COMITE VALMY

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Etats Unis : remise en cause
de la politique de "l’occupation amie" au Japon
Russie politics

jeudi 10 août 2017, par Comité Valmy


Etats Unis : remise en cause de la politique
de "l’occupation amie" au Japon

Quelle population peut être heureuse de voir sur son sol des soldats étrangers ? De voir ses villes survolées par des avions de guerre étranger ? De les y voir de manière permanente, à tel point qu’ils en sont chez eux ? La domination physique américaine qui passe par ses bases militaires arrive à la limite des possibilités données par la géopolitique. Le Japon en est un exemple.

Deux types de populations peuvent accepter de voir à domicile et en permanence une armée étrangère sur son sol :

•lorsque le pays a perdu la guerre et que le sentiment de culpabilité a été correctement implanté dans la population, qui, de cette manière, accepte de "racheter" les fautes commises ; il est ici nécessaire d’entretenir ce sentiment de culpabilité.

•lorsque le pays est face à une menace - réelle ou imaginaire - qu’il ne peut affronter, la population appelle alors de ses voeux cette "occupation amie" pour éviter une "occupation ennemie" ; il est ici nécessaire d’entretenir le sentiment de menace.

Dans les deux cas, la propagande justifiant "l’occupation amie" est nécessaire, la population doit être consentente, puisque le pays qui y est soumis est - au minimum - formellement souverain et la présence d’une armée étrangère ne va pas de soi. Il en fut ainsi du Japon et de l’Allemagne après la Seconde guerre mondiale ou des Pays Baltes aujourd’hui.

L’occupation militaire "amie" est une technologie politique permettant d’étendre l’emprise politico-idéologique d’une puissance sur d’autres pays. Elle n’est possible que lorsque certaines conditions nationales et internationales sont réunies. En ce qui concerne l’Allemagne, la présence de ces bases est de plus en plus discutée, surtout que leur rôle avec le développement de l’OTAN n’est pas de protéger la population allemande, mais bien de servir les intérêts américains dans le monde, comme cela est déjà affirmé à voix haute.

Les pays baltes, pour leur part, font partie de la partie qui se mène entre les Etats Unis et la Russie, ceux-ci devant garder le contrôle sur les pays européens, amenés dans cette configuration radicalisée à faire un choix stricte entre l’Est et l’Ouest. Les pays d’Europe de l’Est (principalement les Pays Baltes et la Pologne), étatiquement faibles, sont utilisés à ces fins, sur fond d’idéologie anti-russe.

Le Japon, pourtant jusqu’à ce jour considéré comme un élément soumis de la politique américaine depuis les bombardements atomiques, semble évoluer vers une recherche d’autonomie, qui pourrait faire bouger le rapport de forces Etats Unis / Russie. De plus en plus de voix dans la population (ce qui n’est pas nouveau), mais également au Gouvernement, se lèvent pour une renégociation des bases militaires américaines, qui ont de plus en plus mauvaise presse dans les populations environnantes. Il est vrai que le Japon se rapproche de la Russie, lance divers grands programmes de coopération dans différents domaines économiques et a relancé un dialogue constructif pour régler la question territoriale en suspend depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les tensions avec les Etats Unis touchent surtout Okinawa, où le Pentagone s’est vu obligé par la Cour suprême du Japon à rendre une partie du territoire "occupé". Le ministre japonais de la défense a également jugé "regrettable" que les Etats Unis continuent à effectuer des manoeuvres, alors que Tokyo avait expressément demandé qu’il y soit mis un terme. Cette opposition ne peut que se renforcer au fur et à mesure de la reprise par le Japon de son indépendance. Car plus le Japon s’occupera de ses intérêts nationaux, plus l’omniprésence militaire américaine sera dérangeante, et donc se radicalisera en réponse.

L’occupation amie du Japon ne se justifie plus, elle doit être transformée en accord technico-militaire ... ce qui serait un véritable coup dur pour les Etats Unis, surtout aujourd’hui.

Karine Bechet-Golovko
mardi 8 août 2017

Russie politics


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