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Un face-à-face Damas-Ankara serait-il possible ?
Pars Today

samedi 4 mars 2017, par Comité Valmy


Un face-à-face Damas-Ankara serait-il possible ?

Selon Mohamad Kamal al-Jafa, observateur du QG d’Alep, l’armée syrienne est prête à marcher sur Tabqa et Raqqa et il y a de fortes chances pour que l’armée syrienne et les forces turques entrent en conflit, une fois al-Bab libérée.

" Les combats s’intensifient sur les fronts du Nord d’Alep, combats qui impliquent à la fois les terroristes soutenus par la Turquie, les Kurdes syriens appuyés par les États-Unis et bien sûr l’armée nationale syrienne. Or Daech constitue la cible commune de toutes ces forces qui le combattent pour des raisons stratégiques différentes ", a ajouté le général syrien.

Selon lui, " depuis que l’armée syrienne et ses alliés du Hezbollah sont arrivés à l’entrée du sud de la ville de Tadef, un district d’al-Bab, et que cette information a été confirmée par le ministère russe de la Défense, les observateurs ont cru comprendre que les accords passés entre la Russie, la Turquie et la Syrie étaient toujours de vigueur ".

Le général al-Jafa s’est ensuite référé à l’une des clauses des accords précités, celle qui définit la ligne de front : " Une première étape des combats pour nettoyer le Nord-est d’Alep de la présence des terroristes incluait une répartition des efforts entre les trois composantes syrienne, turque et kurde. En réalité, la Russie a joué pendant cette première étape le rôle d’arbitre et elle a toujours empêché que les combats éclatent entre l’armée syrienne et les forces turques."

Le général n’est pas toutefois très optimiste sur la suite des événements et ne peut pas écarter le risque d’une confrontation entre Ankara et Damas : " L’armée syrienne avance vers une localité située dans le Nord du lac al-Jaboul. Cette localité s’étend aussi à Rasm al-Abd, Rasm al-Karoum et Rasm al-Harmal avant de finir dans les villages d’al-Mazboura et d’Abou Jabar Kabir. Une très grande offensive a déjà été lancée pour briser les fortifications de Daech sur la totalité de cette ligne de front longue de 60 kilomètres."

D’après cette source fiable au sein du QG des opérations à Alep, " toutes les fortifications de Daech se sont effondrées ces sept derniers jours, fortifications que le groupe terroriste s’était fait ériger ces trois dernières années en vendant le pétrole de contrebande tiré des puits syriens ou encore en faisant écouler les richesses minières et hydrauliques de la région. En à peine sept jours, l’armée syrienne a réussi à reconquérir quelque 500 kilomètres carrés des régions du Nord-est d’Alep et elle fait face désormais à un dilemme : soit elle va se diriger vers la principale source d’eau de la ville d’Alep, soit elle s’orientera vers le nord pour contrer l’avancée des militaires turcs et de leurs mercenaires impliqués dans les opérations Bouclier de l’Euphrate. Dans ce second cas, l’objectif de l’armée syrienne consisterait à endiguer l’avancée de la Turquie vers le Sud soit vers la ville de Manbij. On sait que Daech est sur le point de s’effondrer à Manbij et la Turquie n’aura aucun mal à reprendre cette ville et à l’annexer à l’axe Jarablous/al-Bab qu’elle occupe."

Selon le général syrien, l’armée syrienne devra exercer le même plan pour contrer, là aussi, l’avancée des kurdes soutenus par Washington vers le sud et la ville stratégique de Manbij.

" Les récentes progressions de l’armée syrienne dans le Nord-est d’Alep ont permis que cette région soit mise à nouveau en contact avec Alep, elle-même, et partant avec d’autres provinces syriennes. Il est évident que la progression de l’armée syrienne vers le sud va redoubler les pressions sur Daech qui, de ce fait, devra se replier dans l’Est d’al-Jaboul. Le fait d’ouvrir de nouveaux fronts de combat facilitera l’avancée des forces syriennes vers Tabqa, le barrage de l’Euphrate et puis la ville de Raqqa. L’armée syrienne contrôle désormais la source d’eau de la ville d’Alep. Elle assure ainsi l’approvisionnement en eau de quelque 4 millions d’habitants d’Alep à partir de l’Euphrate", a dit le général avant de conclure :

" Si la Russie, la Turquie et la Syrie ne parviennent pas à tomber d’accord dans les heures à venir sur ce qui devrait advenir après la libération d’al-Bab, et bien, une sanglante confrontation entre l’armée turque et l’armée syrienne n’est pas à écarter."

3 mars 2017


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