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La Français Macron
couvre l’agression saoudienne
par Finian Cunningham

vendredi 24 novembre 2017, par Comité Valmy


La Français Macron couvre l’agression saoudienne

L’invitation faite par la France au Premier ministre libanais aux abois Saad Hariri de venir passer "quelques jours à Paris" lui et sa famille a été vue comme une intervention douce et adroite du président français Emmanuel Macron pour apaiser les tensions entre l’Arabie saoudite et le Liban.

Moins charitablement, ce que Macron est réellement en train de faire est de donner une couverture cynique aux dirigeants saoudiens pour leurs extraordinaires actes d’agression envers le Liban et leur violation de la souveraineté de ce pays.

Deux des enfants de Hariri ont été laissés à Riyad, capitale saoudienne, alors qu’il se trouvait en France ce week-end. Etaient-ils utilisés comme otages par les Saoudiens pour s’assurer que Hariri maintienne le spin saoudien sur les événements ? Certes, l’arrangement soulève des soupçons, mais le président français a plutôt cherché à feindre une apparence « normale », « rien n’est inhabituel ».

Le président libanais Michel Aoun a accusé publiquement la semaine dernière l’Arabie saoudite de détenir Hariri à Riyad contre son gré. Aoun a déclaré que les dirigeants saoudiens violaient le droit international en arrêtant Hariri et en forçant sa démission en tant que Premier ministre du Liban. De tels actes équivalaient à une agression, a déclaré le président Aoun.

Pourtant, Macron n’a rien dit à propos de l’ingérence saoudienne. Il a plutôt inversé la réalité en condamnant l’Iran pour « agression » régionale et en soutenant ainsi les affirmations saoudiennes selon lesquelles l’Iran fournit des missiles balistiques au Yémen. L’Iran a rapidement condamné Macron « d’attiser les tensions régionales ».

Le président Aoun a le mérite d’avoir parlé ouvertement, de dire ce qui se passe et d’exprimer ce que de nombreux citoyens libanais et de nombreux autres observateurs du monde entier ont conclu. Toute la débâcle est un affront scandaleux au Liban et au droit international par les dirigeants saoudiens, quand on prend en considération la convocation hâtive d’Hariri dans la capitale saoudienne Riyad au début du mois, suivie de son discours de démission télévisé à la télévision saoudienne et de son long séjour dans ce pays. Ce qui est encore plus ignoble, c’est que l’ingérence saoudienne dans les affaires souveraines du Liban menace de relancer une guerre civile dans le petit pays méditerranéen et, pire encore, une guerre régionale avec l’Iran.

Hariri a prétendu lors d’une interview ultérieure dans les médias, tenue en Arabie Saoudite, et dans des communications avec sa famille et ses amis de retour au Liban qu’il n’était pas sous la contrainte pendant son séjour en Arabie Saoudite. Cette affirmation défie la raison vu les circonstances bizarres du départ soudain de Hariri et son séjour prolongé de près de deux semaines en Arabie Saoudite.

En tout cas, le président du Liban, Michel Aoun, a conclu que quelque chose ne va pas dans cette saga, et il a explicitement accusé les dirigeants saoudiens d’avoir violé la souveraineté de son pays.

Par conséquent, si un principe ou une adhésion liée au droit international était respecté, les actions de l’Arabie saoudite devraient être catégoriquement condamnées par la communauté internationale, l’ONU, l’Union européenne et la France notamment en raison de ses relations historiques avec le Liban dont elle était l’ancienne puissance coloniale jusqu’à l’indépendance en 1943.

Mais non. Ce que nous avons à la place, c’est soit un silence honteux de la part de Washington, soit des déclarations doucereuses de l’UE. La chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, a publié une déclaration vague mettant en garde contre "l’ingérence étrangère" dans les affaires du Liban. De quel genre de circonlocution lâche s’agit-il ?

Le fait est que le Premier ministre libanais Saad Hariri a été arrêté par l’Arabie saoudite et contraint de démissionner de ses fonctions publiques par un ultimatum. On sait de façon fiable que les dirigeants saoudiens wahhabites étaient exaspérés par le fait que le groupe chiite Hezbollah faisait partie du gouvernement de coalition à Beyrouth. Hariri est un politicien sunnite parrainé par les Saoudiens qui s’oppose au Hezbollah et, par extension, à l’Iran. Mais apparemment, selon ses commanditaires saoudiens, il n’était pas suffisamment hostile. Par conséquent, Hariri a été convoqué à Riyad et a reçu l’ordre de démissionner le 4 novembre. (La défaite de la guerre terroriste secrète sponsorisée par l’Arabie Saoudite en Syrie a sans aucun doute aussi été un facteur dans le timing.)

Le président français Macron joue un jeu particulièrement risqué de proxénétisme et d’opportunisme envers les despotes saoudiens.

Comme le rapport de presse WorldView du Washington Post l’a indiqué la semaine dernière : "Le président français Emmanuel Macron a déclaré aux journalistes qu’il était important de dissiper l’idée que Hariri était un prisonnier saoudien".

Le journal continue de citer Macron disant de façon vide : "Nous devons avoir des leaders qui sont libres de s’exprimer. Il est important que [Hariri] puisse faire avancer le processus politique dans son pays dans les jours et les semaines à venir. "

La question devrait être posée : pourquoi est-il important pour Macron de "dissiper l’implication que Hariri était un prisonnier saoudien" ?

Vu pratiquement tous les témoignages, y compris celui du président libanais Michel Aoun, dont le point de vue devrait certainement être primordial ici, c’est exactement ce que es Saoudiens ont fait de Hariri - un prisonnier.

Trois jours avant sa convocation à Riyad et son discours de démission écrit le 4 novembre - dans lequel Hariri a affirmé de façon incroyablement dramatique qu’il y avait danger de complot d’assassinat par le Hezbollah et son allié l’Iran - Hariri dînait avec le ministre de la Culture français à Beyrouth. Pendant leur repas, il a reçu un appel téléphonique. Son attitude s’est assombrie et il a immédiatement quitté la table pour s’envoler vers Riyad. En présence d’aucune aide, Hariri a été reçu à son arrivée par des fonctionnaires saoudiens qui lui ont pris son téléphone portable. Il n’a pas été accueilli par les hauts dirigeants saoudiens comme le prince héritier Mohammed bin Salman, ce qui aurait été le protocole diplomatique habituel.

Tout indique une détention de facto de Hariri contre sa volonté dans les deux semaines qui ont suivi son séjour en Arabie Saoudite. Certes au cours de cette période il a effectué un bref vol vers les Emirats arabes unis qui a été revendiquée par les Saoudiens comme une preuve de circulation libre. Les dirigeants des EAU sont étroitement liés à la Maison des Saoud, et d’ailleurs Hariri était bientôt de retour dans sa résidence de Riyad, d’où il a continué à tweeter à des amis qu’il allait "bien".

Ce n’est rien d’autre qu’une imposture. Les faits frappants sont que l’Arabie Saoudite s’est ingérée effrontément dans les affaires intérieures du Liban, essayant de forcer son Premier ministre à démissionner. En outre, les dirigeants saoudiens ont accusé le Liban “d’actes de guerre" soi-disant en soutenant les rebelles houthis au Yémen ; les Saoudiens ont aussi ordonné à leurs ressortissants de quitter le Liban ; des rapports émergent également que les Saoudiens poussent maintenant à suspendre Beyrouth de la Ligue Arabe. C’est un comportement incendiaire irresponsable de la part des dirigeants saoudiens.

Devrions-nous être surpris ? L’Arabie saoudite a fait preuve d’un mépris absolu du droit international avec les bombardements et le blocus génocidaire du Yémen, où des groupes d’aide humanitaire ont averti que 50 000 enfants pourraient mourir cette année en raison de privations dues à la guerre saoudienne, soutenue par les américains et les anglais et qui dure depuis près de trois ans au Yémen.

La monarchie saoudienne absolue s’est également livrée à un saccage interne consistant à arrêter ses propres ministres du gouvernement et d’autres hommes d’affaires dans une prise de pouvoir audacieuse sous le couvert d’une « campagne anti-corruption ». De plus, les dirigeants saoudiens ont joué un rôle dans l’organisation d’un blocus diplomatique et commercial légalement douteux du Qatar sur des allégations trompeuses selon lesquelles ce dernier serait au service de l’Iran et soutiendrait individuellement des terroristes (ce sont les Saoudiens qui ont financé des terroristes par procuration pour renverser le gouvernement en Syrie. )

La criminalité et la conduite hors la loi de l’Arabie saoudite sont très répandues et ouvertement éhontées.

C’est pourquoi la soi-disant « communauté internationale », l’ONU, Washington, l’Union européenne et la France en particulier méritent une censure cinglante. Leurs déclarations en sourdine sur l’inconduite saoudienne envers le Liban sont une honte. Ils sont complices du non respect total des lois par leur indulgence envers les despotes saoudiens.

Mais le français Emmanuel Macron s’est montré comme la honte principale. Son invitation à Saad Hariri et à sa famille de venir en France est une démarche cynique pour offrir une couverture aux despotes saoudiens. Fait révélateur, à l’annonce de l’invitation, Macron a déclaré que "ce n’était pas une offre d’exil". C’est Macron qui rendu tout cela sucré comme une tarte.

Vendredi, la veille de l’arrivée de Hariri à Paris, Macron a accusé l’Iran d’ "agression" et a appelé à des sanctions sur le programme de défense iranien de missiles balistiques. Donc, Macron, sournoisement, confirme le récit saoudien et blâme l’Iran, au lieu de condamner Riyad pour son ingérence flagrante et son agression.

Encore une fois, en invitant Hariri à Paris, Macron accepte la mascarade saoudienne-Hariri comme quoi tout est « normal » - alors qu’en réalité, les manigances sordides de ces deux dernières semaines constituent une violation scandaleuse et très grave du droit international et de la souveraineté d’un pays voisin par les Saoudiens.

Avec ce genre de « diplomatie » cynique, Macron montre que la France est loin d’être capable de jouer un rôle de leadership ou d’autorité morale au Moyen-Orient ou dans le monde

.

Bien sûr, les intérêts économiques de la France vis-à-vis des despotes saoudiens, depuis la vente d’armes jusqu’à l’énergie et aux projets d’infrastructure, sont au cœur des calculs opportunistes de Macron.

Les ambitions de Macron d’engendrer une sorte de renaissance de la France en tant que puissance mondiale sont futiles et ne sont que pure vanité. La lâcheté du président français face à l’agression saoudienne contre le Liban montre que Macron et ses prétentions de « puissance mondiale » ne sont qu’une pulvérisation de cosmétique à bas prix.

Finian Cunningham
20 Novembre 2017
Traduction : Comité Valmy

Article originel :
France’s Macron Covers for Saudi Aggression


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