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"Nuit debout" ? Des "Sorbonne" à ciel ouvert ?
par Jean LEVY

vendredi 8 avril 2016, par Comité Valmy


"Nuit debout" ? Des "Sorbonne" à ciel ouvert ?

Nuit debout : manifestation à Paris et rassemblements à Rennes, Nantes, Toulouse et Lyon

Le souffle ne retombe pas. Pour la sixième nuit consécutive, des militants de Nuit debout ont occupé la place de la République, mardi 6 avril, à Paris pour lutter contre la loi Travail.

La République nous appelle

Ainsi, les places de nos villes sont devenues, chaque soir, des lieux de rassemblement et de discussions. De nombreux jeunes y trouvent enfin un espace de liberté pour dire tout haut leur hostilité à la loi Travail, et pour, chaque soir, discuter librement des problèmes posés par l’actualité.

Lieux d’expression publique, il semble à cette jeunesse, avoir brisé à la fois son isolement personnel, et le couvercle de la cocotte minute dans laquelle elle se trouveenfermée.

Cependant, la nostalgie propagée de mai 68 ne traverse-t-elle pas l’esprit de certains ? Et ces lieux occupés nuitamment ne risquent-ils pas de devenir des "Sorbonne à ciel ouvert" où la Révolution est votée, chaque soir, à mains levées ?

En clair, la parole ainsi libérée suffit-elle à transformer ces places en véritables "agoras" où dans la Grèce antique, le peuple, hors les esclaves, venait discuter des affaires de la cité ?

Sans remonter si loin dans le temps, citons l’exemple américain, d’Occupy Wall Street où des foules rappelaient à la Finance qu’elles représentaient, elles, 99% de la population, exploitée, dominée par le 1% de l’oligarchie. Ce cri populaire, avec son contenu de classe, annonçait le succès inattendu du candidat Sanders, qui se proclame "socialiste", auprès de millions d’électeurs étasuniens, les jeunes en premier lieu, lors des primaires présidentielles, Sans débouché politique, certes, mais symptomatique de l’évolution des esprits.

Peut-il en être de même en France aujourd’hui ?

Faudrait-il pour cela que les débats nocturnes portent sur l’essentiel et que soient posées les bonnes questions.

Par quelles forces, notre peuple aujourd’hui est-il dominé ? Qui se trouvent aux manettes de l’économie ? Qui détient les moyens de production et d’échange ?Qui possède les médias, faiseurs d’opinion ? Sommes-nous en démocratie ? La France, enfermée dans l’Union européenne, est-elle encore une nation souveraine et maîtresse de son destin ?

Est-il juste que les actionnaires des sociétés du CAC 40 se répartissent plus de 400 milliards de dividendes en dix ans, alors que l’austérité est imposée au plus grand nombre ? Est-il normal que des dizaines de milliers de personnes doivent vivre et dormir sur les trottoirs de nos villes sans toit et sans ressources, alors que des résidences se négocient à coups de dizaines de millions d’euros ?

Que faut-il faire pour tout changer ?

Certes, d’autres sujets peuvent préoccuper l’esprit. Mais peut-on les résoudre dans l’état de dépendance où se trouve notre pays ?

Or, et c’est dommage, les discussions sont parcellaires, sans lien avec la nature de la société dans laquelle nous vivons. Ce n’est pas, disons-le, la "faute" des jeunes qui se veulent inventer, avec raison, un meilleur avenir.

Le défaut d’explications, d’informations même, limite l’ampleur des sujets abordés. La vacuité, en la matière, des organisations populaires, des syndicats, des partis politiques, est responsable du retard idéologique de la jeunesse française. Et ce ne sont pas les beaux esprits de la bobocratie, en mal de notoriété, qui porteront le fer rouge de la véritable contestation révolutionnaire dans les débats nocturnes de nos cités.

Ceux qui sont porteurs des luttes sociales - et en premier lieu, qui se battent dans les entreprises et dans la rue pour le retrait de la loi EL Khomri - devraient en avoir conscience.

Et pourquoi pas ne vont-ils pas sur les places publiques faire part aux jeunes de leur expériences sur le terrain, de leurs combats quotidiens, engagés qu’ils sont dans le combat de classe ?

Il en va de la victoire !

Jean LEVY
Comité Valmy
7 Avril 2016


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