COMITE VALMY

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Le terroriste de Berlin fuit par la France :
« une faille du système de sécurité français »
Alain Corvez, Russia Today

lundi 26 décembre 2016, par Comité Valmy


Le terroriste de Berlin fuit par la France :
« une faille du système de sécurité français »

Il est urgent de revoir complètement le contrôle aux frontières et le travail des services de renseignement, affirme le colonel Alain Corvez, sinon il serait impossible d’empêcher la fuite des auteurs des attentats en France et partout en Europe.

RT France : Le terroriste qui a commis l’attentat à Berlin, Anis Amri, aurait fui à Chambéry puis en Italie sans être arrêté. Pensez-vous que cela pourrait prouver la nécessité de fermer les frontières françaises et de sortir de l’espace Schengen ?

A. C. : Le fait qu’il ait traversé le territoire français, si c’est le cas, c’est effectivement la preuve d’une faille dans le système de sécurité français et de contrôle des frontières et de contrôle des gens qui traversent notre territoire. Il faut revoir l’organisation, parce que j’imagine que, dès que son signalement a été connu à Berlin, la police française aura été informée et qu’il n’est pas normal que ce suspect, ce fuyard, ait pu traverser le territoire français sans être repéré.

RT France : Selon vous, est-ce que c’est une faille occasionnelle ou cela reflète des problèmes plus globaux de la situation sécuritaire en France ?

A. C. : Ce n’est pas occasionnel. Je crois que, d’une manière plus générale, vous savez bien qu’on peut passer dans le pays, au sein de l’espace Schengen ou de l’Union européenne sans aucun contrôle. Il faut donc revoir tout ce système de contrôle des frontières, face à cette vague des migrants qui envahissent l’Europe. Il y a une faille évidente – le fait que ce Tunisien ait pu se rendre en Italie – je crois qu’il faut revenir à ce que les Etats assurent la souveraineté de leurs frontières, en s’assurant de qui entre et qui sort du territoire.

« Il faut aussi revoir nos échanges d’informations, nos échanges de renseignements à l’intérieur de l’Europe »

RT France : Quelles mesures pourraient être efficaces pour non seulement éviter les tragédies, comme celles de Berlin et de Nice, mais aussi s’assurer que les attentats ne se répètent pas, et que leurs auteurs ne puissent pas fuir via plusieurs pays européens ?

A. C. : La première chose, c’est qu’il faut reprendre les liaisons avec les pays qui sont en première ligne pour lutter contre le terrorisme, c’est-à-dire, la Syrie, la Russie et l’Iran.

Il faut échanger avec les services de renseignement de ces trois pays, et de cette façon essayer de prévoir les préparatifs de ces terroristes. La deuxième chose c’est que la nébuleuse terroriste trouve ses chefs, ses organisateurs au Moyen-Orient, ou au moins ils ont des liens avec le Moyen-Orient, parce qu’ils doivent donner à des cellules dormants en Europe l’ordre d’attaquer. Tous ça est décentralisé, c’est pourquoi il faut un système renforcé de renseignement entre les différents services qui luttent contre le terrorisme, je répète, Syrie, Iran et Russie.

« Le fait qu’on tue un terroriste c’est une réaction qui satisfait l’opinion publique, mais il ne satisfait pas les services de renseignement »

Bien sûr, à l’intérieur de l’Europe, il faut aussi revoir nos échanges d’informations, nos échanges de renseignements, parce qu’ils ont le même problème : qu’un suspect en fuite, comme ce Tunisien, puisse préparer un attentat qu’il a perpétré à Berlin et traverser le territoire français et aller en Italie sans que les autorités, la police et les services de sécurité français n’aient pu l’arrêter.

Il faut revoir complètement le contrôle aux frontières, parce que c’est très mal fait. Pourquoi ce suspect, a-t-il été tué ? Je ne connais pas les circonstances, dans lesquelles ça s’est passé, mais si on l’interrogeait, on pourrait avoir beaucoup d’informations sur la façon dont il avait préparé son attentat.

RT France : Pensez-vous qu’il y a d’autres membres de ce réseau terroriste ?L’interrogatoire d’Anis Amri aurair pu permettre d’obtenir plus d’informations sur cet éventuel réseau ?

A. C. : Oui. Le fait qu’on tue quelqu’un qui vient de commettre un attentat – c’est une réaction primaire qui satisfait l’opinion publique, mais, en même temps, il ne satisfait pas les services de renseignement. Si on interrogeait les gens qui viennent de commettre un attentat, on pourrait avoir des détails sur la façon dont ils s’organisent, c’est ça qui manque.

23 décembre 2016

Colonel Alain Corvez (cr) est un ancien conseiller du ministère de l’Intérieur, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL), actuellement conseiller en stratégie internationale.


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