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Rihanna reçue par les Macron.
Et pendant ce temps-là…
Le président préfère les people au peuple.
La preuve par Mélanie.
par Régis de Castelnau

vendredi 28 juillet 2017, par Comité Valmy


Rihanna reçue par les Macron. Et pendant ce temps-là…

Le président préfère les people au peuple.
La preuve par Mélanie.

Plutôt que d’ergoter sur la visite de Rihanna à l’Elysée, Régis de Castelnau a décidé de raconter l’histoire d’une jeune fille violée par son père adoptif. Une tragédie ordinaire du pays réel que les Macron feraient bien de méditer au lieu de recevoir des saltimbanques adeptes du charity-business.

Mélanie est née sous une mauvaise étoile. En 2001, ce qui fait qu’elle a 16 ans aujourd’hui. Son père a plaqué sa mère très vite pour aller vivre en Allemagne avec sa nouvelle compagne. Il ne s’est jamais enquis de ce que devenait sa fille. L’enfance s’est donc passée sans père, jusqu’à que ce que sa mère, victime d’un cancer quand elle avait 12 ans, la quitte pour toujours.

Merci l’Aide sociale à l’enfance

Orpheline, faute de famille pour s’occuper d’elle, c’est l’ Aide Sociale à l’Enfance (ASE) qui l’a prise en charge. Vous savez, ce service qui dépend du Conseil général dont on vous dit en permanence qu’il dépense trop d’argent, qu’il ne sert à rien, qu’il a trop de fonctionnaires. Qu’il faut le supprimer très vite et en attendant réduire tous ces budgets. Celui de la protection de l’enfance qui est de sa compétence est déjà hypertendu, et le personnel qui tient le front de la misère commence vraiment à s’essouffler. Qu’à cela ne tienne, Bercy nous a bien dit que Merkel et Schäuble trouvent que les Français dépensent trop et qu’il faut faire des économies. C’est déjà difficile, ça va devenir intenable.

Violée par son père d’accueil

Peut-être que la sorcière qui s’est penchée sur le berceau de Mélanie a considéré qu’il valait mieux concentrer le malheur sur les mêmes et que statistiquement cela permettait d’en épargner d’autres. La petite fille a donc été placée dans une famille d’accueil agréée, dont le « père » âgé de 50 ans a commencé à la violer quand, même pas formée, elle en avait 13. Pour sa défense, il dira bien sûr que c’est elle qui l’a séduit.

Pas un jour de prison

Terrorisée, la petite n’a jamais osé en parler. Jusqu’à ce que son premier flirt, rencontré au collège, regarde en son absence les vidéos de son portable pour y découvrir les ébats que le quinquagénaire s’amusait à filmer. En larmes, Mélanie lui a tout raconté. Probablement contrarié, le gamin accompagné d’une autre copine est allé mettre le feu à la voiture du violeur. Et s’est retrouvé en garde à vue, au cours de laquelle il a expliqué aux flics les raisons de cette nervosité. Classement sans suite pour les petits justiciers courageux, et arrestation du violeur. Il a reconnu les faits, en précisant que la petite l’avait provoqué ( !) Poursuivi sur la base d’une qualification criminelle, il n’a jusqu’à présent pas fait un jour de prison.

Confrontation

Hier, c’était la confrontation indispensable à la procédure. Il fallait réunir Mélanie dans le bureau du juge d’instruction avec son tortionnaire, et raconter à nouveau en sa présence ce qu’il lui avait fait. Elle connaissait depuis trois mois la date de cette épreuve qu’elle redoutait atrocement. La voyant arriver avec une angoisse qui souvent la réveillait la nuit. Serrant la main de l’avocate que le département lui a désignée pour la défendre, faisant tout pour ne pas croiser le regard de l’autre, il a bien fallu entrer dans la fosse aux lions.
« Alors, comment ça s’est passé ?
• Dur, très dur. Cela a duré deux heures, où il a fallu raconter tous les viols, décrire les endroits, les circonstances.
• Et la petite ?
• Collée derrière moi, elle n’a pas cessé de sangloter pendant les deux heures, sans lâcher ma main qu’elle broyait consciencieusement. La pauvre petite-mère s’en est excusée après ainsi que d’avoir trempé ma robe. J’ai pu la faire sourire.
• Et maintenant ?
• C’est un peu le trou noir, car ayant 16 ans elle ne peut plus rester en foyer. Il faut donc lui trouver un hébergement en semi-autonome, il n’y a guère de place et sa référente qui devrait s’en occuper est en congé maternité. Elle avait fait une première année de CAP de coiffure qui s’était très bien passée. Mais le problème pour accéder à la deuxième année, c’est qu’il faut savoir où elle va habiter, et comment le coût sera pris en charge. Il y en a quand même pour 7000 euros ! Et la prise en charge par le Conseil Général n’est pas assurée car les budgets sont complètement à marée basse. »

70% de violences à caractère sexuel

Ce genre de séquence est monnaie courante pour les responsables de la protection de l’enfance. 70 % des violences que subissent les enfants ont un caractère sexuel, le reste étant des violences physiques. Et ce n’est pas du misérabilisme que de décrire ce qui se passe sur le front, et ce que font ceux qui essaient de le tenir, avec souvent, pour les assistantes sociales en particulier, un dévouement sans bornes. Et de dire leur chagrin de ne plus être là que pour colmater.

Bono et Rihanna à l’Elysée

Et je ne m’essaierai pas à leur répondre qu’il faut penser printemps. Jupiter se préoccupe tellement de la misère que lui et Madame ont reçu à l’Élysée en grande pompe un certain Bono pour « lutter contre la misère dans le monde », et dans une même grande pompe la chanteuse Rihanna pour parler de « la protection des enfants ». Pendant que les petits valets de Bercy asphyxient les institutions qui ont en charge le social. Je risquerais d’être mal reçu.

Pas de saut sur le terrain

Emmanuel Macron et son épouse ne savent même pas que l’ASE existe et il ne leur viendrait pas à l’idée, plutôt que de recevoir des saltimbanques douteux, d’aller faire un saut sur le terrain.

Entre Mélanie et Rihanna, les Macron ont choisi Rihanna. Ce n’est pas autre chose qu’un choix politique.

N.B : L’histoire de Mélanie est vraie. Son prénom, les lieux et certains détails ont été modifiés. La confrontation s’est bien déroulée le 25 juillet 2017.

Régis de Castelnau
27 juillet 2017


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