COMITE VALMY

Accueil du site > - EURO DICTATURE OCCIDENTALISTE et OTAN : En sortir pour s’en (...) > LA BOÎTE DE PANDORE : RÉFORME DES RETRAITES OU AJUSTEMENT NÉOLIBERAL ? - par (...)

LA BOÎTE DE PANDORE : RÉFORME DES RETRAITES OU AJUSTEMENT NÉOLIBERAL ? - par Joël Halpern

lundi 28 juin 2010, par Comité Valmy


LA BOÎTE DE PANDORE (Introduction)

J’avais promis à quelques amis et à mes étudiants de produire une synthèse de mes réflexions sur les retraites. Comme souvent en pareil cas la promesse m’a entraîné dans un article beaucoup plus conséquent qu’envisagé. La retraite concentre les contradictions culturelles et macroéconomiques du néocapitalisme. Démonter les enjeux de son financement impose de remonter les engrenages d’un système économique intégré, dont les éléments ne peuvent être isolés de la logique d’ensemble. Toucher – ou ne pas toucher – aux retraites, c’est diffuser une onde de choc qui se propagera dans tous les compartiments de la vie économique et sociale.

Au conseil européen du 15 mars 2002, le président Jacques Chirac et le premier Ministre Lionel Jospin avaient souscrit à l’engagement européen suivant : « d’ici 2010 augmenter progressivement d’environ 5 ans l’âge moyen effectif de cessation d’activité professionnelle (58 ans actuellement) ».

L’actuelle réforme (pour l’essentiel : réduire le montant et la durée des pensions) s’inscrit bien dans une stratégie d’ensemble. J’appellerai « néolibéralisme » le complexe idéologique aujourd’hui dominant qui inspire la politique de la plupart des pays développés. Il se caractérise en résumé par la reprise de raisonnements traditionnels ultralibéraux et un recours à l’état immodéré (et paradoxal sur le plan des idées). Ses tenants s’orientent sur des enjeux globaux vis-à-vis desquels la question des retraites n’est qu’un regrettable abcès de fixation. Un verrou à faire sauter dans un beaucoup plus vaste programme de financiarisation de l’économie et de la société.

Difficile dans ces conditions de m’en tenir à la concision qu’une gestion rationnelle de mon agenda (et de celui de mes lecteurs) eut pourtant du m’imposer.

Voici en quoi consistera mon argumentation (cliquez sur la présentation pour accéder au texte complet) :

1. L’évolution démographique ne pose en elle-même aucun problème financier qui imposerait les réformes actuelles, leurs motivations sont à rechercher ailleurs. Les points 2, 3, 4 et 5 exploreront les considérants de cette remise en cause. Le point 6 évoquera les conditions d’une autre politique des retraites.

2. La constitution d’une « classe de loisirs » après 60 ans remet en cause la marchandisation générale des activités humaines qui est la substance du capitalisme. La retraite est seulement conçue comme un gaspillage de main d’œuvre et un prélèvement sur l’économie, alors qu’elle constitue aussi un point nodal du lien social et un moteur du changement des rapports sociaux.

3. Le système de retraite par répartition se fonde sur un contrat social entre les générations, à rebours de l’imaginaire individu autosuffisant du néolibéralisme ; il soustrait le montant des cotisations à la gestion des institutions financières et au soutien des « marchés ». Mais la retraite par capitalisation s’avère incertaine et macroéconomiquement indésirable.

4. Si la réforme se focalise sur la réduction des pensions, c’est essentiellement pour enrayer la pression des cotisations sur les charges des entreprises ; la priorité est la réduction de ces dernières pour soulager les entreprises de la double pression de la finance et de la concurrence internationale.

5. La crise globale commencée en 2008 redouble ces conditions d’une urgence financière, personnifiée par « les marchés » et le châtiment qu’ils sont supposés infliger aux pays « déficitaires ». Les retraites deviennent alors l’otage d’une politique indiscriminée de réduction des déficits. La combinaison de l’allongement de la vie active et de la contraction de l’emploi oriente de plus cette réforme vers une précarisation accrue des carrières professionnelles.

6. Cependant, la gestion des retraites par répartition, et de la Sécurité Sociale en général, pourraient redevenir un instrument d’une politique structurelle de soutien à la demande et de réorientation des charges dans un sens plus favorable à l’emploi, mais sous condition d’une réorientation d’ensemble des politiques économiques.

7. La conclusion de cette analyse sera que la question de l’organisation de la retraite est un choix collectif qui doit être envisagé en tant que tel, alors que les conditions actuelles de réforme interdisent un tel choix au nom des contraintes systémiques du néocapitalisme.

1 Message

  • France 2010 la vengeance est un plat qui se mange froid ! Toutes ces années ou à cause de la menace communiste (le chantage) nous étions obligés de respecter un tant soit peu le prolétariat. Maintenant on va pouvoir se régaler car à nouveau les prolos devront mettre leurs gosses de huit ans à travailler dans les mines (pour remplacer le systeme des retraites)comme au bon vieux temps et si leurs femmes et leurs filles sont jolies elles passeront à la casserole puisqu’ils n’auront à nouveau plus aucuns droits !

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>