COMITE VALMY

Accueil du site > - EURO DICTATURE OCCIDENTALISTE et OTAN : En sortir pour s’en (...) > L’Emmanuel Macron de Jeanne d’Arc, du Puy-du-fou et du récit national a-t-il (...)

Macron premier couteau de l’oligarchie

L’Emmanuel Macron de Jeanne d’Arc,
du Puy-du-fou et du récit national a-t-il jamais existé ?
Par Arnaud Benedetti

dimanche 19 février 2017, par Comité Valmy


***

L’Emmanuel Macron de Jeanne d’Arc,
du Puy-du-fou et du récit national a-t-il jamais existé ?

FIGAROVOX/TRIBUNE - En affirmant qu’il n’y a pas de culture française puis que la colonisation fut un crime contre l’humanité, Emmanuel Macron épouse l’ère de la Com’ aussi triomphante qu’exaspérante, estime le chercheur Arnaud Benedetti.

Arnaud Benedetti est professeur associé à la Sorbonne et co-auteur de Communiquer , c’est vivre (éd. Cherche-midi, 2016) et de La communication (Economica, 2017). Il publiera prochainement La fin de la com’ (éd. du Cerf, 2017).

Coup sur coup , Emmanuel Macron nous a dit en deux déclarations son rapport à l’Histoire. Affirmant qu’il n’existe pas de culture française, il s’inscrit , digne enfant du « terranovisme », dans cette perspective sans racines que le rapport avorté du conseiller d’Etat Tuot exaltait en 2013 pour mieux reconstruire un passé accueillant aux vents de tous les communautarismes. L’assimilation de la colonisation française en Algérie à un « crime contre l’humanité », outre qu’elle sur-infecte des plaies mémorielles chez nombre de nos compatriotes pieds noirs et harkis, criminalise notre histoire au service d’une repentance dont la visée électorale n’échappe à personne .

Ses propos sur la colonisation effacent les clins d’œil
plus anciens à Jeanne d’Arc et au récit national
que sa visite ministérielle au Puy-du-fou
en terre vendéenne avait esquissé.

Cette double prise de position à quinze jours d’intervalles efface les clins d’œil plus anciens à Jeanne d’Arc et au récit national que sa visite ministérielle au Puy-du-fou en terre vendéenne avait esquissé. Accélérant sa campagne, toute de symboles bien plus que d’offre programmatique, Macron déroule le discours dominant, celui de la com’, celui de la sidération par l’activisme communicant et par l’exaltation d’un imaginaire rallié au culte de l’immédiat .

Le jeune Macron n’aime pas l’ancien ; il le fait savoir et à son corps défendant il en vient même parfois à l’avouer jusque dans une rhétorique post-oratoire nourrie d’un phrasé saccadé tout droit issu de cette culture « power-point » qu’il parle couramment à l’instar des nouvelles élites sans lettre ni mémoires.

Macron joue des deux registres :
il promet un horizon de bonheur consumériste
et liquide les spectres d’une histoire lourde.

Macron s’installe ainsi, jour après jour, comme la plus exacerbée et exacerbante métaphore de la com’. Il en délivre tous les rythmes et tous les codes. Les premiers se manifestent par une hyper-saturation de l’espace médiatique, par un face-à-face permanent et construit avec les médias, par une économie de la com’ qui circule non pas du candidat au peuple mais du produit au people...

Le marketing n’est pas tant celui du préau , du marché - lieux de mémoire des vieilles politiques républicaines - que celui des scènes calculées avec ses plans médias, ses salles chauffées par des agitateurs de shows télévisés, ses photos calculées à destination d’une presse magazine friande de poses prétendument spontanées mais millimétriquement sophistiquées.

Macron reflète la société médiatique ; il en est tout à la fois le Narcisse et la Léthé, la déesse de l’oubli ... Car là où souffle l’esprit de la com’ se déploie aussi le voile de l’amnésie. La com’ agit par magie ; elle vise d’abord à transformer notre rapport au réel, soit en le liquidant par dénégation et en lui substituant un avenir tout d’optimisme et d’harmonie, soit en exorcisant son passé.

Macron joue des deux registres : il promet un horizon de bonheur consumériste et liquide les spectres d’une histoire lourde, belliqueuse, conflictuelle, traumatisante...

Il est le héraut des générations mainstream pour lesquelles il n’y a pas d’Histoire mais des histoires qui viennent se greffer les unes aux autres, morceaux d’un puzzle très « united color » à la mode Benetton... Macron préfère la publicité au réel, on l’aura compris.

Cette vieille culture française, son Histoire, il n’a sans doute pas appris à les aimer... et en ce sens il est le produit d’un temps où les maîtres ont failli à transmettre . Quand il n’y a plus de transmission reste alors la com’...

Arnaud Benedetti
17 février 2017


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>