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Camp décolonial :
la nouvelle technologie politique adaptée à la France
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 17 août 2017, par Comité Valmy


Camp décolonial :
la nouvelle technologie politique adaptée à la France

La deuxième édition du Camp d’été décolonial, validé par le Conseil d’Etat, stigmatise les débats en cette période estivale, pourtant peu propice aux interrogations existentielles. Il est vrai que les interrogations ne sont pas particulièrement existentielles, alternant entre l’autruche du "chacun est libre" il ne faut pas être raciste, à la condamnation du racisme anti-blanc, que la justice refuse toujours de reconnaître.

Pourtant au-delà de cet aspect conjoncturel de la question, le Camp d’été décolonial est une technologie politique mondialisée, déjà testée pour toutes les révolutions à l’Est et au Moyen Orient, soutenues par l’incontournable Soros. Le poing levé est la marque de fabrication que l’on reconnaîtra infailliblement.

La marque de fabrique du poing levé

La photo du Camp d’été décolonial est celle-ci :

Ces poings levés ont été retrouvés bien avant en Serbie (Otpor), en Géorgie (Khmara), en Ukraine (Udar) ou encore en Arménie, en Egypte etc.

Quelle que soit leur issue, ces mouvements du poing levé ont beaucoup de choses en commun : ils sont organisés et financés de l’étranger (NED, Soros, etc), utilisent des problèmes sociaux réels pour destructurer l’Etat, s’appuient sur des groupuscules de jeunes activistes radicalisés, déracinés et aculturés (supporters de foot, ONG particulières, groupes sur les réseaux sociaux) pour destabiliser la situation sociale.

La manipulation des masses

En France, le processus n’en est qu’à ses débuts. Il faut tout d’abord transformer l’espace de la société civile avant d’arriver à la deuxième phase, elle politique. La société civile française, par rapport à celle des pays de l’Est est particulièrement pacifique, l’on n’y retrouve pas l’agressivité qui existe en Russie par exemple. Il est donc nécessaire de créer des groupuscules actifs qui permettront d’entraîner les masses. C’est pourquoi ce Camp d’été ne peut être ouvert "aux blancs", il ne cherche pas le dialogue mais la formation.

Cette position est assumée sur le site du Camp.

1. Il concerne surtout les jeunes, encore non activistes, qui doivent être formés :

Ce camp d’été n’est pas réservé aux militant.e.s. Au contraire, il a pour objectif de confronter les plus jeunes aux questions qui les touchent et de faire se rencontrer et travailler ensemble

2. Il doit créer un lien spécifique entre ces membres à l’intérieur du corps national dont ils se distinguent et qu’ils rejettent :

tout militant est l’héritier de luttes passées et même en cours. On connaît très mal cette Histoire, on en sait très peu sur ces luttes et leurs enjeux. Du coup, l’un des objectifs du camp d’été c’est justement de se réapproprier tout ça. Il s’agit également de poser des termes sur ce que nous vivons et de partager méthodes et savoirs, qu’ils soient théoriques ou pratiques.

3. Le mouvement est présenté comme alternatif. Ici la personnalité des organisatrices est significative :

Militante afroféministe et anti-impérialiste, espère voir la chute du blantriarcat capitaliste

Donc le capitalisme "blanc" pose des difficultés. Si l’argent n’a pas d’odeur, il vient de se doter d’une couleur. Il faut dire que la lutte contre le capitalisme fait plus d’adeptes, que la lutte pour les droits des noirs dans une société pacifiée.

4. La remise en cause de la structure étatique :

Après, plus nous militons et plus nous nous rendons compte que le rouleau compresseur de l’antiracisme moral aka Touche-pas-à-mon-pote a fait des dégâts et a très largement contribué à la dépolitisation de ces sujets. On se retrouve avec des campagnes similaires à #TousUnisContreLaHaine qui, en se focalisant uniquement sur le racisme interpersonnel et sur les sentiments haine/amour, occultent volontairement sa dimension structurelle, étatique et donc éminemment politique.

Autrement dit, l’Etat capitaliste blanc est structurellement raciste, il faut donc lutter contre lui. Même le droit de l’homisme Oui-Oui, "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil" a fait son temps, est dépassé.

Il fut utile pour tuer toute possiblité de réflexion autonome, toute critique devenant immédiatement assimilée à du racisme, l’ère du relativisme triomphant d’une société émasculée laisse la place à celle de la constitution de groupuscules agressifs qui revendiquent la ségrégation raciale, font de "l’auto-apartheid" une marque de fabrique.

La société et la classe politique ne sont plus aptes à lutter, dans l’immense majorité n’en ont même plus l’envie et se réfugient dans l’aveuglement et la régression.

La préparation de la dimension politique

Chaque tentative de destabilisation lancée ces dernières années dans différents pays ont joué sur les particularismes locaux, les complexes de la société, qui furent exploités à des fins politiques anti-étatiques. Dans les pays de l’Est, il s’agissait d’être plus "européen", sans pour autant réellement comprendre ce que cela signifie concrètement. Dans les pays du Moyen Orient, il s’agissait de mouvements "démocratiques" à l’occidentale, même s’ils ont tous entraîné le chaos. La communauté internationale occidentale a toujours largement médiatisé et soutenu ces mouvements. Le cas de la France est une première, car nous sommes le coeur de l’Europe, l’image de la culture européenne. Bref, l’image d’une société qui, si elle doit être complexée, devrait soufrir d’un complexe de supériorité. Et longemps ce fut le cas. Mais depuis l’acculturation de la société est passé par là, l’immigration de masse et parfaitement dirigée, la destructuration de l’enseignement, l’abrutissement et la manipulation de masse ont permis de lancer le processus de transition de nation civilisée à celui de nation qui le fut, de carte-postale dans des enclos déterminés.

Le projet n’en est qu’à ses débuts, mais ses chances de réussite sont réelles. L’élection de Macron à la présidentielle est le signe de la haute manipulabilité de la société française et de la démission de la classe politique. La machine médiatique lancée pour faire gagner l’homme de la mondialisation et de la communautarisation a également fait passer des députés totalement incultes politiquement.

Le vers est dans le fruit. Macron stigmatise la colonisation, appelle au soutien des migrants, distribue un fascicule pour les députés sur "l’activisme parlementaire", quand ils ne connaissent même pas le Règlement de l’Assemblée. La France qui s’est vendue à cet individu n’a plus besoin de députés, elle a besoin d’activistes, elle n’a plus de besoin de politique, car elle n’est qu’un élément d’un ensemble mondialisé qu’elle doit contribuer à réaliser.

Pour cela, il est important de détruire la politique et donc l’Etat, qui restent des armes, certes bien rangées, mais qui risquent toujours de tirer si un jour quelqu’un veut s’en servir. Créer des revendications communautaristes pour les faire revenir en politique, ce que revendique ce Camp d’été, est un moyen de faire entrer dans le jeu politique des mouvements identitaires devenus acteurs politiques. Ce qui mettra un terme à la Nation française, unitaire et intégratrice.

Ils sont pour l’instant peu nombreux, mais il suffit d’une minorité agressive et d’une majorité apathique pour destabiliser une société. Ce mouvement est d’autant plus nécessaire que l’élection présidentielle devient très compliquée, par manque d’hommes éligibles pouvant défendre les intérêts de la globalisation, la transition vers un régime parlementaire flou est une urgence. L’impopularité du chef de l’Etat arrive vite, est incontournable, dès que la manette médiatique se relâche, il semble alors que les gens (et les journalistes) sortent de leur transe. Le problème est qu’ils s’y replongent sur commande. Le reflex pavlovien a été instauré.

Toujours est-il que la globalisation a besoin d’un nouveau corps, l’Etat ne peut en faire partie. Le mythe toujours réchauffé de la société globale a été dépoussiéré et resservi sur un plateau post-moderne, même s’il porte toujours les mêmes oripeaux. Ce mythe, celui d’une société dérégulée dans laquelle l’homme libéré de l’Etat serait totalement libre, cache mal la réalité qu’il entraîne. Plus une société est large, plus la poigne qui la gouverne doit être forte au sommet, sans compter les concurrences claniques à la base. Ce qui nous est proposé avec la globalisation galopante est un régime autoritaire hyper-centralisé, la désétatisation financière et la dérégulation du travail. Le tout avec un parfum de féodalisme local, les hommes n’étant plus protégés par les structures étatiques responsables.

Et pour réaliser cela, il faut absolument constituer ces milices d’activistes dans ces Camps d’été, qui garantiront le désordre sociale nécessaire à la destruction des garanties sociales, des acquis sociaux, qui détourneront le regard des vrais problèmes du chomage et de la reprise économique. L’Ukraine devient vraiment le modèle des pays européens.

Karine Bechet-Golovko
15 août 2017

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