COMITE VALMY

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Point de vue

Burkini, voile : la vertu ostentatoire
Tartuffe et la société du spectacle islamiste
par Jean-Paul Brighelli

vendredi 2 septembre 2016, par Comité Valmy


Burkini, voile : la vertu ostentatoire

Tartuffe et la société du spectacle islamiste

Invité par Olivier Galzi sur i-télé le 29 août, le député PS Razzy Hammadi a déclaré que c’était « un droit fondamental pour des musulmanes dans notre pays de porter un voile dans l’espace public ». Voilà un homme de gauche comme Terra Nova les aime.

Pendant ce temps, à Colomiers, Manuel Valls parlait de Marianne, « le sein nu, parce qu’elle nourrit le peuple, et qui n’est pas voilée ». Comme Chevènement, il conseille aux musulmans un minimum de discrétion, ce qui offusque immédiatement les divers thuriféraires de l’islam de France.
Et hier à Marseille, à quatre heures de l’après-midi et en plein centre-ville, j’ai croisé une jeune femme en burqa, tenant la main d’une petite fille accoutrée de même.

Ce qui nous ramène au burkini et à l’incident de Sisco. Les types qui avaient « privatisé » la plage selon un principe de « caïdat » (dixit le procureur de la République) se seraient offusqués des photos que prenait un touriste —photographiant probablement le paysage, qui n’est pas mal, comme partout en Corse.
Faudrait savoir.

Le voile est-il fait pour se cacher ou pour être remarquée ?
Nous avons déjà noté ici-même qu’il s’agit en général d’une ostentation de vertu. Le problème — le même depuis Tartuffe — c’est l’hypocrisie. Je me baigne dans une tenue spécifique pour que l’on remarque bien que je suis musulmane — vierge à vie… Je me voile dans la rue pour que l’on m’identifie comme musulmane — donc pure. J’affuble mes filles d’une burqa pour que l’on sache que je suis les règles — et au-delà, parce qu’il faut être sérieusement perturbé(e) pour supposer ostensiblement qu’une petite fille est un objet de désir pour les hommes.

Encore que… Les musulmans sont apparemment les plus grands consommateurs de pornographie. Grand bien leur fasse. Mais qu’ils cessent d’exiger de leurs femmes qu’elles se soumettent, comme dit très bien François De Smet, à une « ostentation de pureté ».

Je n’invoquerai pas les mânes de Guy Debord pour rappeler à tous ceux qui ne connaissent de la Société du spectacle que son titre que l’éminent situationniste des années 1960 ne limitait pas son analyse aux médias : la mise en spectacle est en soi une politique, elle est la preuve que le libéralisme a atteint un stade suprême où l’on ne consomme plus les produits, mais leur image. Analysé comme produit réduit à son image, l’islam n’est plus une religion, mais un colonialisme à rebours.

Que la Ligue des Droits de l’Homme ait amené devant le Conseil d’Etat cette histoire de burkini (dont un universitaire corse — hé oui, ce n’est pas un oxymore — fait ici une belle analyse), qui doit concerner quelques dizaines de personnes en France (ce que l’on remarque, ici, c’est le nombre de musulmanes se baignant carrément tout habillées, ce qui contrevient aux règlements généraux sur l’hygiène — ah, l’hygiène des plages marseillaises…) n’était pas une bonne idée. Aujourd’hui la « gauche inclusive », comme l’appelle Mathieu Bock-Côté, a été hypnotisée par un islamisme qui pratique l’exhibitionnisme identitaire, et elle est « terrifiée à l’idée de se faire accuser de xénophobie ou d’islamophobie » par des gens qui instrumentalisent les droits de l’homme (pour les droits de la femme, inutile d’en parler, elle n’en a aucun). Imaginons demain un changement de gouvernement. Si les nouveaux venus sont un tant soit peu à l’écoute du peuple (et pourquoi ne le seraient-ils pas ? Ça nous changerait), ils modifieront la définition légale de l’espace privé et de l’espace public, et restreindront le premier aux espaces privatifs clos — avec ordre aux forces de police de faire appliquer la loi avec autorité. Ça pend au nez des communautaristes de tout poil — et la Gauche, qui va se faire balayer dans quelques mois, y trouvera sans doute une belle occasion de crier au fascisme, ce qui la revigorera du côté des Quartiers Nord (qui ne votent guère pour elle) ou de Villeurbanne (où d’aucunes espèrent que l’on votera pour elles). Mais peut-être est-il temps de se demander de quel côté est le fascisme — du côté de ceux qui défendent la République, ou du côté d’un islamisme qui prétend la réduire à l’application de la charia, et d’un PS si hanté par la culpabilité post-coloniale qu’il est prêt à avaler n’importe quelle couleuvre communautariste.

Ce que veut le peuple, c’est être débarrassé du spectacle imposé chaque jour de ces dizaines de milliers de voiles prenant possession de la rue. Cela fait des mois et même des années que l’on sent monter l’exaspération, y compris chez des gens qui votaient traditionnellement à gauche et qui déportent leurs voix sur le FN, et qui ne les donneront pas à la droite classique, aussi portée soit-elle à la surenchère. À force d’exiger la liberté de contraindre, les musulmans rigoristes se trouvent aujourd’hui en butte à une hostilité qui ne se cache plus. Si demain c’est la guerre civile, ils en porteront toute la responsabilité.

Alors oui, l’islam a tout intérêt à se faire discret — tout comme les chrétiens et les juifs se sont faits discrets. Les prêtres en tenue se comptent sur les doigts d’une main, et ils ne se baignent pas en soutane. Les juifs partant à la mer en kippa, je crois bien que ça n’existe pas — pas en France en tout cas. Cela n’empêche ni les uns ni les autres de croire à ce qu’ils veulent — Dieu voit le fond de ton cœur, hé patate, il ne s’arrête pas à ta vêture. L’ostentation n’a rien de religieux — c’est juste une manifestation politique, et il y sera répondu politiquement, par une loi qui ramènera la vertu à l’espace privé, et non à son exhibition dans l’espace public, qui paraît toujours un peu louche, par des « fanfarons de vertu », comme dit Cléante dans Tartuffe.
« La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l’on soit sage avec sobriété ».

Ça, c’est dans le Misanthrope. Relisons Molière avant qu’il ne soit interdit. La mise en scène islamisée du Tartuffe, réalisée par Ariane Mnouchkine en 1995, ferait sortir aujourd’hui de ses gonds toute cette intelligentsia islamo-gauchiste qui à l’époque l’applaudissait à Avignon ou à la Cartoucherie de Vincennes. Nos libertés sont grignotées à chaque instant par les ayatollahs de la vertu. Ils devraient se méfier : le retour de flammes pourrait être terrible, et frappera des musulmans bien tranquilles, mais abusés par ceux qui les manipulent. Et Tariq Ramadan et ses Frères musulmans, aujourd’hui d’une discrétion de violette, rafleront la mise.

Jean-Paul Brighelli
30 août 2016
Mise en ligne CV : 31 août 2016


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