COMITE VALMY

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Présidentielles :
« Salauds de pauvres ! »
par Valentin Martin

lundi 15 mai 2017, par Comité Valmy


Présidentielles : « Salauds de pauvres ! »

Un tiers des Français qui se sont exprimés a voté FN !

Cela représente près de 11 millions d’individus, soit deux fois plus qu’en 2002.

Cette progression a lieu dans les régions les plus pauvres de France. La carte du vote FN et la carte de la pauvreté se superposent quasiment.

Taux de pauvreté par département
(https://www.insee.fr/fr/statistiques/1280669)

Le FN réalise des résultats historiques dans les communes les plus pauvres, souvent anciennement communistes,
(http://www.lavoixdunord.fr/159651/article/2017-05-08/le-fn-en-pointe-dans-les-villes-communistes-est-desabuses), et réalise des résultats dérisoires dans les villes les plus riches (11% à Vincennes, 12% Paris XVIè, 15% Marnes-la-Coquette). Quasi-partout, la bourgeoisie française semble considérer le programme du FN comme celui de l’ennemi de classe.

La majorité des ouvriers et des employés a voté FN.
Des études ont montré que face à un candidat social-démocrate 70% des ouvriers et 64% des employés s’exprimant choisiraient les FN(http://www.regards.fr/web/article/ouvriers-employes-jeunes-la). 56% des chômeurs a voté FN au deuxième tour.

La tranche d’âge la plus favorable au FN est la jeunesse : 44% des 18-24 ans a voté FN, alors que les retraités ont voté à plus de 80% pour Macron.

En un mot, pour reprendre les mots de « Libération », il s’agit d’un « vote de classe ».
http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/05/07/le-retour-d-une-fracture-de-classe_1567952
France Info évoquait plus pudiquement les Français « en déclin » et les Français « en expansion ».

Libé et les autres n’ont cessé de traiter les électeurs du FN de tous les noms d’oiseaux.

Ils aurait du aller droit au but en titrant : « Salauds d’ pauvres ! »

https://www.youtube.com/watch ?v=N7VRx7SnGy4

Libé aurait pu ajouter ceci : tous les pauvres ne furent pas des « salauds d’pauvres ». Des villes bastions du syndicalisme comme Roubaix, Montluçon, Le Havre ou Clermont-Ferrand n’ont voté pour le FN qu’à environ 20%.

Cela peut avoir des causes diverses, notamment :
– une complaisance persistante de la part du FN à l’égard de la bourgeoisie française, sur le plan fiscal et économique. Il est mal venu devant 16 millions de téléspectateurs de déclarer vouloir financer seulement son projet par « l’arrêt de l’immigration », sans prononcer les mots de CAC40, de dividendes, ou de création monétaire.
– malgré son ancrage très fort chez les ouvriers, un dédain du FN pour les milieux syndicaux, sans doute lié à un vieille tradition anti-communiste (elle aussi anachronique). Le FN s’est-il intéressé au fonctionnement des directions des syndicats (ainsi que de leurs services d’ordre) ? Comment expliquer sinon que les défilés de travailleurs entre les deux tours notamment, tous très médiatisés, sont apparus comme des mouvements anti-FN, rendant la présence du FN de fait impossible dans la rue ?

Par ailleurs, même si des voix comme celle de Dieudonné les y ont incitées, les banlieues ont peu voté FN. Environ 20% à Grigny dans l’Essonne, la ville la plus pauvre de France. Pour beaucoup d’électeurs qui ont fait barrage au FN, le « discours de race » reste plus sensible que le « discours de classe ». Le « Front National » reste pour beaucoup un parti nationaliste, et non patriote. Pour beaucoup, il reste lié à l’OAS et à ses héritiers. Et, pour beaucoup, il reste, malgré l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, anti-gaulliste.

De Gaulle parlait, lui, des « liens de communauté » entre l’Afrique et la France. C’est en effet grâce aux troupes africaines des anciennes colonies que la France Combattante, dont le siège fut basé un temps à Brazzaville, a pu libérer des hordes hitlériennes la France, l’Europe et le monde.

En somme, en mai 2017, le vote FN fut un vote de classe, mais pas un vote de lutte de classe.

Valentin Martin
Membre du Bureau national du Comité Valmy
10 mai 2017


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