COMITE VALMY

Accueil du site > - L’UNION de la RESISTANCE, le CNR, son programme, NOS REFERENCES. > ORIENTATION STRATEGIQUE Résistance républicaine, patriotique et sociale - (...) > Déclaration de la CGT de Saint-Vincent-de-Paul pour la commémoration de la (...)

Déclaration de la CGT de Saint-Vincent-de-Paul pour la commémoration de la Libération

mercredi 25 août 2010, par Comité Valmy


25 août 2010

Nous sommes ici pour commémorer le 66e anniversaire de la libération de l’Assistance Publique, le 20 août 1944.

Commémorer c’est raviver la mémoire. Mais au-delà des interprétations qui peuvent accompagner l’actualisation du souvenir, il reste les faits, lesquels comme nous le savons tous « sont têtus »...[1]

Quels sont les faits que nous commémorons aujourd’hui ? Il y a 66 ans, des hommes et des femmes sont morts pour libérer notre pays, pour libérer l’institution hospitalière qui est la nôtre. Il y a 66 ans, des hommes et des femmes se sont battus et certains l’ont payé de leur vie. Ils se sont battus contre l’occupant nazi et contre le régime collaborationniste et corrompu de Vichy. Mais nous devons nous souvenir aussi que ces hommes et ces femmes, qui appartenaient, faut-il le rappeler, à un éventail politique qui allait des royalistes à l’extrême gauche, se sont battus ensemble au nom de valeurs communes, qu’ils se sont aussi battus et sont morts pour une société plus juste, plus humaine et plus démocratique. La CGT, alors contrainte à la clandestinité, a payé un lourd tribut à ce combat, et je ne citerai ici que l’un de ses membres les plus emblématiques, Corentin Celton, soldat et résistant de valeur, qui organisa la résistance syndicale au sein de l’Assistance Publique, dont il avait été exclu par une Direction Générale aux ordres de Pétain et des nazis.

Les valeurs communes qui rassemblaient les forces vives de la nation[2] ont trouvé leur expression dans le Programme élaboré par le Conseil National de la Résistance, appliqué dès 1944. Ces valeurs pour lesquelles sont morts les hommes et les femmes qui ont libéré jadis le Siège de l’Assistance Publique, je n’en citerai que quelques-unes : le vote des femmes, la création des Comités d’Entreprise, la création de la Sécurité Sociale, la nationalisation des crédits, la nationalisation du gaz et de l’électricité, l’augmentation générale des salaires, la création du SMIG, l’impôt spécial sur les hauts revenus, la liberté de la presse et son indépendance à l’égard de l’Etat, etc., etc. C’est sur cette base que s’est établi un consensus national qui faisait pièce au régime raciste et dictatorial de Vichy. Aujourd’hui, mis à part le vote des femmes, toutes ces valeurs sont malmenées…

Raviver le souvenir sans en tirer les enseignements, c’est se condamner à la nostalgie. Particulièrement en ce jour de commémoration, la CGT n’est pas dans la nostalgie, mais elle entend bien ne pas oublier l’histoire. Force est de constater qu’à l’heure où notre institution, l’AP-HP, est soumise à une attaque sans précédent sous prétexte d’économie et de modernisation, nous devons à nouveau nous battre pour ces mêmes valeurs qui à l’époque rassemblèrent des hommes et des femmes de tous bords. Aujourd’hui, nous devons continuer à nous battre pour imposer une société plus juste et plus démocratique, et nous devons combattre plus que jamais les attaques et les manœuvres d’un patronat jadis collaborationniste et aujourd’hui revanchard. En 2007, Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, ne déclarait-il pas qu’il fallait « défaire méthodiquement le programme du CNR », précisant même : « le gouvernement s’y emploie »[3]…

Aujourd’hui, nous subissons directement à l’AP-HP les conséquences de cette politique, avec son cortège de drames sociaux et humains, particulièrement à Saint-Vincent-de-Paul où furent cachés et sauvés de nombreux enfants juifs, hôpital désormais sacrifié sur l’autel du néo-libéralisme. La CGT n’est ni contre les réformes, ni contre l’actualisation de notre système de santé. Mais les réformes que l’on veut nous imposer, en subordonnant la Santé à une logique comptable, sont injustes, génératrices d’inégalités et de crise sanitaire pour l’ensemble de la population. Ces réformes visent de fait à démanteler les services publics, piliers de notre République issue de 1789, et dont la charte républicaine fut réactualisée en son temps par le programme du CNR.

Aussi, ce que nous voulons dire à celles et ceux dont nous commémorons aujourd’hui le souvenir, c’est que nous poursuivons leur combat avec toutes celles et tous ceux qui, à l’AP-HP - quels que soient leurs grades, leurs fonctions et leurs convictions politiques - partagent ces valeurs républicaines de démocratie et de justice.

Ce que nous voulons dire à celles et ceux qui sont morts jadis pour une République « une, indivisible » et solidaire, démocratique et sociale, c’est qu’à travers nos luttes d’aujourd’hui, leur souvenir reste pour nous plus vivant que jamais.

Pour le Syndicat CGT de Saint-Vincent-de-Paul

Bernard Giusti, Secrétaire Général


[1] Lénine, Lettre aux camarades, 17 (30) octobre 1917.

[2] A l’exception du patronat qui avait collaboré de façon honteuse avec l’ennemi.

[3] In Challenges, 4 octobre 2007.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>