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L’ennemi commun des peuples

Syrie - L’attaque étatsunienne
n’entrave pas la poussée syrienne sur Deir Ezzor
par Moon of Alabama

mercredi 28 juin 2017, par Comité Valmy


la coalition américaine a abattu un drone de l’armée syrienne - PressTV 20 juin.

Syrie - L’attaque étatsunienne
n’entrave pas la poussée syrienne sur Deir Ezzor

Notre dernière synthèse titrait : La fin de la guerre en Syrie est maintenant en vue :

À moins que les États-Unis ne changent de tactique et ne se lancent dans une guerre à grande échelle contre la Syrie avec ses propres forces armées, la guerre contre la Syrie est finie.

Il y a quelques civils en proie à la démence à la Maison-Blanche qui veulent élargir la guerre contre la Syrie à une guerre américaine entre les États-Unis et l’Iran. Le leadership militaire freine des quatre fers. Il s’inquiète pour ses forces en Irak et ailleurs dans la région. Mais il y a également des éléments au sein de l’armée américaine et de la CIA qui ont une une position pro-guerre plus agressive.

Hier, un avion US-F-18 a abattu un bombardier des forces aériennes syriennes près de la ville de Raqqa. Le Commandement central des États-Unis a le toupet d’ affirmer qu’il s’agissait d’« auto- défense » pour protéger ses forces d’invasion et ses forces par procuration kurdes (forces démocratiques de la Syrie - FDS) dans une « zone de désescalade* » après que les FDS ont été attaquées dans la ville de Ja’din.

C’était des mensonges. Il n’y a pas non plus d’accord sur une « zone de désescalade » dans la région, et la ville de Ja’din n’était pas non plus aux mains des forces des FDS au moment de l’attaque. L’attaque était clairement illégale :

Les États-Unis [...] n’ont aucun droit légal de protéger des forces partenaires non étatiques qui ont comme objectif un changement de régime en Syrie ou d’autres objectifs politiques. Le droit à l’auto-défense collective d’acteurs non étatiques n’existe pas, ...

Le gouvernement syrien ainsi que les témoins sur le terrain contredisent les affirmations des États-Unis. L’Observatoire syrien en Grande-Bretagne, souvent cité comme faisant autorité sur les événements en Syrie, dit qu’il n’y pas eu d’attaque syrienne contre les forces de défense Kurdes (FDS). Les avions de guerre américains ont attaqué les Syriens pour protéger les forces de l’Etat islamique :

Un avion de guerre du régime a été ciblé et abattu en vol au-dessus de la région d’Al-Resafa [...] L’avion de guerre a été abattu dans la région d’Al-Resafa aux confins de laquelle les forces du régime sont arrivées aujourd’hui, et des sources ont confié à l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme que les avions de la Coalition internationale l’avaient ciblé alors qu’il volait à proximité de l’espace aérien des avions de guerre de la Coalition internationale, et que ses débris étaient tombés sur la ville de Resafa, et qu’on ne savait pas ce qui était advenu de son pilote, les sources ont confirmé que l’avion de guerre syrien ne ciblait pas les forces kurdes (FDS) dans les zones qu’elles contrôlent et qui sont limitrophes des zones contrôlées par les forces du régime dans le territoire situé à l’ouest d’Al-Tabaqa et qui va jusqu’à la route d’Al-Raqqah à Resafa.

Voici une vue aérienne de la situation dans le sud-est de la Syrie :

Carte via Peto Lucem Pour agrandir

En bas à gauche, la zone de Palmyre ; on trouve à droite Deir Ezzor, et en haut Raqqa. Les zones sombres sont occupées par l’Etat islamique. 100 000 civils et une petite garnison de l’armée syrienne sont assiégés à Deir Ezzor par l’Etat islamique. L’armée syrienne fait mouvement vers l’est en venant de deux directions différentes pour libérer la ville. Une partie des troupes viennent de la région de Palmyre en empruntant la route qui vers le nord-est à Deir Ezzor. La distance à parcourir est d’environ 130 kilomètres et il va falloir reprendre en chemin une ville importante à l’Etat islamique, Al-Sukhnah.

L’autre partie des troupes vient du sud de Raqqa.

MISE À JOUR :

The evil_SDOC alias Weekend Warrior a fait cette excellente carte de ce qui lui rappelle les « sauts d’île en île » de la Seconde Guerre mondiale**. Il y a quelques rares endroits habités dans le désert de Syrie orientale, qui reliés par des routes d’une importance capitale pour contrôler les vastes zones qui les séparent. Cela montre le grand intérêt stratégique des axes d’avancée et de Resafa où s’est déroulé l’incident d’hier.

Carte de Weekend Warrior Pour agrandir

[Seconde mise à jour]

Raqqa est actuellement assiégée par les forces kurdes des FDS soutenues par les États-Unis. Ces forces (en jaune) ont pris des pans de la rive sud de l’Euphrate autour de la ville de Tabqa. L’armée syrienne avance vers le sud de ces forces, d’ouest en est. Son objectif actuel est la ville de Resafa au croisement de la route 6 et de la route 42. Si elle prend le carrefour, elle pourra avancer vers Deir Ezzor au sud-est, le long des routes principales. Elle coupera en même temps la retraite des forces de l’Etat islamique qui fuient vers le sud pour échapper à l’attaque kurde de Raqqa. La distance à parcourir pour arriver à Deir Ezzor est d’environ 100 kilomètres et il n’y a pas d’obstacles majeurs en cours de route. Prendre le carrefour est absolument nécessaire pour libérer la ville orientale assiégée.

Pour agrandir

Raqqa se trouve au-delà de la partie supérieure droite de cette carte détaillée de la région de Tabqa. Les forces kurdes sont en jaune, l’armée syrienne en rouge. L’armée syrienne se déplaçait très vite vers l’est pour prendre le carrefour à trois voies de Resafa (à mi-droite sur la carte). Quelques heures avant que le jet syrien ait été abattu, elle avait déjà pris la ville de Ja’din :

Yusha Yuseef sy Compte vérifié @ MIG29_
Dernières nouvelles, Forces Tigre syriennes libèrent Ja’din جعيدين village au nord de Al-Easawii Sud #Raqqa
15h36 - 18 juin 2017

L’attaque meurtrière des États-Unis contre l‘avion syrien s’est produite deux heures plus tard :

Dr Abdulkarim Omar abdulkarimomar1
Coalition internationale abat avion militaire du régime syrien dans région de Raqqa après bombardement des positions FDS dans région de Tabqa
17h18 - 18 juin 2017 ---

Yusha Yuseef sy Compte vérifié @ MIG29_ Je peux confirmer que nous avons perdu un avion syrien à l’est de Rassafeh et loin des positions de SDF
Je ne sais pas si ce sont les USA qui l’ont abattu
18h 14 - 18 juin 2017

Les États-Unis affirment maintenant que le jet syrien avait attaqué les forces kurdes à Ja’din. Mais il n’y en avait plus quand l’incident s’est produit. La ville était déjà entre les mains de l’armée syrienne. L’avion syrien attaquait des forces de l’État islamique près de Resafa. L’armée syrienne était en train de prendre la ville de Resafa à l’Etat islamique pour arriver au carrefour qui lui permettrait d’avancer vers la ville de Deir Ezzor assiégée par l’EI. Les forces aériennes syriennes bombardaient les forces de l’Etat islamique à Resafa. Les Etats-Unis ont abattu le jet en affirmant mensongèrement qu’il avait attaqué ses forces par procuration kurdes.

La seule interprétation possible est qu’il s‘agit d’une tentative des États-Unis pour empêcher ou entraver la libération de Deir Ezzor par les forces syriennes. Les États-Unis, volontairement ou non, aident les forces de l’Etat islamique qui attaquent sans répit la garnison assiégée de Deir Ezzor. Le gouvernement russe a qualifié l’attaque des États-Unis d’« acte d’agression » qui « viole le droit international » et d’« assistance aux terroristes » de l’État islamique. Il va stopper sa coordination de l’espace aérien avec le commandement des opérations américaines en Syrie. De plus :

« Dans les zones de missions de combat de la flotte aérienne russe dans le ciel syrien, tous les objets volants, y compris les avions et les avions sans pilote de la coalition internationale [menée par les États-Unis], à l’ouest de la rivière Euphrate, seront considérés par les forces de défense aérienne et les forces au sol russes comme des cibles aériennes », a déclaré le ministère russe de la Défense.

Si j’étais un pilote américain, j’essaierais d’éviter la zone ...

Qu’elle qu’ait été l’intention des États-Unis, cela n’a pas stoppé l’armée syrienne. Resafa vient d’être reprise (carte) par les forces de l’armée syrienne. Le pilote abattu, Ali Fahed, a été ramené de derrière des lignes ennemies par une équipe des Forces Tigre syriennes.


Indépendamment des événements qui ont eu lieu près de Raqqa, la Garde révolutionnaire iranienne a lancé des missiles balistiques de portée moyenne depuis l’Iran sur les forces de l’Etat islamique près de Deir Ezzor en Syrie. La distance était d’environ 600 kilomètres. Le lancement a été interprété comme une vengeance suite aux attaques terroristes du 7 juin contre le parlement à Téhéran, en Iran. Les missiles ont atteint leurs cibles.

Le message qui a été envoyé avec ces missiles était plus vaste qu’un simple acte de vengeance. L’Iran vient de démontrer qu’elle pouvait atteindre des objectifs lointains à partir de son propre pays. Les états wahhabites du golfe persique et toutes les forces américaines dans la région vont devoir en prendre bonne note. Elles ne sont pas à l’abri des représailles iraniennes, même si aucune force iranienne ne se trouve à proximité. L’Iran a souligné qu’il pouvait renouveler de telles attaques chaque fois que cela s’avérerait nécessaire :

«  Ce message est adressé tout spécialement aux Saoudiens et aux Américains », a dit [le général des Gardes de la Révolution Ramazan] Sharif. « Certains pays réactionnaires de la région, en particulier l’Arabie saoudite, viennent de montrer clairement qu’ils essayaient de créer de l’insécurité en Iran ».

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Comme c’est expliqué dans notre précédente synthèse, les forces américaines occupent le poste frontière d’al-Tanf entre la Syrie et l’Irak au sud-est de la Syrie. Un vif mouvement de l’armée syrienne vers la frontière irakienne a empêché les troupes étatsuniennes et les forces « rebelles » arabes formées par les États-Unis d’avancer plus au nord. Depuis l’autre côté de la frontière, la milice commandée par le premier ministre s’est jointe aux forces syriennes, et al-Tanf est maintenant isolé. Selon plusieurs rapports, hier, les États-Unis ont amené par avion, du nord-est de la Syrie, des forces par procuration kurdes pour défendre al-Tanf. Ils ne font apparemment pas confiance aux forces « rebelles » arabes qu’ils ont formées pour occuper le sud-est de la Syrie. Quelques centaines de forces kurdes ne changeront pas la situation tactique. Ces forces ne seront d‘aucune utilité et ce contingent (soutenu par les) américain sera bientôt obligé de faire retraite en Jordanie.

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Israël soutient depuis longtemps les « rebelles » d’al-Qaïda au sud-ouest de la Syrie, à proximité et sur le plateau du Golan. On le sait depuis au moins 2014 et le soutien israélien a même été documenté par les forces d’observation de l’ONU dans la région. Mais, dieu sait pourquoi, les médias américains ont « oublié » d’en parler et les Israéliens ne tenaient pas à le faire non plus.

Cela a changé. Il y a maintenant une foule de rapports sur le soutien et le financement israélien des « rebelles » dans le Golan près des régions syriennes occupées par Israël. On ne dit pas souvent, cependant que les forces soutenues par Israël sont des terroristes d’Al-Qaeda. Il y a également des groupes de l’État islamique dans la région qui ont présenté leurs « excuses » à Israël après une échauffourée avec les forces israéliennes. Il est clair qu’Israël soutient maintenant ouvertement les terroristes.

Quelqu’un fait paraître intentionnellement ces rapports. Je présume que c’est Israël pour préparer le terrain à une occupation plus importante du territoire syrien. Les rapports comparent les manœuvres israéliennes avec l’occupation israélienne du sud Liban dans les années 80 et 90. Mais ils ne racontent pas toute l’histoire. L’occupation israélienne du sud-Liban a conduit à la croissance de Hizbollah et à la défaite des forces israéliennes. Dès l’an 2000, ils ont été obligés de se retirer des terres occupées et le Hezbollah est maintenant l’ennemi le plus redouté d’Israël. Il semble qu’Israël veuille renouveler l’expérience.

Moon of Alabama
19 juin 2017

Notes :
*En anglais « deconflicting zone » ou « deconfliction zone » **En anglais « island hopping » : tactique utilisée par l’Australie et ses alliés contre le Japon


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