COMITE VALMY

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Affaire des supporters russes :
la nouvelle Convention européenne sur la sécurité intégrée lors des matches de foot ouvre les cartes
par Karine Bechet-Golovko

mardi 5 juillet 2016, par Comité Valmy


Affaire des supporters russes :
la nouvelle Convention européenne sur la sécurité
intégrée lors des matches de foot ouvre les cartes

Le Conseil de l’Europe vient d’ouvrir à la signature la nouvelle convention devant permettre la sécurité des matches de foot. L’ancienne convention de 1985 sur les violences dans les tribunes est, semble-t-il, dépassée. Elle ne concernait que les tribunes et les instruments juridiques mis en place y sont nationaux. Or, nous vivons à l’heure heureuse de la mondialisation, il faut donc parler "coopération", "pratiques positives", "mesures de services" et autres éléments de langage surfaits. Très simplement, l’état ne peut plus contrôler seul ni l’infrastructure sportive, ni les clubs de sports, ni le mouvement des supporters, ni sa législation sportive. Nous vivons une époque merveilleuse.

Maintenant nous comprenons mieux à quoi ont servies toutes ces violences commises par les supporters anglais avant même le début de l’Euro, cette médiatisation outranciée des supporters russes et cette course-poursuite médiatico-policière débouchant sur des condamnations controversées. L’explication est très simplement donnée par le journal L’équipe :

Pays d’origine des principaux responsables d’actes de violence au début de l’Euro et organisateur de la Coupe du monde 2018, la Russie fait partie des quatorze pays* qui ont signé dimanche à Paris la convention passée entre le Conseil de l’Europe et l’UEFA

Et voilà, c’est fait. Car cette Convention vaut le détour. Elle fut adoptée par les Délégués des ministres le 4 mai. Et toute l’affaire des supporters russes tombe à pic. Surtout avant le Mondial. Pour faire accélérer sa ratification.

Commençons avec le préambule de cette Convention, qui est en lui-même un pur délice :

Conscients de la nécessité de préserver l’Etat de droit dans l’enceinte et à proximité des stades de football et autres enceintes sportives, des voies d’accès vers et depuis le stade, et des autres lieux fréquentés par plusieurs milliers de spectateurs ;

Quel est le rapport entre l’état de droit et les voies d’accès, le stade ou les lieux fréquentés par les spectateurs, osons dire supporters puisque c’est d’eux dont il s’agit ? En soi c’est absurde, si état de droit il y a, il s’étend justement sur l’ensemble du territoire de l’état. L’intérêt ici est de justifier l’extension des compétences des autorités sportives en dehors du stade. Mais très maladroitement, artificiellement. Parce qu’il s’agit de droit et non de politique. Sport ou pas. Mais justement, il s’agit d’idéologie :

Considérant que le sport et l’ensemble des organismes et des parties prenantes intervenant dans l’organisation et la gestion d’un match de football ou d’une autre manifestation sportive doivent défendre les valeurs fondamentales du Conseil de l’Europe,

Si l’on parle de sport, et non de politique ou de l’instrumenatlisation du sport à but idéologique, le sport doit correspondre aux valeurs sportives, à l’esprit sportif qui remonte à une époque où nos pauvres ailleux ne savaient même pas que bien plus tard il y aurait une structure appelée Conseil de l’Europe qui revendiquerait les valeurs européennes qu’elle n’a pas créées, notamment sportives. A cette époque là, ils n’avaient pas besoin "des valeurs du Conseil de l’Europe" pour défendre les valeurs sportives. Les pauvres, comme ce devait être difficile.

L’idée de cette Convention est claire : la question de la sécurité dépasse l’enceinte du stade - c’est vrai et ça l’a toujours été - donc il faut coordonner nos efforts. Bien sûr. Sauf, que pour cela, un Comité central doit être mis en place qui va surveiller que les états prennent les bonnes modificiations législatives, que les normes techniques soient bonnes (comme si elles n’étaient pas vérifiées avant ...), que la circulation des supporters devienne bien une affaire publique et les polices coordonnent leurs efforts et font circuler les informations à caractère privé. A la fois renforcer la surveillance pour plus de sécurité et "délocaliser" le contrôle.

Pour cela, des visites de contrôle seront faites et le Comité peut faire appel à "des experts". Ces fameux experts. Qui pourront expliquer comment modifier la législation sur le sport, quels évènements "contre le racisme" il faut organiser, quelles valeurs il faut promouvoir.

14 pays, dont la Russie, ont signé cette convention :

Bulgarie, France, Géorgie, Grèce, « l’ex-République yougoslave de Macédoine », Lituanie, République de Moldova, Monaco, Monténégro, Pays-Bas, Portugal, Russie, Suisse et Ukraine

Et immédiatement, l’efficacité de cette Convention saute aux yeux, s’il faut pouvoir limiter les infractions commises par les supporters. Ni les anglais, qui sont les plus violents, ni les allemands qui se sont bien défoulés aussi ne sont concernés, car leurs pays n’ ont pas signé. Pas encore, plus tard, ils verront mais c’est promis.

PS : Il est vrai que le sport et la question des supporters est devenu un objet d’intérêt pour les structures internationales, prenons l’exemple de l’Asie centrale. Mme  Aïgerim Sabralieva, originaire de Kirghizie, a tout d’abord travaillé dans l’organisme américain Freedom House, qui s’occupe des réformes politico-juridiques dans les pays qui ne sont pas considérés comme suffisamment "démocratiques". L’espace post-soviétique fut une proie de premier choix. Ensuite, cette jeune femme a été directement implantée dans le comité exécutif de la fédération de foot de Kirghizie. D’où elle est partie pour être promue déjà au Kazakhstan à la tête de l’association des joueurs professionnels de footbal du Kazakhstan, qui fait partie de la FIFPro. Quel est le rapport entre Freedom House et le foot ?

Les supporters deviennent une force, une sorte de masse, qu’il est pratique et utile de contrôler et d’envoyer lorsque cela est nécessaire, sans avoir besoin de se salir les mains. Les pays comme la l’Ukraine le savent pertinamment. L’on se souvriendra du rôle joué par les supporters de foot dans le massacre d’Odessa.

Karine Bechet-Golovko
lundi 4 juillet 2016

Russie politics


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