COMITE VALMY

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L’ennemi commun des peuples

L’Irak s’émancipe
de l’État profond étasunien
par Tom Luongo

mercredi 1er novembre 2017, par Comité Valmy


L’Irak s’émancipe de l’État profond étasunien

En début de semaine, comme l’État islamique était alors battu, le secrétaire d’État Rex Tillerson a exhorté le gouvernement irakien d’expulser du pays toutes les forces militaires iraniennes. Comme des milices iraniennes, des unités et des officiers de la Garde révolutionnaire d’Iran ont contribué à la victoire, la demande de Tillerson paraît au mieux déplacée.

Cette exigence était la carotte visant à améliorer les relations avec les autres États arabes sunnites, principalement l’Arabie Saoudite. En échange de sa carotte, Tillerson a reçu le bâton.

D’une façon ne pouvant être considérée que comme des plus méprisantes, Haider Al-Abadi, le Premier ministre irakien, a mis le holà à cette idée. Voici la traduction de la déclaration d’Al-Abadi (merci à Adam Garrie de The Duran) :

Une source proche du Premier ministre Haider Al-Abadi a exprimé la surprise [de ce dernier] devant les déclarations prêtées au secrétaire d’État étasunien sur les forces de la mobilisation populaire.

D’après la source [qui relayait ce qu’avait dit Al-Abadi], les combattants des forces de mobilisation populaire sont des ressortissants irakiens qui ont fait d’énormes sacrifices pour défendre leur pays et le peuple irakien, et répondre aux dirigeants irakiens par la loi de la Chambre des représentants.

Il a déclaré qu’aucun parti n’a le droit d’interférer dans les affaires irakiennes.

Il a confirmé que les Irakiens se battaient sur le sol irakien et qu’il n’y avait pas de combattants étrangers en Irak.

Il a expliqué que le rôle des forces de la coalition internationale présentes en Irak ou dans tout autre État, se bornait à la formation, à l’appui logistique et aérien, et non à combattre sur le territoire irakien.

En bref, « Tu peux te mettre ça où je pense, Rex. »

L’indépendance irakienne

Ce qui découle de cette déclaration, qui met quasiment les points sur les « i », c’est que l’Irak peut pourvoir à ses besoins, sans ingérence étasunienne future dans ses affaires. La réalité est que, dans le but ultime de rendre leur présence permanente dans le nouveau Kurdistan irakien, les États-Unis se sont compromis dans les deux camps du conflit.

Ce plan a fait pchit la semaine dernière, avec la déroute à Kirkouk des forces peshmergas kurdes. En fait, au vu de cet événement, la déclaration d’Al-Abadi ne devrait surprendre personne. Et les forces étasuniennes sont maintenant coincées en Irak et bientôt aussi en Syrie.

Pourquoi les Irakiens devraient-ils seulement accorder une seconde pensée aux Étasuniens maintenant, puisqu’ils ont soutenu la tentative ratée des Kurdes visant à voler leur territoire et à déclarer leur indépendance. La stratégie des États-Unis, avec les Kurdes irakiens dirigés par Massoud Barzani et les Kurdes syriens du YPG, n’a pu semer le chaos requis, redessiner la carte et permis d’installer leurs forces à un jet de pierre de l’Iran afin d’engager une nouvelle manche « diplomatique ».

De plus, cette déclaration d’Al-Abadi garantit que toute la région sera, par nécessité logistique, débarrassée de l’ingérence étasunienne dans un avenir prévisible.

Le changement afghan

C’est pourquoi, dans une démarche ressemblant à une action d’arrière-garde, afin d’empêcher l’unification de l’Asie centrale, Donald Trump a détourné son attention de la Syrie et de l’Irak, pour se focaliser sur l’Afghanistan et le Pakistan. Oh, bien sûr, Trump et les néocons qui le manipulent à Washington, vont faire un grand cirque au sujet du JCPOA (accord nucléaire avec l’Iran) pour que les Iraniens baissent les yeux, mais au bout du compte, la seule façon de faire avaler toute modification fondamentale de l’accord, c’est de l’accompagner du retrait en masse des forces étasuniennes de Syrie, de Turquie et d’Irak.

Je pense que c’est un accord avec lequel Trump peut vivre, s’il obtient du Président russe Vladimir Poutine les garanties que la Russie protégera des ambitions nucléaires de l’Iran et que la Chine fera de même avec la Corée du Nord.

Pendant ce temps-là, Trump laissera les McCain cinglés décider de la politique en Afghanistan et au Pakistan, et continuer à jouer sur l’idée que les États-Unis sont toujours utiles là-bas, pour les peuples et les gouvernements.

Et la principale raison pour laquelle cela se passera comme je le décris, c’est simplement que les États-Unis n’ont plus rien à offrir qui soit proche d’égaler ce que la Chine et la Russie sont disposées à proposer.

L’initiative Nouvelle route de la soie chinoise et le soutien russe, avec le combat contre le terrorisme, les accords de défense et une diplomatie digne de confiance, surpassent largement ce que les États-Unis peuvent offrir pour améliorer ces pays.

Par le passé, les États-Unis ont entretenu le chaos dans la région en soudoyant les dirigeants et en soutenant des dictateurs, faisant en sorte qu’ils s’enrichissent et que leur peuple souffre. Je parle indifféremment de pays comme le Pakistan, l’Ouzbékistan, l’Afghanistan ou l’Azerbaïdjan.

Mais, au cours des deux dernières années, les dirigeants de tous ces pays ont changé. Et chaque petite victoire russe en des lieux comme la Syrie, la Turquie et l’Irak, montre à quel point les capacités de projection de la puissance étasunienne sont devenues inconsistantes.

Et c’est ainsi que nous en sommes arrivés à la déclaration d’Al-Abadi. L’Irak vient de se déclarer autonome vis-à-vis des États-Unis

Qui sera le suivant ?

28 octobre 2017

Gold, Goat ‘n Guns, Tom Luongo

Original :
tomluongo.me/2017/10/26/iraq-declares-independence-us-deep-state/

Traduction Petrus Lombard

Réseau International


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