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Assad : Raqqa sera
la prochaine priorité de l’armée syrienne
par Al Manar

dimanche 12 mars 2017, par Comité Valmy


Assad : Raqqa sera
la prochaine priorité de l’armée syrienne

Dans une interview qu’il a accordé à la chaîne chinoise de télévision “Phoenix”, le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que Raqqa, fief de Daech en SYrie sera « la priorité » de l’armée syrienne les jours prochains, a rapporté l’agence d’informations syrienne SANA.

Selon lui, la libération de Tadmor (Palmyre), dans la rpovince centrale de Homs a permis aux forces syriennes d’atteindre le fleuve de l’Euphrate qui est très proche de la ville de Raqqa ».

 » Mais cela ne signifie pas que les autres villes ne sont pas prioritaires. Tadmor se situe sur la route qui mène à Deir Ezzor qui se trouve dans la partie Est de la Syrie et à proximité de la frontière irakienne. Ces zones sont utilisées par Daech comme passage au soutien logistique entre l’Irak et la Syrie « .

Interrogé sur la priorité du président américain Donald Trump de vaincre “Daech”, le président al-Assad a constaté que » les raids de la colaition contre Daech se limitent à de petites zones. Or, il est impossible de lutter contre le terrorisme d’une manière partielle ou temporaire. Il est illogique de réduire cette lutte à des raids, il faut une coopération avec les forces sur le terrain ».

« C’est pourquoi les Russes ont réussi depuis le début de leur soutien à l’armée syrienne à faire reculer Daech. J’espère que l’administration américaine joindra l’acte à la parole en tenant compte du fait que le terrorisme ne se limite pas à Daech, mais il y a aussi Al-Nosra et d’autres groupes qui ne sont pas affiliés à Daech, mais à Al-Qaïda et qui ont la même idéologie wahhabite extrémiste » a-t-il poursuivi.

Interrogé sur la Haute commission des négociations, coalition regroupant certains protagonistes de l’opposition syrienne soutenus par l’Arabie Saoudite, le président Assad a assuré que » le fait de compter sur un pays étranger pour régler ses problèmes est un acte non patriotique. L’Arabie doit tenir compte du peuple syrien, et non pas miser sur n’importe quel gouvernement ou administration ».

M.Assad n’a pas écarté l’idée d’ »une possible coopération avec l’administration américaine dans la lutte contre le terrorisme du point de vue théorique. Mais, pratiquement, il n’est pas encore temps, car il n’y a pas de contact entre la Syrie et les Etats-Unis au niveau officiel » avant d’ajouter qu’ »il n’ y a pas de contact direct avec le président des Etats-Unis, toutefois il y a des contacts indirects avec lui via plusieurs canaux. Mais, il est impossible de parier sur les canaux privés et il faut que les contacts deviennent officiels pour véritablement parler de lien réel avec l’administration ».

M.Assad a démenti avoir donné un feu vert aux forces américaines pour venir à Manbej : » aucun feu vert n’a été donné. D’ailleurs, toute force étrangère qui entre en Syrie sans notre autorisation et sans nous consulter est une force occupante qu’elle soit américaine, turque ou autre ».

Les pourparlers de Genève risquent de se prolonger

Le numéro un a estimé que « les pourparlers de Genève sont un pas sur une longue voie pour résoudre la crise en Syrie », ajoutant que « d’autres rounds sont nécessaires que ce soit à Genève ou à Astana ».

 » Ces pourparlers doivent être inter-syriens sauf que la délégation de l’opposition n’est pas unifiée . ll y avait différentes délégations de l’opposition à Genève. D’où la question que nous nous sommes posées : avec qui sommes-nous censés négocier ? Qui représente l’opposition ? », s’est interrogé le président al-Assad.

Selon lui il n’y a pas eu de négociations cette fois-ci à Genève. « C’est une des raisons pour lesquelles les pourparlers n’ont rien réalisé. La seule question dont on a discuté à Genève était l’ordre de jour », a-t-il précisé.

Et d’ajouter : » le règlement en Syrie contient deux volets : le premier est la lutte antiterroriste qui est une obligation pour le gouvernement envers le peuple syrien. Il doit recourir à tous les moyens disponibles en vue d’éradiquer les terroristes qui tuent et détruisent en Syrie . Le deuxième est le dialogue qui englobe plusieurs facettes. Ainsi, sur le plan politique concernant l’avenir de la Syrie et la nature du régime politique , seuls les Syriens s’exprimeront sur la question par le biais d’un référendum. Sur le plan de la réconciliation, il convient d’encourager et d’aider les personnes qui étaient affiliées aux terroristes et qui ont commis des actes terroristes à retourner à leur vie normale et à livrer leurs armes dans le cadre d’une amnistie présidentielle ».

Il a noté que » le seul règlement depuis le début de la guerre déclenchée contre la Syrie, réside dans les réconciliations entre le gouvernement et les hommes armés : plusieurs sont retournés dans le giron de l’Etat syrien et combattent actuellement à ses côtés, d’autres ont déposé leurs armes et ont repris leur vie normale ».

Rôle de la Chine et de la Russie

Interrogé sur le veto opposé la semaine dernière par la Russie et la Chine contre de nouvelles sanctions à l’encontre de la Syrie, le président al-Assad a répondu : “Les positions de la Russie et de la Chine ne se limitent pas au soutien au gouvernement syrien ou au président syrien. En Occident, ils tentent de prétendre que la question est personnelle et que la Russie, la Chine, l’Iran et d’autres pays soutiennent cette personne en tant que président. C’est incorrect. La Chine est un membre du Conseil de sécurité et s’engage à respecter la Charte de l’ONU. En opposant le veto, elle défend avant tout la Charte. Avec la Russie, elle a rééquilibré le monde en établissant une sorte d’équilibre politique au sein de l’ONU. La Chine par le biais de ce veto protège les intérêts chinois, les intérêts syriens et les intérêts du monde entier, notamment les pays petits ou faibles ».

A la question de savoir quels sont les secteurs auxquels la Chine contribuerait pour reconstruire la Syrie, le président syrien a précisé : “La Chine peut contribuerdans tous les secteurs sans exception, car les terroristes les ont tous visés. Avant le lancement du processus de reconstruction globale, la Chine participe directement à la construction de plusieurs projets, notamment les projets industriels en Syrie. Mais plus tard que la stabilité sécuritaire sera établie, la question la plus importante sera la construction des banlieues détruites, en plus des infrastructures et les projets industriels qui peuvent être dans le secteur privé ou dans le secteur public en Syrie ».

Concernant les extrémistes chinois qui combattent aux côtés de Daech et qui menacent la Syrie et la Chine, il a indiqué que « la nationalité des extrémistes et des terroristes n’est pas importante, car ils ne connaissent pas de frontières et n’appartiennent à aucun pays », dévoilant » une coopération entre les services de renseignement syrien et chinois concernant les terroristes qui viennent de la Chine ».

Le prix d’Oscar à Al-Qaïda

Interrogé sur le prix Oscar accordé au documentaire sur les Casques Blancs, unité de la Défense civile qui oeuvre dans plusieurs régions syriennes, le président al-Assad a commenté avec ironie :

« C’est un événement inédit en Occident, l’octroi du prix d’Oscar à Al-Qaïda. C’est incroyable. C’est une autre preuve sur le fait que les Oscars, les Nobel et d’autres sont des prix politisés. L’histoire des “Casques blancs” est simple, c’est une opération esthétique réalisée sur le Front alNosra en Syrie pour remplacer son visage laid par un autre plus humain. Cette histoire avait pour objectif d’interdire à l’armée syrienne, pendant l’opération de libération d’Alep, de libérer les quartiers occupés par les terroristes et de faire croire que l’armée syrienne et les Russes attaquent les civils et le personnel humanitaire ».

Et de conclure : « S’il n’y a pas d’ ingérence ou d’intervention étrangère, la question prendra quelques mois. La question n’est pas compliquée au niveau intérieur. La complication réside dans l’intervention étrangère ».

11 mars 2017

Source : Avec SANA


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