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Aix en Provence :

Débaptiser la Rue Adolphe Thiers,nom du « boucher de la Commune de Paris » ?

lundi 15 septembre 2008, par Comité Valmy

Ce texte légèrement adapté a été diffusé sous forme de tract à Aix en Provence pendant cette commémoration de Thiers.

À Aix en Provence, de manière récurrente, la question du nom des rues de la cité est révélatrice de l’idéologie de classe, réactionnaire et bourgeoise, de madame Maryse Joissains, maire sarkozyste de la ville.

Récemment, elle a envisagé sérieusement de donner à une rue d’Aix le nom de Bastien Thiry qui, au nom de l’OAS, a organisé l’attentat du Petit Clamart qui fut très près de réussir l’assassinat de Charles de Gaulle le 22 août 1962.

Persévérant dans cette démarche idéologique méthodique, voilà qu’elle a trouvé un nouveau héros bien dans l’esprit du pouvoir actuel, dont il est urgent, pense t-elle, de redorer le blason : Adolphe Thiers. Le « boucher de la Commune de Paris ».

« Une comparaison en vogue fait de Nicolas Sarkozy la projection de Napoléon III, cet autocrate populiste dans le sillage duquel prospéra une bourgeoisie financière avide et qui, par orgueil et bêtise, précipita en 1870 le pays dans le désastre militaire de Sedan. Passons sur le décalage historique : l’appétit d’enrichissement d’une nouvelle classe possédante, avec Guizot en gourou des marchés, est plus à mettre au compte de la Monarchie de Juillet que du Second Empire. En fait, le livre que Georges Valance vient de consacrer à Adolphe Thiers suggère moins d’analogies avec “Badinguet”, le surnom de l’empereur, qu’avec “Foutriquet”, le sobriquet attribué par les Communards à l’objet de cette captivante biographie. » (Jean-Michel Helvig Rue 89)

Cette comparaison pertinente permet de mieux saisir certaines affinités qui ont amené la municipalité d’Aix en provence à décider pour le 20 septembre 2008, une commémoration de celui que Marx traitait de “nabot monstrueux” et dont il qualifiait la conduite de sanguinaire. Autour du personnage Thiers (1797-1877), tel sera le thème de cette opération municipale hagiographique que le Comité Valmy dénonce fermement.

Adolphe Thiers fut un tyran aux ordres de la bourgeoisie financière de son époque et le premier président de la 3ème République. Au cours de la « semaine sanglante », du 22 mai au 29 mai 1871, il dirigea la répression par les forces versaillaises de la Commune qui fut « la première insurrection prolétarienne autonome ». Cette répression barbare fit selon les sources entre 40000 et 60000 morts. Thiers décida, entre autres, l’assassinat du colonel Louis Rossel qui avait rejoint le camp du peuple, et qu’il fit exécuter. Le général de Gaulle rendit hommage à Louis Rossel à propos duquel le Comité Valmy suggère que son nom pourrait remplacer, de façon plus populairement consensuelle celui de Thiers, pour cette rue d’Aix en Provence, si elle était judicieusement débaptisée par les citoyens.

La Commune fut une expression du patriotisme du peuple de Paris et de France, en même temps que d’internationalisme. « Le Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d’une société nouvelle. Ses martyrs seront enclos dans le grand cœur de la classe ouvrière. »

Comité Valmy

10 Messages de forum

  • Gloire à la COMMUNE et vive la FRANCE
    • Trois économistes expliquent la devise des banquiers : " Pile, je gagne. Face, les contribuables me renflouent avec des centaines de milliards d’euros. "

      « Les Echos.fr : La débâcle de Lehman Brothers menace-t-elle le système bancaire international dans son ensemble ? Le risque systémique est-il réel ?

      Michel AGLIETTA, professeur d’économie à PARIS-X NANTERRE : Oui, certainement. La décision spectaculaire prise par la Réserve fédérale, en élargissant le type d’actifs qu’elle peut prendre en pension, en témoigne. De même que la création, par dix grandes banques, d’un pool de 70 milliards de dollars pour assurer la liquidité du marché interbancaire. Ces mesures ont pour but d’éviter une faillite générale d’un système où toutes les banques sont liées entre elles par des crédits croisés. La décision des autorités monétaires américaines témoigne de leurs craintes d’un risque systémique qui entraînerait une cascade de faillites bancaires. Nous assistons là à une socialisation des pertes des banques. »

      Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, The Guardian, 16 septembre 2008 :

      « Heure des comptes, ou effondrement du château de cartes, chacun choisira son cliché. Le fait est que le dernier soubresaut de cette crise financière que certains comparent avec le krach de Wall Street en 1929, est le résultat du comportement malhonnête des institutions financières, et de l’incompétence de la part des décideurs. Nous sommes habitués à cette hypocrisie. Les banques rejettent toute suggestion visant à les soumettre à une règlementation, les banques repoussent toute proposition de mesures anti-trust - mais lorsque les problèmes surgissent, elles demandent subitement l’intervention de l’Etat : elles doivent être renflouées car elles sont trop grosses, trop importantes, pour pouvoir faillir. »

      Paul Krugman, économiste, New York Times, 15 septembre 2008 :

      « Les conséquences de ces opérations de sauvetage rendent nerveux les responsables de la Fed et du Trésor. Car ils prennent de gros risques avec l’argent des contribuables. Par exemple, la plus grande partie du portefeuille d’actifs de la Fed est à ce jour engagée en contrepartie de prêts garantis par des collatéraux à la valeur douteuse. En outre, les responsables s’inquiètent que leurs efforts de sauvetage puissent encourager l’apparition d’encore plus de comportements à risque. A la longue, cela commence à ressembler à : « Pile, je gagne. Face, les contribuables perdent. »

  • Il serait, enfin temps, de débaptiser tous les édifices, rues, places ou autres qui portent le nom de Monsieur Thiers, ce Pétain de 1871. C’est lui qui a collaboré avec les Allemands pour qu’ils rapatrient les prisonniers français de la guerre. Ces prisonniers, incorporés dans l’armée versaillaise, ont permis le massacre de la Commune de paris lors de la semaine sanglante. De plus lors des négociations du Traité de Francfort, il a lâché l’Alsace et la Lorraine alors que l’on aurait pu payer pour récupérer, au moins une partie de ces territoires. Il a eu cette formule terrible :" Les provinces ça se récupère, l’argent jamais !". Sa vrai place est dans les poubelles de l’Histoire
  • A Bordeaux, il ne s’agit pas d’une rue mais d’une avenue, qui part du Pont de Pierre vers la capitale. Est-ce que Juppé aura le courage de lui rendre le seul nom qu’elle mérite, « avenue de Paris » ? Parce que pour « avenue de la Commune de Paris », il faudra d’abord changer l’équipe municipale, au moins !
  • Voici un portrait de Thiers, très juste : "Passé maître dans la petite fripouillerie politique, virtuose du parjure et de la trahison, rompu à tous les bas stratagèmes, aux expédients sournois et aux viles perfidies de la lutte des partis au parlement, toujours prêt, une fois chassé du ministère, à allumer une révolution, pour l’étouffer dans le sang une fois qu’il y est revenu, avec des préjugés de classe en guise d’idées, de la vanité en guise de coeur, menant une vie privée aussi abjecte que sa vie publique est méprisable,- il ne peut s’empêcher, même maintenant où il joue le rôle d’un Sylla français, de rehausser l’abomination de ses actes par le ridicule de ses fanfaronnades" . "La guerre civile en France, 1871". Karl Marx .
  • a marseille l’élite de la bourgeoisie marseillaise étudie au lycée THIERS, tout un symbole.
  • Bonjour A tous,

    même si je ne porte par particulierement Thiers dans mon coeur , il ne faut pas oublier son rôle actif dans la période dite "des trois glorieuses" . Ensuite sous Napoléon III ci ce dernier l’avait écouté , l’unité allemande n’aurait peut-être pas eu lieu (suite à l’unification Italienne) et empeché la guerre et surtout la défaite de Sedan !!! Pour la Commune ce fut une boucherie ............ Ensuite Thiers au gouvernement , s’il n’avait pas été là je ne sais pas si nous aurions put aussi rapidement trouver les 5 milliards ( je ne me rapelle plus exactement du chiffre) de dédommagement envers l’Allemagne ,et de la rapide libération du territoire Français et aussi son réarmement.

    6 ans aprés l’épisode sanglant de la commune,Thiers mourut , et des millions de Parisiens ainsi que le grand Gambetta était là , sauf bien sur le président Mac-Mahon .

    Donc pas d’excuses pour la Commune , mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque et je sais que c’est loin d’être évident de juger un homme sur toute une carriére , mais thiers fut et restera celui qui imposa la république (autoritaire certes) mais empêcha un retour de la Monarchie ( ou alors c’est grâce à l’aveugement de Henri V , comte de Chambord ).

    Donc s’il fallait laisser simplement des noms de rue et d’avenue voir de square de personnes qui furent tout au long de l’histoire " de grands hommes sans aucune zone d’ombres " le choix ne serait pas aussi simple.

    Ps : et je ne suis pas de droite :).

  • Débaptiser TOUS les boulevards-quais-places-rues-impasses Thiers

    19 février 2011 11:01, par Bernard Bretonnière
    Comme je (fils d’un historien de la Commune, Louis) suis d’accord ! Je reste scandalisé que n’importe quelle "commune" de France puisse encore conserver le nom de ce sanguinaire, n’en fut-il qu’une ! Certaines, comme Rennes, Rochefort, La Rochelle ou Angers, se contentent de "rue Thiers" (ambiguïté avec la ville ? Mais non, ce serait "rue de Thiers", comme "rue de Marseille"... Et il n’est, dans les dictionnaires, aucun autre "homme célèbre" répondant au patronyme de Thiers que notre sinistre Adolphe, prédécesseur-annonciateur d’Adolf) Avez-vous fait le compte de ces communes françaises coupables (si oui, je suis preneur !) puisqu’Aix-en-Provence n’est donc pas la seule. Très vite (et sans garantie), j’ai noté Marseille et Saint-Germain-en-Laye (où il est respectivement né et mort), Cassis, Pontoise, Grenoble, Valence, Boulogne-Billancourt, Lille, Bordeaux, Pontivy, Nice, Belfort, etc. (parmi lesquelles, donc, nombre de municipalités "de gauche" !) Plus ironiques sont les "impasses" Thiers à Saint-Denis ou Pont-Audemer. Ne pourrait-on envisager d’adresser un courrier, voire une pétition, aux maires (inconséquents) de toutes ces communes ? Je signe ! Bien à vous, en complicité et soutien Bernard Bretonnière

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