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Rapport de l’ONU sur Khan Sheikhoun
- Les victimes ont été hospitalisées AVANT l’incident
par Moon of Alabama

lundi 30 octobre 2017, par Comité Valmy


Rapport de l’ONU sur Khan Sheikhoun
- Les victimes ont été hospitalisées AVANT l’incident

Une commission de l’ONU a conclu que le gouvernement syrien est responsable d’un incident largement commenté, qui a eu lieu à Khan Sheikhoun. Une attaque aérienne au gaz se serait produite en avril dans une zone contrôlée par Al-Qaïda en Syrie. Elle a été utilisée par la Maison Blanche pour justifier son bombardement d’une base aérienne syrienne.

Le rapport qui vient d’être publié a été écrit pour correspondre au récit initial. Les détails ci-dessous montrent qu’il n’est pas le résultat d’une enquête sérieuse. Ceci explique pourquoi la Russie refuse que soit prolongé le mandat de la commission chargée du rapport.

Le 26 octobre, Reuters a titré : Le gouvernement syrien est responsable de l’attaque d’avril au sarin : rapport de l’ONU

NATIONS UNIES (Reuters) - Le gouvernement syrien de Bachar al-Assad est responsable d’une attaque chimique contre la ville de Khan Sheikhoun, qui a tué des dizaines de personnes en avril dernier, selon un rapport envoyé au Conseil de sécurité des Nations Unies jeudi.

«  La République arabe syrienne est responsable d’avoir largué d’avion du gaz sarin sur Khan Sheikhoun le 4 avril 2017 », indique le rapport de la Mission d’enquête conjointe de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Le rapport officiel n’a pas été publié. Mais quelqu’un a obtenu une copie du Septième rapport de la Mission d’enquête conjointe de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques des Nations Unies (pdf) et vous pouvez le trouver en cliquant sur le lien.

Les rapports notent des « irrégularités » qui font qu’on se demande comment ses auteurs ont pu arriver à la conclusion ci-dessous :

Sur la base de ce qui précède, le Panel de Leadership est confiant que la République Arabe Syrienne est responsable de l’utilisation de gaz sarin à Khan Shaykhun le 4 avril 2017. Les conclusions du Panel de Leadership concernant la preuve dans cette affaire sont basées sur les informations exposées en détail à l’annexe II.

Notez le choix des mots de la commission : « .. est confiante » n’est pas une formulation qui donne une grande impression de certitude et « .. est responsable de l’utilisation » ne signifie pas que la République arabe syrienne l’a effectivement fait.

Les conclusions du rapport n’ont PAS été rédigées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, et elles ne sont même validées par elle. Elles sont l’œuvre de la « Mission d’enquête conjointe » composée d’un diplomate guatémaltèque, d’un fonctionnaire des Nations Unies de Malaisie formé aux États-Unis et d’un expert en chimie qui travaille pour le gouvernement suisse. C’est un panel politique qui a une orientation politique.

On peut trouver les raisons de cette formulation plutôt vague, que les articles parlant du rapport ignorent, dans les détails mentionnés plus haut. Le rapport dit à la page 10 :

La Mission a déterminé que le gaz sarin a été libéré à l’emplacement d’un cratère dans la partie nord de Khan Shaykhun entre 6 h 30 et 7 heures le 4 avril 2017 .

La plupart des faits établis par le rapport sont basés sur des vidéos et des photographies publiques publiées par l’opposition. Les témoins interrogés vivaient de la zone contrôlée par al-Qaïda. Les preuves médico-légales n’avaient pas été sécurisées. Certaines conclusions sont curieuses.

Dans l’annexe II, à la page 36 (sur 39) du pdf, il est indiqué :

">Des irrégularités ont été observées dans les éléments d’information analysés. Par exemple, plusieurs hôpitaux ont commencé à admettre les victimes de l’attaque entre 6 h 40 et 6 h 45. La Mission a reçu les dossiers médicaux de 247 patients du Khan Shaykhun qui ont été admis dans divers établissements de santé, y compris ceux de survivants et d’un certain nombre de victimes qui sont mortes du fait d’un agent chimique. Les heures d’admission vont de 6h à 16h.L’analyse des dossiers médicaux mentionnés ci-dessus a révélé que dans 57 cas, les patients ont été admis dans cinq hôp itaux avant l’incident à Khan Shaykhun (à 6h, 6h20 et 6h40). Dans 10 de ces cas, les patients semblent avoir été admis dans un hôpital situé à 125 km de Khan Shaykhun à 7h et 42 autres patients semblent avoir été admis à l’hôpital situé à 30 km à 7h. La Mission n’a pas enquêté sur ces écarts et ne peut pas déterminer s’ils sont liés à un éventuel scénario de mise en scène, ou à la mauvaise tenue des dossiers dans des conditions chaotiques.

Au moins 23% des victimes présumées de l’incident AVAIENT ÉTÉ ADMISES DANS LES HÔPITAUX AVANT L’INCIDENT.

L’hôpital situé à 125 km de là, à deux heures de route, devait être un authentique hôpital situé en Turquie. Il est hautement improbable qu’un hôpital aussi bien organisé mélange les heures d’arrivée. Il est impossible que les victimes admises à 7h soient celles d’un incident qui s’est produit à 6h30 à Khan Sheikhoun selon la commission. La commission n’a pas enquêté sur les écarts et dit qu’elle ne sait pas si l’incident a été mis en scène ou pas.

Une autre curiosité :

Une anomalie a été identifiée dans l’un des résultats biomédicaux de la Mission qui a établi les faits à partir d’échantillons non sécurisés. Dans l’échantillon numéro 133, il n’y avait pas trace de sarin ni d’aucune autre substance ressemblant au sarin dans le sang, mais dans l’urine il y avait des traces d’acide isopropyle et méthylphosphonique (métabolite de sarin). Aucune explication n’a été fournie pour cette anomalie.

La Commission note également un point que nous avions exposé en détail en avril :

La Mission a observé à partir de sources publiques que le traitement des victimes de Khan Shaykhun impliquait fréquemment un traitement à l’oxygène et à la cortisone. Ce traitement n’est pas recommandé pour l’intoxication au sarin, il est utilisé principalement pour soigner des lésions au poumon que le chlore ou les bombes sous vide pourraient causer .

Il manque dans ce rapport, les premières constatations que nous avions faites peu de temps après l’incident :

Les premiers rapports de ce jour-là de l’agence de presse gouvernementale turque Anadolu ne mentionnaient que le chlore ... Dans sa première déclaration l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) du 4 avril mentionnait le chlore, pas le sarin ni rien de ce genre... Dans sa première déclaration, le gouvernement turc a parlé également de chlore.

De plus, selon les agences de presse locales, en ce qui concerne les 30 premiers blessés qui sont arrivés à la frontière turque, le diagnostic a été qu’ils avaient respiré du chlore, pas du sarin. Les patients qu’on voit dans les vidéos n’ont pas les forts symptômes caractéristiques du sarin et le personnel des Urgences n’a pas pris les précautions nécessaires pour gérer les conséquences d’une attaque au sarin.

L’incident n’a probablement pas été causé par une attaque aérienne au sarin à 6h30. Il a probablement été causé par une émission locale de chlore qui a dû se produire plus tôt. L’histoire du sarin et de l’attaque aérienne a été rajoutée plus tard. L’incident a été transformé en spectacle par la Maison Blanche pour justifier son bombardement de la Syrie et détourner l’attention de ses problèmes intérieurs. Elle a publié sur l’incident une « évaluation du renseignement », ni faite ni à faire, qui n’avait pas été rédigée par une agence de renseignement, mais par la Maison Blanche elle-même.

Aucun des échantillons physiques et des preuves biomédicales, environnementales et médiatiques que les enquêteurs disent avoir trouvés à Khan Sheikhun, n’était sécurisé. Ils ont été réunis par Al-Qaïda ou par les groupes autorisés par Al-Qaïda à travailler dans les zones qu’il contrôle. Les terroristes et l’opposition au gouvernement syrien, et bien évidemment leurs sponsors, avaient tout intérêt à manipuler les preuves de l’incident pour pouvoir ensuite accuser le gouvernement syrien.

L’ancien Premier ministre du Qatar vient juste de reconnaître à la télévision que le Qatar, en étroite coopération avec l’Arabie Saoudite, la Turquie, et sous la direction des Etats-Unis, ont livré des armes et de l’argent à « l’opposition » en Syrie, y compris à al-Qaïda, dès le tout début du conflit :

Al-Thani a même comparé l’opération secrète à « la chasse d’une proie », la proie étant le président Assad et ses partisans, une « proie » dont il reconnaît qu’elle leur a échappé (du fait qu’Assad est toujours au pouvoir ; il a utilisé un mot arabe du dialecte du Golfe, « al-sayda », qui signifie chasser des animaux ou des proies pour le sport). Bien que Thani ait nié les allégations crédibles de soutien à l’EI, les paroles de l’ancien premier ministre impliquaient un soutien direct du Golfe et des Etats-Unis à al-Qaïda en Syrie (Front Al-Nusra) dès le début de la guerre, et il a même dit que le Qatar détenait « tous les documents » prouvant que la guerre avait pour but de provoquer un changement de régime.

Ces mêmes forces, en particulier les États-Unis, sont toujours déterminées à « changer le régime » en Syrie. C’est pourquoi, l’armée américaine se prépare à une occupation à long terme des zones que ses forces par procuration kurdes contrôlent actuellement au nord-est de la Syrie.

Moon of Alabama
29 octobre 2017

Note : Une partie de ce qui précède est basée sur le travail deSyricide

Traduction : Dominique Muselet


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