COMITE VALMY

Accueil du site > - EURO DICTATURE OCCIDENTALISTE et OTAN : En sortir pour s’en (...) > La crise coréenne est le résultat de notre politique unicentrée par Karine (...)

La crise coréenne est
le résultat de notre politique unicentrée
par Karine Bechet-Golovko

mercredi 20 septembre 2017, par Comité Valmy


La crise coréenne est le résultat
de notre politique unicentrée

La crise mondiale qui ne cesse de prendre de l’ampleur autour de la Corée du Nord est l’enfant terrible de notre système géopolitique post-guerre froide, unicentré et totalitaire. Unicentré car seuls les Etats Unis sont reconnus comme centre politique dominant. Et totalitaire car non seulement aucune alternative acceptable n’est envisageable à cette vision du monde, mais l’idéologie qui le sous-tend doit être intégrée au plus profond de l’homme post-moderne. Or, la Corée du Nord ne joue pas le jeu, elle est l’un des derniers petits Etats à ne pas vouloir du néolibéralisme atlantiste et de la domination militaire, comprenant très bien qu’il s’agit d’une guerre à mort. En tout cas pour elle.
Malgré les différentes résolutions de l’ONU appelant à durcir les sanctions contre la population nord-coréenne pour qu’elle se révolte contre la politique de son dirigeant, le pays continue de renforcer son programme militaire et démontre régulièrement ses avancées par des tirs de missiles, dont le dernier du 15 septembre a atteint les 770 km de hauteur et 3700 km de distance nécessaires à couvrir la zone de la base américaine de Guam, comme la Corée du Nord l’avait annoncée.

En réponse à cela, la Corée du Sud a envoyé deux missiles, lors de manoeuvres impromptues :

Pour leur part, les Etats Unis continuent à mettre de l’huile sur le feu, annonçant de grandes manoeuvres militaires avec la Corée du Sud, où ils enverront un porte-avion. et insistant sur la possibilité d’une option militaire, voulant manifestement oublier comment s’est terminée la dernière guerre de Corée ...

Ainsi, l’ambassadrise américaine à l’ONU, Nikki Haley, déclare :

Si la Corée du Nord poursuit son comportement irresponsable, si les États-Unis doivent se défendre ou défendre leurs alliés de quelque façon que ce soit, la Corée du Nord sera détruite et nous savons tous que personne ne le souhaite.

L’option militaire est clairement affirmée aux différents niveaux de l’Etat :

Le Sécrétaire à la Défense est prêt et Haley est impatiente de lui passer la main. Comme on peut le lire sur CNN :

Haley emphasized that Defense Secretary James Mattis has an array of options to destroy the nation of some 25 million people.

25 millions, un détail. Rayer de la carte 25 millions de personnes. Et l’envisager si facilement. A ce niveau, c’est de la barbarie.

Pour sa part, R. Tillerson, à la tête du Département d’Etat, confirme sur CBS en quelque sorte l’échec de la diplomatie américaine :

"If our diplomatic efforts fail though, our military option will be the only one left"

Dans l’impasse de l’inefficacité de leur politique hystérique de sanctions et de menaces, les Etats Unis s’en prennent à la Russie et à la Chine, qui pourtant condamnent les essais nord-coréens et ont finalement voté des sanctions totalement inutiles. Ils estiment que ces pays, influents sur la Corée du Nord, ne jouent pas leur rôle pour éteindre l’incendie - allumé par la politique américaine. La Chine a réagi en remettant les choses en place : ce sont ceux qui allument les incendies qui doivent les éteindre.

"Si une solution pacifique doit être trouvée, les Etats-Unis doivent cesser les menaces contre le leader Nord-Coréen”, a affirmé l’ambassadeur de Chine à Washington Cui Tiankei, ajoutant : “Ils doivent s’abstenir de proférer de nouvelles menaces et faire plus d’efforts pour trouver un moyen effectif de reprendre le dialogue et la négociation”.

La question qui vient à l’esprit est pourquoi la Corée du Nord se conduit-elle ainsi ? Parce qu’elle ne veut pas finir comme l’Irak ou la Lybie ou les autres pays "libérés" et "démocratisés" par les Etats Unis et leurs pays satellites. Kim Jong-un l’a clairement affirmé :

Notre but final est d’arriver à un équilibre total des forces avec les Etats-Unis et faire en sorte que les leaders américains ne puissent plus se permettre d’évoquer l’option militaire

Il est vrai qu’aucun Etat possédant l’arme atomique ne peut être dans la ligne de mire d’une opération militaire américaine. C’est triste d’en arriver là.

La balle est dans le clan américain : soit pousser l’escalade jusqu’au conflit armé direct, puisqu’ils déclarent que le Conseil de sécurité de l’ONU est dépassé, conflit pourvant déborder la région avec le jeu des alliances ; soit commencer une désescalade en donnant des garanties de non agression.

Or, dans un monde médiatique tel qu’est le nôtre, où les guerres se jouent autant par communiqués de presse et sur twitter que sur le terrain, une telle annonce serait une défaite. Perdre une guerre avant même d’avoir tiré. Les Etats Unis auront-ils la sagesse de savoir perdre pour préserver la paix ? C’est certainement leur demander beaucoup trop de hauteur de vue.

Karine Bechet-Golovko
lundi 18 septembre 2017

Russie politics


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette