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Christine Angot dans « On n’est pas couché » : Résilience ! Résilience
Valentin Martin

vendredi 6 octobre 2017, par Comité Valmy


Voir en ligne : « Bien sûr que Christine Angot va rester chroniqueuse » : la direction de France 2 a tranché - Russia Today

Christine Angot dans
« On n’est pas couché » : Résilience ! Résilience !

L’affaire aura déclenché les passions : crises d’hystérie, censure, pétitions, demande de mise à pied, appel au CSA, intervention d’un ministère.

Qu’a donc dit Mme Angot ?

Elle a reproché à Mme Sandrine Rousseau, victime d’une agression sexuelle par un député Vert (un vert député), de trop en faire, et lui a enseigné la seule marche à suivre dans de telles circonstances : « on se débrouille ! ».

Mme Angot ne faisait pourtant que reprendre un concept très à la mode parmi nos dirigeants : celui de Résilience.

Une femme est violée ? Qu’elle se débrouille.

Un enfant est maltraité ? Qu’il se débrouille.

Un homme est spolié ? Qu’il se débrouille.

Un employé est exploité ? Qu’il se débrouille.

Une foule est attaquée ? Qu’elle se débrouille.

Un peuple est tyrannisé ? Qu’il se débrouille.

Là où nos ancêtres révoltés par l’injustice unissaient leurs voix pour crier : « Résistance ! Résistance ! », nos intellectuels modernes nous invitent donc à crier : « Résilience ! Résilience ! »

Borik Cyrulnik dans Un Merveilleux Malheur présente ce charmant concept. La résilience est la « capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comportent normalement le risque grave d’une issue négative ». Il faut, selon lui, suivre les Anglo-saxon qui « répètent l’optimisme à chaque génération comme un credo : « I have, I am, I can ». Son chapitre intitulé « La maltraitance, une idée neuve » se développe notamment autour du thème : « je plains ceux qui ont eu une enfance heureuse : ils n’ont rien eu à surmonter. » (1)

Samedi 30 septembre, de nombreux téléspectateurs ont aperçu toute la violence que pouvait comporter cette notion de « résilience », appliquée aux hommes et aux femmes. Ce n’était qu’un avant-goût. Cette année la CIA faisait paraître un rapport public sur l’avenir de l’humanité intitulé Le Monde en 2035. En conclusion du rapport, le rédacteur préconise l’abandon des indicateurs traditionnels de prospérité des sociétés pour leur substituer des indicateurs d’évaluation de « résilience ». (2)

(1) Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, Odile Jacob, 1999, Paris.
(2) Le monde en 2035 vu par la CIA, préface d’Adrien Jaulmes, Equateurs documents, 2017. « Evaluer la résilience d’un Etat. Cet indicateur deviendra bien plus fiable que les méthodes d’analyses traditionnelles pour réussir à surmonter le chaos et les perturbations futures. » (p.111)

Valentin Martin
3 octobre 2017


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