COMITE VALMY

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L’ennemi commun des peuples

Une menace pâtissière au goût de chocolat.
par Badia Benjelloun

lundi 17 avril 2017, par Comité Valmy


Une menace pâtissière au goût de chocolat.

Démonstration par l’absurde.

Le ciel syrien semblait être devenu inviolable depuis que la DCA de l’armée syrienne avait abattu un chasseur israélien le 17 mars 2017. Déjà en septembre 2016, la Syrie affirmait avoir détruit deux appareils de l’entité sioniste. Dans l’intervalle, en janvier 2017, les forces d’occupation de la Palestine avaient attaqué un dépôt d’armes près de l’aéroport de Damas par tirs de missiles lancés depuis un avion de combat au nord du lac Tibériade. D’autres sources se sont plu à évoquer plutôt l’emploi d’avions furtifs équipés de missiles air-sol Popeye. Depuis qu’un Sukhoi 24 avait été abattu en novembre 2015 à la frontière turco-syrienne, la Russie avait décidé de protéger sa base de Tartous par son système défensif de missiles S300 et S400.
Les 59 Tomahawk lancés ce 7 avril sont bien un épisode de cette joute dont l’enjeu est la maitrise de l’espace aérien proche-oriental. Le territoire de la grande Syrie, Liban, Palestine et Syrie actuelle (120 000 km2) représente environ le sixième de la superficie de la France (643 000 km2). Ce mouchoir de poche était la chasse gardée de l’armée israélienne qui dominait ses voisins du haut des équipements sophistiqués fournis par le CMI pour en faire une exhibition menaçante et fracassante.
La démonstration que cette époque est révolue est sans appel même si elle emprunte l’inélégance des raisonnements par l’absurde. Elle tient seulement en deux points.
Moins de la moitié des missiles tirés depuis l’USS Porter et l’USS Ross ont achevé leur parcours, parler ici de cible atteinte est dérisoire, seul un hangar abritant deux vieux coucous des années 70 et une piste non principales ont été détruits.
Les sorties aériennes des USA se sont réduites considérablement, une centaine hebdomadaire versus 2000 habituellement, attendant que les Russes veuillent bien reprendre leur coopération pour éviter des incidents aériens indésirables entre les deux parties. Poutine a conditionné cette reprise des échanges d’informations à Tillerson venu la quémander à Moscou. Les Usa doivent se cantonner à frapper exclusivement leur créature protéiforme, Daesh et épargner assidûment les forces armées syriennes.

Ce que le flegmatique et cauteleux Obama dissimulait en se ‘contentant’ d’utiliser des drones et des frappes à distance, la pusillanimité de Trump l’a mis au jour avec la brutalité grossière d’un garçon vacher niais et prétentieux. Les Russes ont été contraints de révéler leur capacité de brouiller et désactiver les systèmes de guidage des armes du bloc occidental. Le ton peu amène et inhabituel avec lequel le représentant de la Fédération de Russie à l’ONU a interpellé son homologue britannique est la traduction explicite verbale de la réaction russe.
Poutine tentera encore si l’adversaire en est capable d’éviter la confrontation (27 millions de morts soviétiques en 39-45) car il en connaît le prix, il évitera d’humilier l’ennemi même terrassé car il est d’une haute culture donc d’une moralité supérieure.
Il fait sa part de travail, toute de retenue, pour reculer le spectre d’une annihilation de l’humanité grâce à des explosions nucléaires.

Situation à missiles tirés (ou pas).

Le chocolat dégusté avec son hôte chinois pendant qu’il lui annonçait qu’un chapelet de bombes se déversait sur la Syrie est une intimidation mise en scène et imaginée par un enfant gâté et attardé. Les deux chefs d’Etat se rencontraient pour désamorcer la guerre commerciale promise par Trump dès avant son élection. La moindre des rétorsions de la part de Pékin pourrait être une accélération de la dédollarisation de l’économie mondiale, quitte à paralyser momentanément tout échange international pour aller à sa réorganisation selon d’autres normes qui ne seront plus en faveur des Usa et leurs vassaux. Or la Syrie est sous protection de la Chine qui oppose son veto aux résolutions proposées par le bloc occidental à son encontre. En bloquant officiellement l’importation du charbon nord-coréen en février 2017, suite à de nouveaux tests de missile par Pyongyang, les autorités chinoises effectuaient un geste d’apaisement en direction des chiens fous et mal éduqués au pouvoir aux Usa. Les liaisons aériennes civiles vont même être interrompues par Air China. Pékin entend discipliner son allié nord-coréen mais ne tolérera pas des manifestations étasuniennes intempestives dans ses eaux territoriales. Or les Usa ont envoyé au cours de la semaine un groupe aéronaval dans la péninsule coréenne puis un destroyer lance-missiles en mer de Chine méridionale.
La Chine a sans doute appuyé son conseil de désescalade, l’essai de tirs de missiles par Pyongyang annoncé pour la fête nationale du 15 avril n’a pas eu lieu, mettant une fin toute provisoire aux provocations étasuniennes et aux démonstrations de capacités défensives nord-coréennes répétées à juste titre. Saddam Hussein et Mouammar Qaddafi ont été assassinés et leurs pays ruinés parce qu’ils n’avaient pas l’arme nucléaire.
Depuis l’irruption d’un sous-marin furtif chinois en octobre 2006 au beau milieu d’un exercice mené par la 7ème flotte au large d’Okinawa à proximité d’un porte-avions, de deux sous-marins d’attaque et onze destroyers, la marine chinoise s’est hissée au moins au troisième rang mondial par ses capacités accrues. Pas moins de 70 (ou 73) sous-marins versus 75 pour les Usa dont plusieurs conçus pour lancer des engins balistiques nucléaires. Les îles artificielles construites disposent d’aérodromes sont autant de lignes de défense en mer de Chine méridionale.
Dès 2007, la destruction d’un satellite météorologique par un missile chinois a été comprise par les experts militaires étasuniens comme un saut qualitatif inquiétant de la défense militaire chinoise.
Enfin, en matière de cyber-guerre, au-delà du hacking et de l’espionnage intrusif Pékin a montré par le passé sa capacité à détourner des flux de connexion internet ciblées.

La sagesse élémentaire invite à gagner la guerre sans tirer un seul coup de feu.
Y a-t-il encore des généraux autour de l’exécutif américain pour lui rappeler que les prétendants à la rivalité avec les Usa peuvent les contrer à armes égales désormais ? La prochaine bataille que livrera Bouddha souriant ne se fera pas à coup de fondant au chocolat.

Badia Benjelloun
16 avril 2017


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