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L’ennemi commun des peuples

La « Guerre Civile » américaine et l’esclavage…
Par Paul Craig Roberts

vendredi 1er septembre 2017, par Comité Valmy


La « Guerre Civile » américaine et l’esclavage…

Comment nous savons que la soi-disant « guerre civile »
n’avait rien à voir avec l’esclavage

Lorsque j’ai lu l’article du Professeur Thomas DiLorenzo, la question qui m’est venue à l’esprit était «  Comment le Sud aurait-il pu lutter pour l’esclavage alors que le Nord ne luttait pas contre ? »

Deux jours avant l’investiture de Lincoln en tant que 16e président, le Congrès, composé uniquement des États du Nord, a adopté de manière écrasante le 2 mars 1861, l’amendement Corwin qui a accordé une protection constitutionnelle à l’esclavage. Lincoln a approuvé l’amendement dans son discours inaugural en disant : « Je n’ai aucune objection à ce qu’il soit rendu express et irrévocable. »

De toute évidence, le Nord n’était pas prêt à partir en guerre pour mettre fin à l’esclavage quand, à la veille de la guerre, le Congrès américain et le prochain président étaient en train de rendre inconstitutionnelle l’abolition de l’esclavage.

Nous avons ici la preuve totale, absolue, que le Nord voulait que le Sud soit maintenu dans l’Union, beaucoup plus qu’il ne voulait abolir l’esclavage.

Si la vraie préoccupation du Sud était de maintenir l’esclavage, il n’aurait pas refusé la protection constitutionnelle de celui-ci, qui lui était offerte sur un plat d’argent par le Congrès et le Président. De toute évidence, pour le Sud, le problème n’était pas l’esclavage.

Le véritable problème entre le Nord et le Sud ne pouvait pas être réglé en accommodant l’esclavage. La vraie question était économique, comme le disent DiLorenzo, Charles Beard et d’autres historiens. Le Nord a offert de préserver l’esclavage irrévocablement, mais le Nord n’a pas offert d’abandonner les tarifs élevés et les politiques économiques que le Sud considérait comme hostiles à ses intérêts.

Blâmer la guerre au nom de la lutte contre l’esclavage était la manière dont les historiens, courtisans du Nord, utilisaient la morale pour couvrir la pure agression de Lincoln et les crimes de guerre de ses généraux. Diaboliser l’ennemi avec un discours moral profite au vainqueur. Et cela continue aujourd’hui. Nous voyons dans la destruction des statues la détermination à renvoyer les symboles restants de la Confédération dans la poubelle de l’Histoire.

Aujourd’hui, les imbéciles ignorants, entièrement hallucinés par les politiques identitaires, exigent l’élimination des monuments à la mémoire de Robert E. Lee, un raciste présumé contre lequel ils expriment une haine violente. Cela représente un paradoxe massif. Robert E. Lee a été la première personne à avoir commandé les armées de l’Union [avant la guerre civile, NdT]. Comment un « raciste du Sud » a-t-il pu obtenir le commandement de l’armée de l’Union, si celle-ci allait en guerre pour libérer les esclaves noirs ?

La Virginie ne s’est séparée que le 17 avril 1861, deux jours après que Lincoln ait rameuté les troupes pour l’invasion du Sud.

Certes, il doit y avoir un point d’ancrage quelque part que les historiens courtisans malhonnêtes peuvent utiliser pour soutenir que la guerre avait pour cause l’esclavage. Mais ce n’est pas une tâche facile. Seule une petite minorité de Sudistes possédait des esclaves. Les esclaves ont été amenés au Nouveau Monde par les Européens, en tant que force de travail, longtemps avant l’existence des États-Unis et des États du Sud afin que les terres abondantes puissent être exploitées. Pour les Sudistes, l’esclavage était une institution héréditaire qui précédait l’existence du Sud [dans la confédération, NdT]. Les journaux et les lettres des soldats qui se battaient pour la Confédération ou pour l’Union ne fournissent aucune preuve que les soldats luttaient pour ou contre l’esclavage. L’historien de Princeton, lauréat du prix Pulitzer, lauréat du prix Lincoln, président de l’American Historical Association et membre du comité de rédaction de Encyclopedia Britannica, James M. McPherson, dans son livre basé sur la correspondance de mille soldats des deux côtés, intitulé «  Ce pour quoi ils luttèrent de 1861 à 1865 », rapporte qu’ils se sont battus pour deux interprétations différentes de la Constitution.

En ce qui concerne la « Proclamation de l’émancipation », du côté de l’Union, les officiers de l’armée craignaient la désertion des troupes si cette Proclamation leur donnait l’impression qu’ils étaient tués et mutilés pour la cause des Noirs. C’est pourquoi Lincoln a souligné que la proclamation était une «  mesure de guerre » pour provoquer une rébellion des esclaves qui aurait dégarni les premières lignes des troupes du Sud.

Si nous regardons avec attention, nous pouvons trouver un argument bidon [en faveur de la thèse de l’esclavage cause de la guerre, NdT] dans la Déclaration des Causes de la Sécession de la Caroline du Sud (20 décembre 1860) tant que nous ignorons le raisonnement développé par le document. L’élection de Lincoln a entraîné la sécession de la Caroline du Sud. Au cours de sa campagne pour la présidence, Lincoln a utilisé la rhétorique des abolitionnistes pour attirer leurs votes – les abolitionnistes voulaient que l’esclavage soit aboli pour des raisons morales, bien qu’il soit parfois difficile de voir leur moralité au travers de leur haine, mais ils n’ont jamais contrôlé le gouvernement.

La Caroline du Sud a vu dans la rhétorique électorale de Lincoln l’intention de violer la Constitution des États-Unis, qui était un accord volontaire, et qui reconnaissait chaque État comme un État libre et indépendant. Après avoir fourni un historique qui soutenait la position de la Caroline du Sud, le document indique que pour supprimer tout doute quant à la souveraineté des États « un amendement a été ajouté déclarant que les pouvoirs qui ne sont pas délégués aux États-Unis par la Constitution, ni interdits par elle aux États, sont réservés respectivement aux États, ou aux personnes ».

La Caroline du Sud considérait l’esclavage comme un prétexte utilisé par le Nord pour violer la souveraineté des États et pour centraliser davantage le pouvoir à Washington. Le document de sécession fait valoir que le Nord, qui contrôlait le gouvernement américain, avait rompu le pacte sur lequel repose l’Union et, par conséquent, avait rendu l’Union nulle et non avenue. Par exemple, la Caroline du Sud soulignait l’article 4 de la Constitution des États-Unis, qui se lit comme suit : « Aucune personne détenue ou travaillant dans un seul État, en vertu de ses lois, et s’échappant dans un autre [État], ne doit, en conséquence et quelle que soit la loi ou le règlement [de cet autre État], y être déchargée de ce service ou travail, et doit être remise, sur demande, à la partie à laquelle un tel service ou travail peut être dû. » Les États du Nord avaient adopté des lois qui annulaient les lois fédérales soutenant cet article du pacte [constitutionnel]. Ainsi, les États du Nord ont délibérément rompu le pacte sur lequel l’union a été formée.

L’implication évidente était que tous les aspects des droits des États protégés par le 10e amendement pourraient maintenant être violés. Et, avec le temps, cela s’est produit, donc l’appréciation de la situation par la Caroline du Sud était correcte.

Le document de sécession se lit comme une défense des pouvoirs des États et non comme une défense de l’esclavage.

Voici le document. Lisez-le et tirez vos conclusions.

Un historien courtisan, déterminé à détourner l’attention de la destruction, par le Nord, de la Constitution des États-Unis et des crimes de guerre qui ont accompagné cette destruction, va s’emparer de l’argument de l’esclavage en Caroline du Sud comme raison pour laquelle le Nord a subverti la Constitution. Le raisonnement de l’historien courtisan est que, puisque la Caroline du Sud a fait des histoires à propos de l’esclavage, l’esclavage doit être la cause de la guerre.

Comme la Caroline du Sud a été la première à se séparer, son document de sécession a probablement été un modèle pour d’autres États. Si c’est le cas, c’est la voie par laquelle les historiens courtisans, c’est-à-dire ceux qui maquillent l’histoire, transforment la guerre de sécession en guerre contre l’esclavage.

Une fois que les gens se sont laissé laver le cerveau, surtout si c’est par une propagande qui sert le pouvoir, ils sont plus ou moins perdus pour toujours. Il est extrêmement difficile de les amener à la vérité. Il suffit de regarder la douleur et la souffrance infligées à l’historien David Irving pour documenter la vérité sur les crimes de guerre commis par les alliés contre les Allemands. Il ne fait aucun doute qu’il a raison, mais la vérité est inacceptable.

C’est le cas de la Guerre d’agression du Nord. Les mensonges travestis en vérité historique ont été institutionnalisés depuis cent cinquante ans. Un mensonge institutionnalisé est très résistant à la vérité.

L’éducation s’est tellement détériorée aux États-Unis que beaucoup de gens ne peuvent plus distinguer entre une explication, une excuse ou une justification. Aux États-Unis, la dénonciation orchestrée d’un objet de haine est un chemin plus sûr pour un écrivain que l’explication. La vérité en est la victime.

La vérité est si rare partout dans le monde occidental, c’est pourquoi l’Occident est condamné. Les États-Unis, par exemple, ont une population entière qui ignore totalement sa propre histoire.

Comme George Orwell l’a déclaré, la meilleure façon de détruire un peuple est de détruire son histoire.

Apparemment, même les Asiatiques peuvent être des suprématistes blancs s’ils se nomment Robert Lee.

En effet, ESPN [une chaîne de télévision sportive américaine] a empêché un asiatique américain nommé Robert Lee – Lee est un nom commun parmi les Asiatiques, par exemple, Bruce Lee – d’annoncer le match de foot de l’Université de Virginie / Wiliam & Mary à Charlottesville ce samedi en raison de son nom.

Paul Craig Roberts
– Le 23 août 2017

Traduction : le Saker francophone

– Source IPE


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