COMITE VALMY

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Au fil des jours et des lectures... n°71 - 22.10.2010

Une condition indispensable pour gagner : connaitre l’adversaire et ses alliés - Comaguer

samedi 23 octobre 2010, par Comité Valmy


En ces temps de lutte syndicale générale, la question du rapport entre grévistes, équipes syndicales de base et structures : confédérations, fédérations, unions départementales ou régionales devient décisive pour l’issue de la lutte.

Jusqu’où les dirigeants soutiendront-ils le mouvement ? La réponse dépendra principalement de la de la force du mouvement mais il importe de connaitre précisément les forces en présence et comment est organisé l’adversaire.

Une première réalité est que les dirigeants syndicaux ne font pas partie du quartier général de la classe capitaliste. Leur crédibilité est à ce prix.

Mais la seconde réalité est que la classe capitaliste s’est organisée pour le maintien de sa domination et que dans les affrontements inévitables et permanents – qu’ils soient petits ou grands – avec le prolétariat (ce qu’on appelle la lutte des classes) elle a besoin de médiateurs, de facilitateurs du « dialogue social » et de la « concertation ». Pour assurer leur permanence et leur reconnaissance par les travailleurs ces médiateurs syndicaux ont besoin, selon l’expression bien connue de « grain à moudre ». Mais en même temps leur adhésion profonde au système doit être organisée et surveillée.

Cette adhésion se réalise au sein de structures d’encadrement idéologique qui peuvent être nationales ou internationales. Au niveau international certaines organisations internationales comme l’OIT qui fonctionnent à une très grande distance voire à l’insu des travailleurs sont des outils privilégiés de cet encadrement.

Tel est également le cas de la CSI (http://www.ituc-csi.org), Confédération des Syndicats Indépendants, nouvelle appellation de la CISL, organisme créé par l’Occident dans le cadre de la guerre froide (siège à Bruxelles) à laquelle adhérent en France la CGT, la CFDT et FO. La CSI a tenu son deuxième Congrès au mois de juin 2010.

Ce Congrès a poussé un militant syndical espagnol à rédiger le commentaire qui suit. Sa lecture est utile pour comprendre comment s’exerce l’encadrement idéologique des dirigeants syndicaux et qui est chargé de l’assurer.

Le 2ème Congrès de la Confédération Syndicale Internationale - CSI a eu lieu du 21 au 25 Juin 2010 à Vancouver, Canada, avec la participation de 692 délégués. Il y en a beaucoup qui ont de nombreuses questions telles que :

1. Pourquoi le leadership de la CSI a choisi Vancouver qui est probablement la ville la plus chère du monde ? Pourquoi ont-ils choisi le Canada, un pays sans luttes syndicales ni mouvement syndical de classe ? Voulaient-ils vraiment un Congrès de bureaucrates loin des travailleurs ? Ils voulaient un Congrès des travailleurs ou plutôt du tourisme syndical ? Pourquoi est-ce que le même jour, dans la même ville et en même temps le G20, l’outil capitaliste dominant tenait aussi sa réunion ?

2. Qu’est-ce que le mot d’ordre central du Congrès : « Maintenant les peuples » signifie ? Cela veut-il dire que maintenant les peuples doivent s’enrichir ou être pauvres ? Que maintenant ils doivent payer la crise ou que maintenant ils doivent profiter de la crise ? La direction de la CSI se cache derrière des mots vagues. Des généralités. Chacun peut faire l’interprétation qu’il veut. N’importe laquelle. Parce que la direction de la CSI croit que les idéologies c’est fini ! Qu’est-ce que la « justice globale » signifie ? RIEN du tout.

3. Du point de vue social et de classe, qu’est-ce qu’on entend par le terme PEUPLE ? Quand on parle du peuple Allemand par exemple, qu’est-ce qu’on comprend ? Tous les Allemands. Les pauvres, les riches, les indépendants, les sans-abri, les travailleurs, les chômeurs, etc. Tous. Ainsi, la généralisation "Maintenant les peuples » ne dit rien de précis. C’est alors tous ensemble, les travailleurs et les capitalistes. Car c’est tout à fait autre chose quand on dit par exemple : « Vive la lutte du peuple espagnol contre le FMI » ce qu’on veut dire est clair. Encore une fois, donc, la CSI cache son visage. Pourquoi ?

4. L’ouverture officielle du Congrès a été faite par le Président du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, l’assassin des droits des travailleurs. En Argentine, en Irlande, en Hongrie, en Roumanie, en Grèce, partout. Etait avec le Président du FMI le Premier Ministre social-démocrate Grec né, élevé et éduqué aux États-Unis qui a détruit les droits des travailleurs grecs et qui a mis en esclavage son pays pour les 50 prochaines années. Y ont parlé aussi M. Pascal Lamy, le Directeur Général de l’OMC et le bien-connu ancien Premier Ministre du Danemark, l’initiateur de la flexisécurité et maintenant Président du « Forum Mondial Réformateur » !!! Aucun participant n’avait le droit de répondre à tous ces monologues. Voilà leur démocratie ... Le monologue.

5. Pourquoi n’y a-t-il pas eu des élections pour élire ses dirigeants ? Qui a décidé à l’avance ? Où les décisions ont-elles été prises ? Quels Ministères des Affaires étrangères ont réglé toutes ces questions ? L’indignation des participants au Congrès a été très grande. C’était à nouveau clair que la stratégie et la tactique de la CSI sont décidées par les Etats-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et Israël. Les autres sont là pour les photos, pour avoir un salaire, pour demander un poste de travail. Comme le Palestinien qui demande sa nomination à un poste de Vice-président, comme la nomination promise après le Congrès à un Secrétaire-adjoint de COSATU, comme le syndicaliste du Népal qui devient mendiant pour un poste de direction etc. Ils savent tous qu’ils n’ont aucun pouvoir sur la politique et la direction de la CSI. Vraiment, à quel poste va maintenant être nommé l’ancien secrétaire général de la CSI et de la CISL ; suivra-t-il l’ancien président de la CISL Monsieur L. Trotman, qui maintenant fait la cogestion de l’OIT ? On se demande quels sont les salaires qu’ils reçoivent de l’OIT

6. Pourquoi ont-ils refusé la demande de l’Afrique du Sud pour obtenir une décision en faveur des Palestiniens ? C’était seulement une claque à l’Afrique du Sud ? Non. (1) Lorsque la CSI dit que « Palestiniens et Israéliens doivent vivre ensemble " c’est astucieux. Mais c’est ce que le Président Obama et l’UE demandent aussi. Qu’ils vivent ensemble dans le même Etat avec une armée israélienne, une frontière israélienne, une économie israélienne et avec seulement 2-3 cantons Palestiniens entourés encore par les troupes israéliennes. Voilà les positions de la CSI et les positions du vice-président de la CSI Mr.Ofer Eini qui est un cadre important en Israël (2). Mais le peuple Palestinien lutte pour son propre Etat Indépendant, avec ses propres frontières, avec sa capitale, sa propre économie, avec son propre gouvernement. Et pourquoi ont-ils refusé une résolution sur le Sahara occidental ?

7. Les positions de la CSI sur les privatisations, l’économie de marché, les relations du travail, la santé, l’éducation, le rôle des organisations internationales, sont les mêmes que celles du G20, de la Commission Européenne de l’UE et du FMI. Ceux ci veulent un "capitalisme à visage humain". Mais le capitalisme est impitoyable et brutal avec la classe ouvrière. La CSI considère les multinationales et le capital comme ses partenaires pour les changements sociaux et cela reflète son caractère et ses objectifs. Les discussions sur les résolutions finales ont été profondément antidémocratiques. Il y manquait la démocratie et le débat de fond.

8. Toute cette situation montre que les théories vendues pendant des années par les dirigeants de CO.CO, de la CGT France, de la CUT au Brésil, de la CGIL en Italie et de tous les pays scandinaves qui parlent de "changement de l’intérieur de la CISL (CSI) » ne sont que rhétorique et hypocrisie. Ce n’est pas la CSI qui a changé, mais ce sont eux qui ont changé et maintenant, ces dirigeants sont des partenaires dans le système capitaliste et des ennemis de la classe ouvrière. Telle est la vérité et ils devraient se demander qui est celui qui a changé. Certains d’entre eux, afin de cacher leurs propres responsabilités, proposent que la FSM et la CSI se rejoignent. Ces gens ne sont pas sérieux, ils ne peuvent pas faire une analyse théorique pour voir que la FSM et la CSI sont deux points de vue complètement opposés dans le mouvement syndical. La FSM fait la lutte contre le capitalisme alors que la CSI fait la lutte pour le capitalisme. Alors pourquoi se rejoindre ? Ceux qui défendent de telles idées sont dépourvus de compétences idéologiques ou cachent leurs propres responsabilités. Il leur manque l’analyse marxiste des classes sociales.

Conclusion :

La CSI n’est pas d’organisation syndicale ouvrière. C’est un mécanisme puissant du système capitaliste international. Cela est démontré par ses positions pro-capitalistes, ses pratiques, son anticommunisme et la haine de sa direction contre Cuba, le Venezuela, le socialisme. Cela démontre son rôle anti-démocratique dans l’OIT.

Donc, personne ne peut se cacher derrière son petit doigt ! Nous connaissons et comprenons tout cela. Il faut que chaque militant prenne ses responsabilités.

Affiche du Congrès de Vancouver

« People » ? La foule dans la rue ? Les masses ? Les classes moyennes qui font leurs courses dans les métropoles ?

En tout cas pas une femme ou un homme au travail et une photo qui ne semble être prise ni en Asie ni en Afrique mais quelque part dans l’Occident blanc. C’est le brouillage idéologique et en même temps un aveu des positions de la CSI. (1) Pour faire taire la centrale syndicale sud-africaine COSATU qui, à juste titre, a de très mauvais souvenirs de l’apartheid et qui est donc particulièrement à même de comprendre les souffrances du peuple palestinien, la CSI a offert un poste de Vice-président à la COSATU. Il est vrai que ce n’est pas une faveur exceptionnelle puisqu’il y a plus de 40 Vice-présidents. Cependant ni Bernard Thibault ni François Chérèque n’ont accédé à ces postes.

(2) M. Ofer Eini, autre Vice-président de la CSI, est secrétaire général de la centrale syndicale israélienne HISTADROUT. Il est aussi un dirigeant du parti travailliste et a été présenté par la presse israélienne comme l’artisan de l’accord de gouvernement entre les travaillistes et NETANHYAOU. Il est volontiers présenté comme le véritable ministre de l’économie israélien !

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