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Point de vue

« A droite, le temps n’est plus à la recomposition
mais à la reconstruction »
Par Bertrand Soubelet

jeudi 28 septembre 2017, par Comité Valmy


« A droite, le temps n’est plus à la recomposition
mais à la reconstruction »

TRIBUNE - C’est un champ de ruines politiques qui s’ouvre pour la droite à l’aube de ce quinquennat, estime Bertrand Soubelet. Celle-ci doit reforger une vision du pays afin de redonner envie aux Français de croire en l’avenir.

Général de corps d’armée, ex-numéro trois de la gendarmerie nationale, Bertrand Soubelet est l’auteur de Tout ce qu’il ne faut pas dire (Plon), ouvrage sans concessions sur la situation de la France, et Sans autorité, quelle liberté ? (éd. de l’Observatoire, 2017).

L’échiquier politique français a subi depuis quelques mois des secousses telluriques qui ont conduit à une situation inédite. L’usure des partis traditionnels, l’inadéquation de leur fonctionnement à la vie politique moderne parachevée par le tour de force d’En Marche, ont conduit à la déstructuration durable du paysage politique.

Au Parti socialiste les dissensions historiques ont accéléré la chute avec le résultat que l’on connaît à l’élection présidentielle.

À droite, la déconfiture des Républicains a pris une dimension nouvelle avec l’apparition de la tendance des « constructifs » à l’Assemblée nationale. Elle couronne la crise de la droite et du centre.

Quelles perspectives pour une droite
qui ne sait plus dire ce qu’elle est, n’ose pas
affirmer ses convictions, ni défendre une vision ?

La dernière phase de la décomposition du paysage politique français est « en marche »...

Le prochain épisode sera celui de l’élection sans surprise du président du mouvement des Républicains. L’issue du scrutin n’a guère importance, car la légitimité d’un parti qui compte moins de cent mille adhérents à jour de leur cotisation, a disparu depuis bien longtemps.

Les initiatives individuelles se multiplient, les uns pour se démarquer, les autres essaient de rassembler des militants ou des fans. Mais dans le même temps, les Français désertent chaque jour davantage la politique parce qu’ils ne croient plus en ceux qui étaient les mieux placés pour « faire changer les choses ».

Alors quelles perspectives pour une droite qui ne sait plus dire ce qu’elle est, n’ose pas affirmer ses convictions, ni défendre une vision ?

Elles sont bien minces.

C’est sur un champ de ruines politiques que s’ouvre ce quinquennat.

Le naturel a beau revenir au galop, le temps des alliances électoralistes et des calculs improbables qui ont prévalu jusqu’ici est désormais derrière nous.

A droite, les Français n’attendent quasiment plus rien d’une classe politique qui n’a jamais répondu à leurs appels, pour le plus grand bonheur du FN.

Vouloir ou essayer de « recomposer la droite »
est un objectif qui n’en est pas un et une idée
dénuée de sens. C’est même une attitude suicidaire
qui correspond à un logiciel ancien.

Vouloir ou essayer de « recomposer la droite » est un objectif qui n’en est pas un et une idée dénuée de sens. C’est même une attitude suicidaire qui correspond à un logiciel ancien. Il n’y a pas pire chimère que de vouloir faire du neuf avec du vieux.

Aujourd’hui, l’essentiel est de proposer une vision de la société fondée sur des priorités et une méthode sérieuse. Une vision permettant de traiter avant tout les sujets qui intéressent les Français et qui leur donne un espoir, une perspective d’aller vers davantage de prospérité et d’harmonie. En trois mots : croire en l’avenir.

Désigner les objectifs prioritaires, indiquer les moyens pour y parvenir et surtout, le cadre dans lequel toutes les actions doivent s’inscrire, voilà le socle incontournable.

Ce cadre est celui d’un référentiel différent qui privilégie l’audace aux faux-semblants, une gouvernance stable aux calculs politiciens, le sérieux des choix raisonnés à la logique comptable, la recherche de la prospérité à la croissance et la fermeté plutôt que le laxisme.

Les Français attendent de la « droite » qu’elle se positionne sur des sujets importants qui permettent à une société de préparer l’avenir, car la politique est avant tout la stratégie du temps long. Mais on ne peut rien construire de pérenne sans que les fondations soient solides. Elles reposent avant tout sur la clarté et le respect des règles et des lois à tous les étages de la société, pour peu qu’elles soient justes, utiles et applicables.

Les partis de la droite et du centre n’ont jamais compris cela, aveuglés par leurs manœuvres politiciennes et l’influence du « prêt à penser » de la gauche.

Lâcheté et refus de la réalité ont trop longtemps prévalu.

Ceux qui proposeront de sortir du déni, avec une vision de notre avenir commun fondée sur un programme solide, avec la préoccupation permanente d’anticiper,
auront des chances d’être au rendez-vous.

Dès lors, ceux qui proposeront de sortir du déni, avec une vision de notre avenir commun fondée sur un programme solide, la restauration de l’ordre et de l’autorité, avec la préoccupation permanente d’anticiper l’avenir, auront des chances d’être au rendez-vous.

Personne ne pourra recomposer quoi que ce soit. Nous n’en sommes plus là.

Après la démolition, il est nécessaire de bâtir « autre chose » avec d’autres promoteurs, un nouvel architecte, des plans différents, des matériaux innovants et des équipes motivées au cœur des territoires.

Il faudra de l’ambition pour la France, de l’écoute pour construire, du courage pour agir, et de la détermination pour donner et garder le cap de la réussite collective.

Cette énergie, cette volonté, cet esprit conquérant fondés sur la modernité ne sont actuellement pas perceptibles dans les rangs de ceux qui devraient logiquement constituer l’opposition à la politique du gouvernement. Une politique beaucoup trop marquée par la communication et qui ne peut pas se résumer aux images et aux déclarations d’intention.

La seule opposition audible est celle de la France insoumise. C’est dire la pauvreté du débat et le manque d’ambition !

Une opposition de droite ne pourra exister dans notre paysage politique que si elle affiche des objectifs clairs, et répond aux défis qui se présentent à notre pays, avec des structures et une approche respectueuse des Français.

Nous n’avons pas vu cela depuis fort longtemps, et les messages envoyés par les élus à l’occasion des sénatoriales ne laissent que peu d’espoir.

Une vraie droite moderne doit se battre pour
préserver et protéger ce qui nous a été transmis
et qui mérite de l’être : nos racines,
notre culture, la liberté, l’égalité, la fraternité.

Une vraie droite moderne doit se battre pour préserver et protéger ce qui nous a été transmis et qui mérite de l’être : nos racines, notre culture, la liberté, l’égalité, la fraternité, mais aussi un bien très précieux : une planète en état ! C’est un conservatisme humaniste. Il va de pair avec l’ouverture sur le monde et sur l’avenir qui doit être préparé avec un plus grand sens de l’anticipation et de la responsabilité.

Le champ des possibles est désormais ouvert car en dépit de la désaffection des Français pour la politique les attentes sont immenses. Il est temps de leur redonner le goût d’une France fière de ce qu’elle est, soucieuse d’aider chacun à prendre la place qu’il mérite par ses efforts et surtout respectueuse des oubliés.

En matière de politique, il y a des références incontournables. Ainsi Nelson Mandela qui, en dépit de ses 27 années de prison, n’a cessé de vouloir réconcilier son peuple. Nos leaders politiques feraient bien de méditer son message :

« Pour connaître le succès en politique il faut amener les gens à partager avec confiance vos opinions, et donc il faut s’exprimer très clairement, très poliment, très calmement, mais avec une honnêteté totale ». »

Voilà la feuille de route de ceux qui ambitionnent de servir leur pays, tout particulièrement à droite.

Il reste du chemin…

Bertrand Soubelet
26 septembre 2017


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