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Election présidentielle -
David Desgouilles : pourquoi le débat de ce soir
n’est pas démocratique

lundi 20 mars 2017, par Comité Valmy


pourquoi le débat de ce soir
n’est pas démocratique

FIGAROVOX/TRIBUNE- Seuls cinq candidats sur 11 débattront ce soir sur TF1. David Desgouilles dénonce ce choix, une injustice pour les autres candidats légitimement investis.

David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. Il a publié Le bruit de la douche, une uchronie qui imagine le destin de DSK sans l’affaire du Sofitel (éd. Michalon, juin 2015). Son nouveau roman de politique-fiction, Dérapage, vient de paraître aux éditions du Rocher.

Dans la foulée des deux élections primaires, les chaînes de télévision ont pris goût à l’organisation de débats à plusieurs. Ces confrontations - nous l’avons parfois dénoncé ici - ont souvent été présentées sous un format qui tenait davantage à la retransmission sportive, avec avant-match et après-match, interviews chez les supporteurs des différentes équipes. Le souci de l’audimat, il faut le reconnaître, primait sur le souci démocratique. Toutefois, ces différents débats ont joué un rôle dans les victoires finales de Benoît Hamon et surtout François Fillon. Alors que nous en arrivons à la véritable élection présidentielle, c’est-à-dire celle qui devrait mobiliser plus de trente millions de citoyens et non plus trois ou quatre, les chaînes de télévision ont donc décidé d’organiser des débats télévisés pour le premier tour. France Télévisions et BFM ont logiquement décidé de convier tous les candidats. Mais TF1 a décidé de n’en inviter que cinq, ceux que les sondages placent au-dessus de 10% d’intention de vote. Au nom de quoi une chaîne de télévision s’arroge-t-elle le droit d’éliminer six candidats qui ont obtenu le droit de se présenter, en collectant les cinq-cents parrainages nécessaires, dans des conditions rendues encore plus difficiles par la loi ? Au nom de quoi décide-t-elle de sélectionner avant les électeurs, ceux qui ont le droit d’interpeller leurs concurrents, et ceux qui n’en ont pas le droit ? Au nom de quoi s’ingère-t-elle ainsi dans le processus démocratique ? On nous parle de la difficulté d’organiser un débat avec onze candidats. Nous en sommes conscients. Mais TF1 ne peut en aucun cas utiliser cet argument sans vergogne. Car elle avait décidé de cette confrontation à cinq avant même de connaître le nombre définitif de candidats. Et parce que deux autres chaînes relèvent le défi démocratique malgré la difficulté de la tâche. Lors de la primaire de droite, par exemple, tous les candidats avaient été convoqués, c’est-à-dire sept protagonistes. Si la chaîne avait décidé de n’inviter que les cinq candidats placés à plus de 10% dans les sondages, François Fillon n’aurait pas pu y participer. Benoît Hamon n’était pas non plus au mieux de sa forme dans les études d’opinion au moment où démarrait la primaire de gauche. Jean-Frédéric Poisson et Sylvia Pinel, par exemple, furent aussi conviés à participer à ces débats sans que TF1 n’y voie un problème. Alors que la moitié des électeurs n’a pas encore pris sa décision définitive et que l’élection est plus ouverte qu’elle ne l’a jamais été dans l’histoire de la Ve République, la décision de TF1 est scandaleuse et surtout immorale. Elle est légale, d’après le Conseil d’Etat qui a rejeté le référé intenté par Nicolas Dupont-Aignan mais elle n’en demeure pas moins illégitime. C’est ainsi que je ne regarderai pas ce débat, que je ne le commenterai donc pas non plus dans ces colonnes comme dans d’autres. Tout journaliste, tout observateur, et même tout citoyen épris du souci démocratique devrait, si ce n’est en faire autant, au moins réfléchir à la question.

David Desgouilles
20 MARS 2017


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