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Administration présidentielle. d’Ivanov à Vaïno, le renouvellement des élites
par Karine Bechet-Golovko

mardi 16 août 2016, par Comité Valmy


Administration présidentielle.
D’Ivanov à Vaïno, le renouvellement des élites

Le 12 août, le Président russe a démis de ses fonctions le chef de l’Administration présidentielle Sergueï Ivanov pour le remplacer par un de ses adjoints en charge du protocole, Anton Vaïno. Depuis, les rumeurs se portent à merveilles, d’autant plus que S. Ivanov fait partie du premier cercle des proches du Président et les détrousseurs de cadavres s’en donnent à coeur joie. Dans ce méli-mélo de fantasmes et de technocratie, peu d’analyses émergent finalement.

Le 12 août, le Président annonce le départ de S. Ivanov, qui l’avait lui-même demandé, lui renouvelle sa confiance tout en le nommant à un poste secondaire de Représentant spécial pour l’écologie et les transport et nomme à sa place A. Vaïno, inconnu du grand public, mais incontournable dans les services de protocole.

S. Ivanov, une personnalité complexe

Sergueï Ivanov est une figure très complexe. Issu du renseignement, où il a fait la connaissance de Vladimir Poutine dans les années 70, il a quitté le service en 1998 en tant que Premier vice-directeur du Département européen au SVR (renseignement militaire). Il devient ensuite vice-directeur du FSB en 1998, puis entre au Conseil de sécurité en 1999, puis ministre de la défense en 2001, premier vice Premier ministre en 2005. Il occupera diverses fonctions jusqu’en 2011, où il prendra la tête de l’Administration présidentielle.

Considéré comme proche du Président, avec une image de "siloviki" qui lui a été collé dans le dos, il est plus le reflet de son époque, de ses mythes et de ses aspirations. Anglophone, fan des Beattles, il croyait en une collaboration russo-américaine et y a beaucoup travaillé. BBC rappelle à quel point il était proche du Président américain G. Bush Jr. et Condoliza Rice, dans ses mémoires écrit cela :

"Sergueï était très dur et parfois ses relations avec les Etats Unis étaient douteuses, pour autant, il était possible de compter sur lui. Il ne promettait jamais de faire ce qu’il ne pouvait pas faire. Indépendamment de ses fonctions et rangs, Ivanov est toujours resté le canal de liaison le plus fiable avec Poutine, même dans les situations les plus délicates. Dans les relations entre la Maison Blanche et le Kremlin, ce canal était le plus important et plus adéquat."

Le départ d’Ivanov met fin à un moyen privilégié de communication entre les Etats Unis et la Russie, marquant ainsi la fin d’une époque. La fin d’un rêve.

Anton Vaïno, le renouvellement des élites

A. Vaïno appartient à la nouvelle génération de l’élite russe, celle qui est appelée à remplacer la génération issue de la période soviétique sans tomber dans les errements de la génération des années 90 qui se profile. Cette génération intermédiaire a bénéficié de la solide formation soviétique, sans tomber dans l’idolatrie de l’Occident, qu’elle connait rationnellement, décomplexée.

A. Vaïno est issu du MGIMO, l’Institut des relations international qui forme les diplomates. Il maîtrise le japonais et l’anglais, a travaillé dans diverses ambassades, notamment au Japon, avant d’intégrer une carrière intérieure. Il était notamment un vice de S. Ivanov à l’Administration présidetielle depuis 2012.

Il est intéressant que ce renouvellement ne plaise pas du tout aux médias d’opposition. Alors qu’ils ne cessent d’appeler de leurs voeux un renouvellement, lorsque celui-ci se produit, le mécontentement ne s’évapore pas pour autant. Ils ne voient en A. Vaïno qu’un exécutant de Poutine. RBK estime, par exemple, qu’il s’agit simplement de resserrer les rangs pour chasser la vieille garde corrompue par l’argent et la remplacer par des individus sans charisme politique qui doivent servir le Maître dans un mandat qui s’annonce, selon eux, difficile sur le plan intérieur.

Bref, ne pas faire tourner les élites est un signe de cacification du pouvoir, les faire tourner est un signe de faiblesse. L’analyse, si l’on peut l’appeler ainsi, est particulièrement orientée.

L’attaque la plus ignoble vient de BBC, une fois n’est pas coutume. Ils ont cherché des cadavres, mais n’ont rien trouvé. Alors faute de preuves, il suffit d’accumuler des insinuations. Difficile de trouver quelqu’un qui se souvienne de lui au MGIMO, son grand-père estonien était à la tête du PC du pays et a été rappelé à Moscou (échec), leur maison d’Estonie est à l’abandon, enfin dit-on, d’ailleurs il y a avait même des photos de femmes nus sur les murs et puis Vaïno s’intéresse à de drôles de sujets scientifiques que l’on ne comprend pas, il écrit même des articles scientifiques sur le sujet et son co-auteur n’a même pas voulu répondre à la rédaction pour expliquer aux simples mortels de quoi il s’agissait. Bref, une personne douteuse, bien loin du gendre idéal. Et finalement, rien, aucun faits, simplement une accumulation d’insinuations. Ecoeurant.

L’élan est repris par les plateformes de propagande Meduza ou TV Rain pour ne prendre qu’eux. Afin de prouver la soumission totale de Vaïno à V. Poutine TV Rain publie d’ailleurs toute une série de photos amusantes où l’on voit la tête de Vaïno derrière celle de Poutine. Oubliant peut être que les personnes en charge du protocole se trouvent justement ... derrière.

Beaucoup de changements ont eu lieu à la tête du pouvoir, espérons qu’ils permettront d’obtenir cette homogénéité nécessaire au bon fonctionnement de l’Etat.

Karine Bechet-Golovko
lundi 15 août 2016

Russie politics


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