COMITE VALMY

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L’ennemi commun des peuples

Etats Unis :
le Russiangate n’a pas eu lieu
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 2 novembre 2017, par Comité Valmy


Etats Unis : le Russiangate n’a pas eu lieu

Depuis la défaite de H. Clinton aux présidentielles américaines, qui a entraîné dans sa chute tout le parti Démocrate, la recherche d’un responsable était inévitable. Ce responsable devait tout aussi inévitablement être extérieur aux Démocrates. Après une brève réflexion, V. Poutine fut le meilleur candidat : la Russie et son Président en personne ont fait élire Trump, qui est en quelque sorte un agent russe. Mais l’enquête acharnée tourne court et les mises en accusation réalisées par le Procureur spécial Mueller n’ont rien à voir ni avec la campagne de Trump, ni avec la Russie. De basses histoires de corruptions et de détournements de fonds.

CNN, faisant jouer le suspens, avait annoncé il y a quelques jours que le Procureur spécial pour l’enquête russe Robert Mueller était - enfin - sur le point d’inculper de hauts responsables de la campagne de D. Trump. Pour l’instant, les preuves étaient tenues secrètes, tout comme le nom des personnes visées. La presse française, toujours prompte à diffuser les bonnes nouvelles, dans toute la pluralité de sa voix unique, annonce enfin le dénouement de "l’affaire russe" : ça y est il y a collusion.

Mais l’on sent le malaise poindre dans l’espace entre les titres et les contenus : car cette ingérence russe tant annoncée, tant attendue, tant espèrée ... n’est pas prouvée . C’est toute la distance entre le droit et la politique. Les services peuvent jeter en pâture des "rapports indépendants", commandés par les Démocrates (voir notre texte ici), un procureur lui doit chercher des preuves juridiques. Et il n’en a pas trouvé.

Les accusations portées contre Manafort et Gates sont même du plus ridicule, au regard de la collusion avec la Russie. Le New York Times a publié l’intégralité de l’acte d’accusation, disponible ici, l’on y parle principalement de détournements de fonds, de fraude à l’impôt. Comme le souligne Le Point, il y a même la piste ukrainienne :

Paul Manafort aurait reçu des paiements en provenance d’Europe de l’Est (...). Le FBI avait perquisitionné fin juillet une de ses résidences et avait saisi des documents. Il serait notamment ciblé pour des activités non déclarées de lobbyiste et consultant, notamment auprès de l’ancien président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch.

Ainsi, les seules accusations liées à l’Est concerne le lobbying des intérêts ukrainiens avant le Maidan et avant la présidence Trump. A moins de ne considérer l’Ukraine comme faisant partie de la Russie, la collusion entre Trump et la Russie n’est pas juridiquement démontrée.

Un autre figurant, George Papadopoulos, qui a largement "collaboré" avec les enquêteurs, serait ce maillon faible de la campagne de Trump. Il aurait été en contact, selon ses dires, avec le ministère des affaires étrangères russes et avec l’ambassade de Russie à Londres, pour organiser des contacts avec l’équipe de Trump en cas de victoire de celui-ci aux élections. Même si tel avait été le cas, il semble on ne peut plus normal que différents pays et leurs dirigeants établissent des contacts, cela fait des siècles que les relations internationales fonctionnent de cette manière. Or, G. Papadopoulos n’a pas été, évidemment, interpellé pour cela, mais pour avoir menti au FBI sur son statut et avoir ainsi perturbé l’enquête. Non pas membre du staff de campagne, il était un volontaire qui n’était pas financé, et dont le rôle était minime.

Par la presse russe, l’on apprend que selon les documents du FBI, ses contacts avec le pouvoir russe n’étaient pas direct, mais qu’il était entré en contact avec un de ses amis à Londres, professeur, qui avait des liens avec l’ambassade de Russie à Londres, afin d’organiser une rencontre, qui finalement n’a pas eu lieu. Il aurait été présenté à une nièce de V. Poutine, dont l’existence n’a pas été confirmée.

Comme le précise cet article de la presse française :

La porte-parole de la Maison-Blanche a par ailleurs dit s’attendre à ce que le procureur spécial boucle rapidement son enquête, sans préciser sur quoi elle fondait cette conviction.

Peut-être parce que le dossier est vide ? Ce qui n’empêche pas l’hystérie, dernier rempart pour masquer l’imposture.

Finalement, cela ressemble beaucoup à un Americangate.

Karine Bechet-Golovko
mercredi 1 novembre 2017

Russie politics


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