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Pablo Neruda assassiné ? En tout cas, le prix Nobel de littérature chilien n’est pas mort d’un cancer

mardi 24 octobre 2017, par Comité Valmy


Pablo Neruda assassiné ? En tout cas, le prix Nobel de littérature chilien n’est pas mort d’un cancer comme écrit sur son certificat de décès

Des experts internationaux ont conclu à l’unanimité que Pablo Neruda, le prix Nobel de littérature, n’était pas mort d’un cancer, peu après le coup d’Etat de Pinochet en 1973, comme écrit dans son certificat de décès, mais ils n’ont pas été en mesure d’affirmer que le poète chilien avait été assassiné.

"Ce qui est certain, ce qui est catégoriquement sûr à 100%, c’est que le certificat ne reflète pas la réalité du décès", a déclaré vendredi lors d’une conférence de presse le Dr Aurelio Luna, au nom des experts chargés de déterminer si le poète et écrivain a été assassiné par la dictature du général Augusto Pinochet.

Selon le certificat de décès rédigé par la junte militaire, le poète est mort à 69 ans d’un cancer de la prostate.

Ces seize spécialistes du Canada, du Danemark, des Etats-Unis, d’Espagne et du Chili se sont penchés pendant cinq jours sur la documentation médicale et scientifique rassemblée pendant ces cinq années par la justice chilienne sur la mort de Pablo Neruda.

Le panel a exclu de façon unanime une "cachexie cancéreuse" ou état ultime lié à l’évolution de cette maladie résultant d’un cancer de la prostate dont souffrait le poète, tel que cela est écrit dans son certificat de décès, publié par la clinique Santa Maria de Santiago le 23 septembre 1973.

Les experts, dont 12 travaillaient depuis Santiago et quatre depuis l’étranger, n’ont pu cependant confirmer ou exclure la possibilité d’une contamination volontaire et délibérée du poète par l’injection de germes ou de toxines bactériennes.

"Au jour d’aujourd’hui, nous ne disposons pas de conclusion définitive, nous ne pouvons déterminer qu’il y a eu effectivement une intervention de tiers", a déclaré le juge Mario Carroza, qui enquête sur la mort du poète depuis 2011.

Les experts ont découvert toutefois une nouvelle bactérie non cancéreuse. Celle-ci est à l’étude dans des laboratoires au Canada et au Danemark, ce qui devrait permettre d’ici un an de mieux comprendre les causes de la mort de Neruda, a expliqué M. Luna.

"Nous attendons de pouvoir établir précisément l’origine et s’il s’agit de bactéries venant d’un laboratoire, modifiées et cultivées pour servir d’arme biologique, si elles ont une origine exogène ou bien encore une origine endogène issue d’un processus d’infection", a expliqué le docteur Luna.

Injection avant un départ pour le Mexique

Les experts avaient été diligentés après les déclarations de Manuel Araya, le chauffeur et assistant personnel de Neruda, qui avait déclaré que le poète avait été transféré depuis son domicile de l’Isla Negra, sur la côte, à la clinique Santa Maria à Santiago, où un poison lui aurait été injecté, provoquant sa mort.

L’injection lui aurait été faite la veille de son départ pour le Mexique, où il comptait s’exiler pour y mener l’opposition au général Pinochet.

"Je suis heureux en un sens qu’on m’ait écouté, que le monde m’ait écouté", a réagi Manuel Araya pour l’AFP.

Une partie de la famille de Pablo Neruda a apporté son soutien aux déclarations de Manuel Araya. La famille soupçonne un empoisonnement sous la dictature (1973-1990).

Les restes du poète et prix Nobel de littérature, décédé quelques jours après le coup d’Etat contre le président socialiste Salvador Allende, dont il était proche, ont été l’objet ces dernières années de nombreuses expertises.

Exhumés en 2013, ils ont finalement été remis en terre en avril 2016.

En mai 2014, une équipe de chercheurs espagnols avait révélé la présence massive de bactéries, des staphylocoques dorés, qui auraient pu être inoculées par des agents de la dictature.

La mort en 1982, dans la même clinique, de l’ex-président Eduardo Frei (1964-1970), venu pour une opération de routine et qui pourrait avoir été empoisonné, a renforcé la thèse d’un assassinat du poète.

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