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S’affliger des effets
tout en adorant les causes !
Par Jean-Yves Jézéquel

mardi 29 août 2017, par Comité Valmy


S’affliger des effets
tout en adorant les causes !

Comment expliquer l’existence avérée de ces légions d’individus qui peuplent la société occidentale, l’encombrent, l’alourdissent et surprennent l’observateur attentif par leur absence étrange d’esprit critique, un minimum d’information objective sans même espérer de leur part attendre les signes d’une réelle connaissance sur de nombreux sujets, comme tous ceux qui influencent la vie sociale et les choix politiques réalisés pour une vie en commun devenue ainsi suffocante ?!

Un premier exemple : l’ignorance est phénoménale lorsqu’on entend s’exprimer un grand nombre de personnes sur la question du terrorisme. Comment les personnes peuvent-elles se contenter de répéter « sincèrement » le discours ambiant convenu « officiel », sur le sujet, en estimant qu’elles savent vraiment de quoi elles parlent ? Pourquoi ne cherchent-elles pas à se documenter en lisant des études de critique historique qui ont confronté les informations et les sources sur le sujet, sachant bien que ce type d’informations est difficile à trouver ? Pour savoir quelque chose de cohérent sur ce sujet, il faut avoir travaillé sérieusement la question et fouillé la documentation qui existe mais qu’il faut aller chercher à la sueur d’un travail assidu…

Dès que vous abordez la question du terrorisme avec le grand nombre, vous tombez systématiquement sur un immense mur d’ignorance s’affirmant pourtant comme son contraire. Aucun dialogue n’est alors possible car la « conviction » s’est transformée, du fait de l’ignorance réelle, en « certitude ».

Une conviction, par définition, peut évoluer avec la connaissance et l’expérience, puis avec la réflexion et l’échange. La conviction est relative à un moment donné de l’existence d’une personne qui s’est faite une opinion avec les éléments à sa disposition. En revanche, une certitude est un positionnement qui ne tolère pas le doute, la remise en cause, la critique, l’évolution d’une pensée, d’un savoir, d’une expérience… La certitude est par définition sectaire, dogmatique, non discutable, non relative, intolérante. Ajoutons que le côté borné de la certitude dépend toujours d’une ignorance dont le statut est lié à la subjectivité, aux a priori culturels, politiques, sociaux, éducatifs, psychologiques…

Le grand nombre estime bel et bien, comme le Pouvoir l’a efficacement fait comprendre, qu’il est interdit de se poser des questions sur le sens, sur l’invraisemblable, sur les incohérences du discours officiel concernant les épisodes terroristes. Dès que quelqu’un fait preuve de sens critique sur le sujet, il s’attaque en réalité au principe de « l’innocence » du Pouvoir et cela est blasphématoire. Voilà pourquoi, le grand nombre se dit « choqué » et recourt aussitôt à l’accusation de « complotisme » ou pense que toute interrogation sur le sujet relève du « délire » de gens dérangés ! Chacun pense : « je ne peux pas avoir raison face à la raison de l’Etat ». Je me soumets, par conséquent, à tout ce que me dit l’Etat. Cette ignorance volontaire a le don d’engendrer dans un premier temps, la sidération et dans un deuxième temps, le désappointement et finalement chez l’observateur, une peine pour l’humanité.

Personnellement, il m’a fallu cinq ans de travail assidu, quotidien, pour arriver à y voir clair dans cet embrouillamini de la question terroriste ! J’imagine que ces légions de manipulés, ne sachant pas du tout de quoi elles parlent lorsqu’elles s’expriment sur le terrorisme pris en premier exemple, sont absolument convaincues de « connaître » la question, de savoir et d’être bien informées alors qu’elles n’ont certainement pas pris tout ce temps pour construire une connaissance digne de ce nom ! Il est évident que le récit convenu des médias de masse sur le terrorisme est aux antipodes de la réalité et qu’en aucun cas il est possible d’apprendre quelque chose de valable sur le sujet à travers eux !

Un deuxième exemple : concernant Cuba et Fidel Castro, le Venezuela et Hugo Chavez, Maduro, la Bolivie et Evo Morales et en général les pays d’Amérique Latine concernés par la Révolution Bolivarienne et Sandiniste, là on atteint des sommets dans l’étalage de l’ignorance. Vous rencontrez des bataillons d’individus qui se croient réellement informés en reproduisant tranquillement le discours convenu ambiant sur ces thèmes. Ils n’hésitent même pas à affirmer haut et fort des « certitudes », ne souffrant aucun doute par définition, et pourtant entièrement construites sur la manipulation journalistique habituelle, sans le moindre esprit critique, sans le moindre regard capable de prendre les distances nécessaires à l’objectivité !

Si vous demandez encore à ces gens-là quelles études scientifiques de recherche universitaire en politique et en histoire elles ont étudiées sur tous ces thèmes concernant l’Amérique Latine, pour se faire une opinion réellement documentée, informée, qui tienne la route, vous découvrez systématiquement qu’il n’y a pas d’étude, de lecture attentive de ces travaux, une consultation réelle de l’information analysée sérieusement par la recherche universitaire. 99 fois sur 100, vous avez en face de vous des gens qui se croient très sincèrement informés sur l’Amérique Latine en se contentant « étrangement » de répercuter le parti pris du journalisme de masse, qu’ils savent pourtant aux mains des milliardaires politiquement néo conservateurs et idéologiquement ultra libéraux protégeant leur business en faisant la pluie et le beau temps sur la marche de la société dressée par le psittacisme incantatoire du conditionnement de la pensée unique…

Qu’est-ce qui explique ce manque de sérieux, ce manque d’objectivité, puisque en réalité ce que cette « information » ambiante délivre sur l’Amérique Latine non alignée sur l’idéologie ultra libérale du fascisme occidental, s’avère être aux antipodes de la « vérité » historique et factuelle ? Pourtant ces gens qui parlent sans hésiter négativement sur Cuba, le Venezuela et leurs grandes figures historiques etc… sont absolument convaincus qu’ils sont informés, même en avouant n’avoir jamais lu les nombreuses études historiques et politiques qui existent et qui sont publiées par les Universités du monde entier, contredisant formellement tout ce qui se dit habituellement dans les medias de masse ! Comment expliquer cette invraisemblable légèreté ou la superficialité de certains individus, généralement les privilégiés du système, qui peuvent se contenter d’une vision approximative concernant ces choses d’importance majeure ? Comment expliquer cet amateurisme ou la « servitude volontaire » qu’ils prennent pour de la compétence ? Pourtant, tous ces gens sont aussi contradictoirement capables de décrier les effets dévastateurs de l’idéologie fasciste ultra libérale, sans toucher ni de près ni de loin à l’idéologie elle-même, d’ailleurs généralement non reconnue comme telle !

Qui va prendre le temps d’aller consulter des études documentées sur ces sujets ? Qui va prendre le temps d’aller à la pêche à l’information donnée par des réseaux indépendants de journalistes d’investigation ou par des chercheurs en sciences politiques ? Personne ou du moins un très petit nombre. Car le système a fait en sorte que les individus soient démesurément absorbés par les soucis de la vie, l’obligation du travail toujours considéré comme « pénal » dans la culture judéo-chrétienne qui est la nôtre, des multiples contraintes de l’existence ultra contrôlée des personnes sous haute surveillance ou entraînées dans le processus du divertissement. Les leurres sont nombreux et omniprésents ; le divertissement est omniprésent ; l’attention est constamment attirée sur les objets de substitution. On capte l’attention des masses pour les empêcher d’avoir le temps d’aller fouiller l’information. On ne voudrait surtout pas qu’elles puissent devenir capables de comparer, de confronter les éléments à considérer, ni même leur donner les outils d’analyse, car elles se feraient alors leur propre opinion en évitant ainsi la manipulation globale qui est orchestrée depuis les rédactions ou les productions de télévisions et les cabinets ministériels. Le temps doit être compté pour le citoyen lambda. Il ne faut pas lui donner l’occasion de se pencher attentivement sur la réalité. Il faut même lui enlever cette envie ! Les « breaking news » sont pour cela un moyen efficace de voler constamment le temps nécessaire donné aux individus pour un vrai travail d’information… L’individu est obligé de survoler constamment les faits sans jamais avoir le temps nécessaire pour vérifier la solidité de ce qui est déballé en permanence sur les tables d’une information « fast food ».

Le système de dressage dominant traite sérieusement, en ce moment, du moyen de filtrer toute l’information circulant sur Internet de telle sorte que sera uniquement autorisée l’information « conforme » à la divulgation normative des news considérées comme étant « vraies » par ce système lui-même, prétendant ainsi, sans vergogne, être capable de cette « objectivité » exemplaire indiscutable ! Nous sommes déjà bien avancés dans le monde « Orwellien » du contrôle absolu de la conscience et de l’intelligence des individus ne cherchant même plus à savoir où est la réalité et la connaissance objective !

Un troisième exemple : concernant la Russie, la Syrie, l’Iran, l’OTAN, les USA, c’est la même chose ! Je tombe chaque fois des nues lorsque j’entends la plupart des gens s’exprimer sur ces sujets ! Un grand nombre gobe vraiment la propagande et continue de se positionner dans la « croyance » en l’innocence de ces pouvoirs pourtant prédateurs, puisque fondés sur le principe du profit pour le profit ! Le parti pris, la « certitude » encore une fois ne souffrant aucune critique, le positionnement « allant de soi », convenu, indiscutable, entendu, décrété, sans appel, sur ces sujets majeurs de la vie sociétale actuelle, est un chef-d’œuvre d’ignorance absolument accablant ! Mais c’est ainsi, des légions de personnes bien-pensantes, sont absolument persuadées que le discours ambiant « officiel » est la vérité à prendre au premier degré sans le moindre esprit critique objectif.

Encore une fois, si vous leur demandez quelles études de recherche universitaire historique et politique elles ont étudiées pour se faire une opinion qui tienne la route, vous avez la même réponse : pas le temps d’aller lire des études documentées sur ces sujets, l’information courante doit être suffisante !

Sur chacun de ces trois sujets pris en exemple, j’ai étudié au moins une demie douzaine d’études universitaires et pour certains d’entre eux plus d’une vingtaine de publications documentées. J’estime que c’est là un minimum. Or, ce minimum n’est jamais assuré dans les choix réalisés par les personnes pour s’informer.

Ce qui veut donc dire que tous ces gens parlent sans savoir vraiment de quoi ils parlent. Ils sont dans l’ignorance en pensant être dans la connaissance. Ils répètent un discours qui est manipulé et deviennent donc eux-mêmes sans le savoir des manipulateurs. Le résultat sur la société est catastrophique : on assiste à une régression spectaculaire dans tous les domaines et c’est la raison pour laquelle la logique de guerre et de destruction devient la seule alternative possible à ce monde enfermé dans le mensonge de la « post vérité » présentée comme le cheval de bataille d’un « axe du bien » partant en croisades contre un « axe du mal » !

Ce monde auquel préside l’illusion : le monde des « imbéciles heureux », comme les nommait un penseur français du XXème siècle, va se transformer brutalement en un monde de « crétins malheureux », pour les seuls survivants s’il y en a, lorsque le désert des cendres radio actives aura remplacé le pré carré des privilégiés du système ultra libéral. Une minorité de 20% de la population s’arrangeant pour devenir une « majorité » par le truchement des procédés électoraux intentionnellement falsificateurs, a décidé de combattre farouchement la majorité des résistants lucides à la bêtise humaine. Cette bêtise est confirmée aujourd’hui par le choix déterminé d’une minorité devenue majoritaire, pour le fascisme ultra libéral. L’ultra libéralisme est un fascisme. Macron ou Le Pen c’est la même chose : tous les deux défendent un fascisme qu’il soit mondialiste ou qu’il soit nationaliste…

Nous allons donc vers la logique de la guerre à coup sûr et nous l’aurons chez nous très prochainement. Seuls, les inconscients ne le voient pas ! Ceux qui chantent les louanges de l’ordo libéralisme et s’en accommodent avantageusement, seront prochainement ces « crétins malheureux » qui nous donnent aujourd’hui des leçons de moral, des leçons sur ce qu’il « faut penser », sur ce qui est « juste et pas juste », en parfaite harmonie avec le discours ambiant entretenu par le système néo colonial et ultra libéral du Grand Capital Financier dominant le monde.

Le retour brutal à l’objectivité aura sur les survivants l’effet d’un réveil anxiogène à la suite d’un mauvais rêve. Mais y aura-t-il quelqu’un, des survivants, pour se réveiller du mauvais rêve ? Ce n’est pas du tout sûr, vue l’importance exceptionnelle de la bêtise humaine !

CONCLUSION

Dénoncer les effets désastreux de l’ordo libéralisme, lorsque ceux-ci peuvent être au moins reconnus, c’est une chose. Mais dénoncer la cause, c’est-à-dire l’ordo libéralisme lui-même, à l’origine des désastres constatés, là c’est trop ! Tout le monde, sans distinction de partis, se plaint facilement des effets désastreux produits sur la société par les causes ultra libérales qu’une certaine population de privilégiés continue pourtant de justifier.

Comment peut-on justifier et défendre la cause ultra libérale lorsque celle-ci est à l’origine des malheurs que nous connaissons et reconnaissons ?

Comment peut-on vouloir éradiquer un mal en faisant l’éloge de sa cause ?

Voilà l’incohérence dans laquelle une population de privilégiés se trouve bien installée. Cette population va donc sincèrement voter pour des programmes « politiques » authentiquement ultra libéraux ! Il faudrait plutôt dire pour la suppression de la politique en faveur de l’économisme, des prérogatives de la marchandisation à outrance, comme si l’économie avait la vertu de pouvoir diriger les grands idéaux démocratiques des droits de l’Homme et du Citoyen qui président à la marche de notre « communauté de destin » !

Une classe ou plutôt une caste de prédateurs s’est emparée du Pouvoir et nous impose sa logique idéologique ultra libérale, par le biais de l’Union Européenne. Tous les Etats de l’UE sont peu à peu politiquement démembrés et remodelés sur le schéma donné par le Grand Capitalisme Financier et son idéologie ultra libérale. Tout cela a commencé en imposant, même aux peuples qui avaient majoritairement rejeté le projet de la Constitution Européenne, comme ce fut le cas de la France, un Traité dicté par les grandes lignes de la doctrine sociale de l’Eglise catholique. (Cf., La libération de l’homme » tome 2, Jean-Yves Jézéquel, éditions Publibook, 2013) C’était un évêque de cette même Eglise qui avait rédigé, comme on l’a vu précédemment, la théorisation du nazisme, dont s’est inspiré ensuite Hitler. L’ordo libéralisme est un fascisme.

Comment cet aveuglement d’une population qui approuve le parti pris ultra libéral et ses représentants est-il possible ?

Cette « servitude volontaire », ce « parti-pris », cet aveuglement sur les effets et leur cause, sont explicables par le phénomène majeur du mécanisme de défense psychique de la « croyance ». Ce n’est pas une conscience qui dirige le cerveau des prédateurs et de leurs agneaux bien dressés, c’est une « croyance ». Or, la croyance appelle la « certitude », pas la conviction. La croyance appelle les illusions des certitudes sectaires, pas le doute inhérent au comportement rationnel. Cette « croyance » confortable est celle qui donne la certitude d’une vérité dogmatique et donc intolérante. Une certitude ne tolère pas la critique et encore moins la contestation. Cette « croyance » est celle d’une légitimité d’un système, d’une idéologie transformée par conséquent en « vérité révélée » et dont la critique est proprement blasphématoire. Ceux qui incarnent cette légitimité sont revêtus du même coup de « l’innocence » de la « vérité », l’innocence du divin, du théocratique et non plus du démocratique. Pourquoi peut-on sincèrement adhérer à l’idéologie ultra libérale ? Parce que cette idéologie qui est fasciste dans son essence est donc, pour être fasciste, théocratique et à ce titre supérieure au démocratique !

C’est la raison pour laquelle le Pouvoir théocratique et l’idéologie fasciste ultra libérale de l’Union Européenne est en ce moment entrain de préparer sur tout le territoire européen, la militarisation pour une répression fasciste de ses peuples récalcitrants, à l’exemple de ce qui existe déjà aux USA, répression légitimée par le terrorisme et facilitée par les « états d’urgence », les « nouvelles lois policières », et rendue évidente par la manipulation médiatique…

Le fascisme séduit les angoissés par son ordre absolu théocratique.

La liberté quant à elle est une expression de la conscience dont l’éveil suffisant suppose que la personne ait transformé son angoisse pathologique en une réponse de défense positive basée non pas sur des illusions mais sur un réalisme serein, une maturité de l’être qui ne craint pas les remises en cause permanentes !

La croyance est confortable ; la conscience n’est pas confortable mais elle est la seule à pouvoir donner la liberté. La « croyance » appelle l’obéissance ou la soumission, l’acceptation d’un dressage qui ne peut passer que par des illusions permettant d’adhérer à l’objet de la croyance. La conscience, quant à elle, appelle la responsabilité seule condition nécessaire à l’existence d’une liberté réelle de l’homme !

Jean-Yves Jezequel
31 mai 2017

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