COMITE VALMY

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Iakounine et la fin du régime des Barons
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 21 août 2015, par Comité Valmy


V. Iakounine, président des Chemins de fer russes

Iakounine et la fin du régime des Barons

Les temps changent et parfois, justement, les exigences de changement s’accélèrent. Fini le bon vieux temps où il suffisait d’être pro-régime, de lever son verre de vodka à la santé de la Russie (si possible avec la larme à l’oeil) pour affirmer son patriotisme et rester en place sans trop s’occuper du management d’une grande entreprise publique tout en profitant des acquis.

V. Iakounine pourra toujours lever son verre à la santé de la Russie, mais il ne le fera plus de son poste de directeur des Chemins de fer russes.

La nouvelle, il y a quelques jours, du départ de V. Iakounine de la tête des chemins de fer russes a pour le moins surpris. Promotion ou sanction. En voyant la manière dont les évènements se sont enchaînés, il ne s’agit clairement pas d’une promotion.

Si V. Iakounine avait été remercié pour ses bons résultats, l’on aurait vu une entrevue avec le Président V. Poutine, dont il est un proche. Or, c’est le gouverneur par interim de la région de Kaliningrad qui déclare à la presse avoir proposé à V. Iakounine de faire parti de la liste des sénateurs de la région, car un des membres de la liste a demandé à être remplacé. Et V. Iakounine a accepté. Pas très glorieux comme présentation ...

Et pour enfoncer le clou, V. Poutine déclare que c’est la décision de V. Iakounine lui-même, qu’il le rencontrera peut-être à la rentrée, pour qu’il lui raconte, quand il en aura le temps. Donc, le Président russe s’en lave les mains, ne le soutient pas.

Et pour cause. La presse commence à publier les résultats détaillés du bilan de la présidence Iakounine des Chemins de fer. Pas de développement du réseau ferré, veillissement du matériel, augmentation des pertes, etc.

Evidemment, il n’y a pas eu de coup politique mettant en scène le Président russe jetant V. Iakounine dehors. Evidemment. Pourtant, c’est une première. Qu’un dirigeant d’une grande entreprise nationale, officiellement patriote et proche du Président, soit démis de ses fonctions - certes en douceur, certes de "sa propre volonté" - en raison d’un bilan plus que mauvais est un excellent signe.

Les temps ont changé. En période de crise mondiale, économique et sociale. En période de conflit total - économique, idéologique et communicationnel - entre la Russie et l’ "Occident". En ces temps troubles, la Russie doit être forte et ne peut plus se permettre de confondre loyauté et efficacité.

Le message est clair. Rien n’est acquis. Les Barons du régime peuvent tomber, car ils ne sont pas des Barons, mais des managers à la tête d’entreprises qui doivent être concurrentielles et rentables. Ils ne bénéficient pas d’un titre de noblesse héréditaire, mais ont été nommés à une fonction. Il en va de l’intérêt national.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 20 août 2015

Russie politics


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