il fixe une nouvelle réunion du Conseil des ministres, afin que le travail puisse se poursuivre jusqu’aux élections législatives (prévues en mai 2018), en se basant sur la déclaration gouvernementale", a de son côté indiqué le député Hagop Pakradounian, représentant le parti Tachnag.

Le chef du Parti syrien national social (PSNS), Hannah Nachef, a pour sa part "réclamé une définition scientifique et juridique du terme +distanciation+ pour éviter au Liban de tomber dans des axes et des alliances"

.

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est lui aussi rendu à Baabda. "La distanciation doit se concrétiser dans les faits et ne pas rester un terme de vocabulaire. Cela veut dire un désengagement concret des crises de la région", a-il expliqué. "Les Forces libanaises ne quitteront pas ce gouvernement. Personne ne peut nous faire de la surenchère en matière de souveraineté", a-t-il ajouté. Concernant l’arsenal du Hezbollah, le chef des FL a dit : "La situation peut rester telle quelle, à condition que les décisions militaires et sécuritaires restent entre les mains de l’État".

Michel Aoun recevant Samir Geagea. Photo Dalati et Nohra

"Débat stérile"

Le leader druze Walid Joumblatt, qui dirige le Parti socialiste progressiste, a pour sa part dit : "Non à un débat autour des armes (du Hezbollah) car un tel débat est stérile. Parlons plutôt de la distanciation et des moyens pour la mettre en œuvre".

Le vice-président du Courant patriotique libre, fondé par M. Aoun, Nicolas Sehanoui, représentant le chef du CPL Gebran Bassil, a également été reçu par le chef de l’Etat. Il n’a fait aucune déclaration à l’issue de cet entretien.

Saad Hariri avait lancé samedi un nouvel avertissement au Hezbollah. Recevant une délégation du Conseil islamique chérié, il avait déclaré qu’il était hors de question pour lui d’accepter que le Hezbollah adopte des positions qui "nuisent à nos frères arabes ou visent la sécurité et la stabilité de ces pays". Jeudi déjà, il avait exhorté les Libanais à faire passer les intérêts du Liban avant ceux d’autres causes régionales, dans une allusion très claire à l’implication du Hezbollah en Syrie.

Lundi 27 novembre 2017


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