COMITE VALMY

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Vers l’insurrection pacifique, populaire, républicaine et démocratique - Jean-Pierre Combe

vendredi 22 octobre 2010, par Comité Valmy

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs"

(Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793).



Je lis sur le site Valmy que l’Arc républicain de Progrès juge possible et souhaitable une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique ; je suis du même avis, mais c’est un avis paradoxal, au sens propre de ce terme : il faut s’expliquer !

Le gouvernement réactionnaire de la France juge nécessaire d’y faire face : c’est ce qui l’a conduit à lâcher contre les manifestations les chiens, je veux dire les « casseurs », dont nous savons tous qu’ils sont manipulés par les structures non officielles de l’Etat bourgeois ( lesquelles structures sont illégales et contraires à la constitution ).

L’éventualité d’une insurrection populaire républicaine pacifique et démocratique étant posée, je constate que le gouvernement de la France et l’Arc républicain de progrès sont d’accord sur sa possibilité ; ils sont bien évidemment en désaccord sur son caractère souhaitable : notre gouvernement a lâché les « casseurs » afin de dévoyer le mouvement actuel vers la violence, ce qui lui permettrait de le mater, car il dispose de tous les moyens nécessaires à la répression d’une insurrection violente.

La question qui se pose à nous est donc la suivante : comment pouvons-nous combattre ces tentatives de dévoiement, comment conférer à ce mouvement le niveau politique nécessaire à son heureux aboutissement, et en cas de nécessité, comment le porter au niveau insurrectionnel tout en lui gardant ses caractères de revendication pacifique et démocratique ?

La nécessité de faire monter le niveau politique du mouvement résulte du caractère unilatéral, dictatorial, que ce gouvernement donne à sa décision de réformer les régimes de retraite dans un sens réactionnaire ; ce caractère dictatorial, il l’a déjà donné à nombre de ses décisions précédentes, et notamment à celle de légaliser l’application de la prescription ( trentenaire ) aux crimes de guerre : il nous oblige par là à envisager l’insurrection.

La lutte actuelle peut se transformer en une insurrection si son niveau politique devient tel qu’il produit dans le peuple l’exigence ( politique ) de changer ce gouvernement pour un gouvernement décidé à satisfaire les légitimes revendications populaires, celles qui combattent les violences faites aux simples droits qu’ont les habitants de ce pays de vivre dignement, l’exigence ( politique ) de changer la constitution pour une constitution qui assure ce nouveau gouvernement assez fermement pour qu’il rétablisse notre économie dans la voie définie le 15 mars 1 944 par le Conseil national de la Résistance.

A quelles conditions cette insurrection peut-elle être pacifique ? Il faut pour cela que sa force et sa nature populaire soient telles, et d’une telle évidence, que les casseurs n’oseront pas s’y frotter, et que les policiers n’hésiteront pas à arrêter les casseurs, à les emprisonner et à les présenter aux juges d’instruction, même s’ils portent des cartes de service ou des coupe-files officiels.

Il faut aussi que sa force et sa nature républicaine soient telles, et d’une telle évidence, que les militaires le considèrent comme leur mouvement, et refusent d’y voir l’action d’un quelconque ennemi.

Il faut encore qu’il tire toute sa force de l’engagement évident de l’immense majorité des membres de notre peuple, et que cet engagement rende obsolète l’autorité des gouvernements réactionnaires, au point de provoquer l’effondrement du gouvernement réactionnaire en fonction.

Pour écrire ces lignes je n’ai pas d’autre autorité que la mienne, celle d’un simple citoyen père de famille et aimant la vie. Je n’ai de titre que ma sincérité. Mais la sincérité est la force individuelle grâce à laquelle les citoyennes et les citoyens peuvent produire la force collective de leur nation.

Jean-Pierre Combe - 20 otobre 2010

8 Messages de forum

  • Il nous faut absolument prendre NOS affaires en main. Nous avons trop longtemps délégué notre souveraineté à des personnes qui n’ont, la plupart du temps, recherché que leur intérêt personnel ou/et nous ont trahis.

    Oui nous devons élaborer notre Constitution et nous donner les moyens de l’appliquer nous-mêmes !! Pour celà il nous faut absolument recouvrer la souveraineté qui nous a été volée et nous extraire de l’UE responsable des contre-réformes qu’on nous impose.

    Vive la "Commune de Paris" qui doit nous servir d’exemple !

    • Prendre nos affaires en mains en allant jusqu’à élaborer notre Constitution et nous donner les moyens de l’appliquer nous-mêmes, voilà une idée excellente, et que j’approuve ; cela ne signifie pas que je croie que la rédaction d’un texte constitutionnel ou de tout autre texte politique résolve tous les problèmes : au contraire, je ne vois pas de solution hors de l’évolution du rapport des forces sociales ; il est aujourd’hui très en faveur de l’exploiteur capitaliste, et aussi longtemps que nous ne l’aurons pas inversé, que nous n’aurons pas obtenu que les travailleurs soient et restent plus forts que les capitalistes, la dictature bourgeoise pourra se déployer librement.

      Agir pour renverser le rapport des forces sociales, cela s’appelle revendiquer les droits des membres du peuple à vivre dignement, parce que ces droits sont légitimes : cela étant, je crois qu’il serait très efficace de joindre au mouvement de revendication un mouvement populaire d’élaboration politique aboutissant à produire notamment une constitution.

      Pour les principes de cette constitution, la Commune de Paris est une source très utile c’est vrai, mais elle n’est pas, et de loin, la seule source : nous devons puiser à l’ensemble du mouvement des luttes populaires qui se sont déroulées notamment depuis le commencement de la Révolution, pendant l’hiver 1 788-1 789, lorsque les paysans allaient s’emparer de force des titres de la propriété nobiliaire ( de la propriété seigneuriale ) et les brûler ... il faut notamment puiser à un moment important de quarante jours, la Conjuration des Egaux : lorsqu’il lançait cette conjuration, Gracchus Babeuf s’était donné pour objectif de parachever la Révolution et d’établir le régime de l’égalité politique et économique au moyen d’une insurrection pacifique ... Il faut encore puiser aux luttes contre la marche à la guerre de 1 914, aux luttes ouvrières pacifistes et progressistes de l’après-guerre de 1 918, aux luttes pour le Front populaire, pour l’aide à l’Espagne républicaine ; à partir de 1 939, il ne faut pas oublier la Résistance, le Conseil national de la Résistance et son programme, et son débouché, la Libération et les progrès imprimés à notre société par le mouvement populaire et ouvrier de l’après-guerre de 1 944.

      Mais dans la rédaction d’un tel texte, il est de toute nécessité de respecter une règle : la rédaction ne doit pas précéder mais accompagner le mouvement, le suivre ; son objet est le progrès des consciences, lequel fera tomber les obstacles qui s’opposent à la lutte et à la solidarité des travailleurs et du peuple ; et ce progrès ne résulte jamais de l’enseignement d’une théorie élaborée dans une tour d’ivoire.

      Il me reste une question : comment faire concrètement ?

  • Donc de donner au peuple une souveraineté beaucoup plus complète grâce effectivement à une nouvelle constitution. Je ne prétends pas que celle que j’ai concoctée depuis trois ans soit la seule solution mais, par rapport à ce que André Bellon a prévu avec l’association, pouruneconstituante, elle a l’avantage d’être déjà rédigée. Il suffirait qu’elle soit publiée ailleurs que sur Internet (www.voiescitoyennes.fr.) pour lancer l’idée et la suite...Tout y est pour que l’autoritarisme excessif des gouvernements et des partis politiques que la constitution de 1962 a permis disparaisse : de Gaulle voulait donner plus de pouvoir aux citoyens (référendums), mais Debré a dû l’en dissuader, sous toujours le même prétexte que le peuple n’était pas mûr pour l’exercer directement.

    Voir en ligne : Appel à des éditeurs pour publier une Nouvelle constitution

  • www.voiescitoyennes.fr ou citoyenreferent.fr

    Voir en ligne : Nouvelle constitution

  • Chaque jour suffit à sa peine.

    Le besoin d’insurrection qui se présente à nous n’est pas l’insurrection dont parle JP Combe.

    JP Combe a cependant le mérite de nous montrer les éceuils face à la volonté populaire transformatrice, la résistance d’un pouvoir prêt à lancer tous ces chiens, chiens de garde (médias) et casseurs avant de nous envoyer le rouleau compresseur de la police de classe et de l’armée (qui n’est plus l’armée de Valmy). JP Combe donne des indications précieuses sur les exigences que nous auront à déployer sur le plan pratique et organisationnel.

    L’insurrection d’aujourd’hui est de passer outre le vote de la loi sur les retraites par l’assemblée et le sénat.

    Les insurrectionnels d’aujourd’hui ont à savoir comment déligimiter les votes du parlement (sénat et assemblée), et leur la promulgation par Sarkozy et continuer à l’instar de la lutte contre le CPE et obliger la réaction au retrait de cette contre-réforme.

    L’insurrection est une forme de lutte et un état d’esprit populaire avant d’être "la lutte" remettant totalement ou partiellement la nature de classe de l’Etat capitaliste.

    Ce qui se passe aujourd’hui montre peut-être que nous sommes au bout d’un processus de fascisation et au début du fascisme ???

    • Ce qui crée notre besoin d’insurrection, c’est que le gouvernement de notre pays nous impose les décisions de la grande bourgeoisie d’une manière tout-à-fait dictatoriale, ce qui est la définition même du fascisme : le besoin d’insurrection est politique et nous n’en sommes ni les inventeurs, ni les créateurs, ni les ordonnateurs.

      La pratique dictatoriale est particulièrement illustrée par l’opération de destruction du régime des retraites par répartition, c’est vrai, mais elle ne s’est pas limitée à cette opération : chaque fois qu’un gouvernement de la « cinquième République » a fait passer des lois par des votes bloqués ou par la discipline de sa majorité absolue au parlement, et la loi appliquant la prescription aux crimes de guerre en est un exemple, c’est sa nature dictatoriale qu’il manifestait : ces manifestations se sont multipliées depuis dix ans. La lutte à propos des régime de retraites est d’une nature telle qu’elle submerge les limites de nombreuses catégories sociales, et l’acharnement que met le gouvernement à détruire le principe financier de la répartition implique en réalité toute l’économie : il en est ainsi parce que la finance de répartition protège une partie (petite, mais très lourde de sens) de l’économie contre le prélèvement capitaliste du profit, et cela fait de la finance de répartition un problème essentiel de la politique ; on ne peut mettre en cause le vote de la loi sur les retraites, et encore moins passer outre ce vote, sans voir que ces implications sont politiques.

      Nous ne pouvons contribuer à la défense de nos régimes de retraites que si nous montrons tout ce que cela implique : il est légitime que les travailleurs et ceux qui les soutiennent aujourd’hui défendent chacune des implications du principe financier de répartition dans toute son étendue ; personne aujourd’hui n’est en droit, ni n’a la possibilité de dire jusqu’où ils veulent porter leur intervention : c’est pour cela qu’il y a lieu à insurrection ; il en résulte que nous devons cesser de limiter les objectifs pour lesquels se mobilisent les membres de notre peuple. Il faut, certes, savoir terminer une grève lorsque tous ses objectifs sont atteints ; or, les objectifs de celle-ci sont lointains : il faut réfléchir encore à l’action revendicative, et élargir ses moyens.

      Le retrait de la loi de démolition du régime de retraite par répartition est un objectif politique pour lequel les syndicats se mobilisent de manière tout-à-fait légitime, mais cet objectif nécessite d’agir sur les deux plans, syndical et politique. Il n’est donc pas possible de parler de l’insurrection comme on parle de la grève : l’insurrection est un acte politique.

      Comment délégitimer les votes du Sénat et de l’Assemblée nationale et leur promulgation par le président de la République ? Nous n’avons pas à les rendre illégitimes, parce que le refus du peuple a détruit leur légitimité ! C’est en même temps l’une des conditions qui créent le besoin d’insurrection.

      Quelle insurrection peut-elle avoir lieu ? Il n’y a que deux possibilités : ou bien elle sera pacifique, ou bien elle mettra la violence en œuvre.

      Si elle met la violence ouverte dans la panoplie de ses moyens offensifs, alors la grande bourgeoisie mettra en œuvre contre elle tous les moyens de la violence de l’Etat conjugués aux moyens de violence propres à la bourgeoisie, dont certains sont strictement économiques et d’autres sont para-policiers et para-militaires, d’ailleurs illégaux et contraires à la constitution : en résumé, tous les moyens fascistes de la violence.

      Si l’insurrection fonde son offensive sur les droits des travailleurs et de leurs alliés, s’abstient de prendre l’initiative de la violence, et restreignant l’usage de la violence à la défense des membres du peuple contre la violence, directe ou téléguidée, de la grande bourgeoisie, elle sera pacifique ; elle peut alors réussir, et mon intervention du 20 octobre 2 010 ne dit rien d’autre que ce que sont à mon avis les conditions d’une insurrection pacifique ; en la matière, la seule chose qui dépend de nous, ce sont les moyens de notre lutte.

      Quant à savoir ce que deviendra le gouvernement bourgeois, si nous pourrons ou non le remplacer par un gouvernement populaire, vous m’excuserez, mais je ne lis pas dans le marc de café : je dis seulement que parmi les femmes et les hommes qui ont l’ambition de servir le peuple travailleur, nul n’a le droit d’interdire au mouvement populaire de renverser un gouvernement attaché à réprimer les droits du peuple !

    • Je conclus mon message précédent : je crois avoir dit ce que je considère comme l’essentiel, il faut maintenant que chacun réfléchisse et fasse avancer ses positions ; désormais, je lis ce que disent les autres, à la recherche de ce que leurs contributions apportent aussi d’essentiel. Cordialement à tous !
    • Il est bien évident que le problème n’est en aucun cas circonscrit à la seule réforme des retraites ; mais concerne les fondements même de La République.

      Le mouvement d’aujourd’hui se caractérise par une conscience clairement exprimée des liens entre les différents "phénomènes" sociaux, économiques et culturels et c’est pour cela qu’il fait sens au delà de nos frontières et qu’il trouve force et cohésion dans la durée. Le peuple est en train de redonner du sens à son histoire, du devenir à sa vie.

      La réforme de la sécurité sociale est en marche...Devrions nous nous priver de cette formidable opportunité d’enfin remettre à plat toute la géographie politique ? Non, en aucun cas ; car alors le désespoir serait immense et mortifère.

      Nous avons besoin de SENS et le sens naît de la capacité à lier, relier les phénomènes et non de l’atomisation de la pensée, entretenue par une idéologie schizophrénique (comme l’avait bien repéré Gilles Deleuze dans Mille plateaux).

      Voilà pourquoi ce mouvement se doit de poser le problème de fond qui concerne une féroce inégalité, invivable, délétère, violente, déprimante qui n’entretient que des passions tristes et sans lendemain.

      Valérie.


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