COMITE VALMY

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Source : Le Petit Blanquiste

Les bouffonneries de Jean-Louis Borloo - JPD

dimanche 24 octobre 2010, par Comité Valmy


Samedi soir, sur France 2, Jean-Louis Borloo - que la rumeur présente comme le futur Premier ministre de Sa Majesté - s’est livré à un exercice pitoyable : il s’était donné (ou « on » lui avait confié) pour mission de « faire comme si ». De faire comme si le mouvement de contestation de la réforme des retraites appartenait au passé.

Dévoué à sa tâche, notre ministre a répété la leçon : « à peu près une pompe sur deux est normalement approvisionnée » ; dans neuf départements sur dix, « nous sommes à 80% d’alimentation normale », a-t-il asséné, avant de promettre « une lente amélioration ».

Après quoi, il a voulu siffler la fin de la récréation : « On est passé à côté d’une crise d’une extrême gravité. [...] Il faut qu’il y ait une reprise du travail des raffineries ».

Mais, pour être à la hauteur de sa réputation de « joker social » du président, notre ministre ne pouvait faire moins que plaider pour le « consensus social » et la « reprise du dialogue » avec ceux qu’il désigne de « partenaires sociaux ». Un déni de la réalité que les grévistes et manifestants récemment victimes des coups et des gaz de la police auront sans aucun doute apprécié...

Il est vrai que Jean-Louis Borloo ne fait pas très sérieux. Mais derrière ce côté bouffon, il n’est pas inutile de rappeler que ce personnage a un lourd passé : en 1977, il crée un cabinet d’avocats spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté et devient l’avocat d’affaire de Bernard Tapie. Ensemble, ils se livrent aux mêmes prédations sur le dos des salariés.

Borloo est à la droite ce que Tapie - ministre de Mitterrand - est à la gauche.

« Parfaitement aux faits des techniques financières, Borloo met au point une méthode simple de reprise, consistant à s’assurer d’abord qu’il existe des actifs dans la valeur de l’entreprise. Un dossier de reprise est ensuite monté pour un franc symbolique - rarement plus -, tandis que des négociations sont menées avec les créanciers afin qu’ils renoncent à toute ou partie de leurs crédits [...].

La vente des actifs sert enfin à rembourser en partie les crédits restants, le solde finissant dans la poche du repreneur ».

En 1989, il se lance dans la politique et devient maire de Valenciennes ; « sa fortune personnelle comme avocat d’affaires est évaluée à plus de 40 millions de francs [...] Il roule carosse et dépense sans compter ».

Lors du procès de Bernard Tapie qui a suivi l’effondrement du Crédit lyonnais, Jean-Louis Borloo - co-concepteur du système commun aux deux prédateurs - n’est pas inquiété ; « personne n’avait intérêt à dévoiler des mécanismes qui ont profité à tant de monde et qui pouvaient resservir plus tard ».

En politique, à noter la grand plasticité de Jean-Louis Borloo : il a été, tour à tour, co-fondateur de Génération écologie, membre de la direction de l’UDF où il soutient Bayrou avant de se rallier à Chirac pour, finalement, devenir co-président du Parti radical et vice-président de l’UMP.

Cet ancien chef scout est « toujours prêt » à n’importe quelle conversion qui lui soit profitable...

JPD

Note : Les citations de ce texte sont extraites de l’ouvrage : Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours, le vrai visage du capitalisme français, sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay, Ed. La Découverte, 2009.


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