COMITE VALMY

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Donbass :
l’armistice tue à Gorlovka. Témoignages
par Karine Bechet-Golovko

mardi 11 août 2015, par Comité Valmy


Donbass : l’armistice tue à Gorlovka. Témoignages

"De Gorlovka pleuvent des appels téléphoniques. Je ne veux même pas écire les mots qu’ils crient dans l’appareil. Les gars, c’est quoi ce Minsk 2 ? C’est quoi ces accords ? Des bêtes sauvages tuent des gens comme s’ils étaient à un stande de tir. Et ces enfoirés de missionnaires de l’OSCE qui pleurnichent sur leurs 7 Toyota brûlées, putain, noyant leur peine dans le wisky". Sergueï Vesselovsky, journaliste.

Dans la nuit du 9 au 10 août et ensuite dans la journée, Gorlovka est tombée sous le feu ukrainien, le village de Golma est presque rayé de la surface de la planète et d’autres points d’habitation ont été lâchement touchés dans le Donbass par l’armée ukrainienne. Des dizaines de morts et de blessés. civils. Le plus jeune avait trois ans, cette nuit. Qu’a-t-il fait pour mériter de commencer ainsi sa vie ? Il n’a même pas pu voler un bonbon, il n’y en a plus depuis longtemps. Mais peu importe, tout ce dont on ne parle pas n’existe pas. Alors silence dans les médias occidentaux.

Message du combattant Flagot :

" Comme vous le savez déjà, aujourd’hui les ukrainiens ont commis une véritable barbarie à Gorlovka ! Je ne vais pas le raconter dans le détail, c’est horrible. Un corps d’homme que nous n’avons pas réussi finalement à retrouver entièrement dans la carrière. Un obus l’a simplement fait exploser en plusieurs morceaux, et pour des raisons évidentes je n’ai pas pris de photos. Il y a également 4 blessés graves suite aux éclats d’obus, un a bien été touché au cou, et beauccoup de blessés legers. Nous avons reçu 20 personnes avec des troubles graves, des filets de sang coulaient des oreilles. Beaucoup d’entre eux n’entendront rien pendant encore longtemps, mais leur vie n’est pas en danger. A Zaïtsevo, les ukrainiens ont bombardé des habitations. Avec des camarades, nous avons retiré de là 3 corps. Je ne peux pas dire exactement le nombre de blessés, mais beaucoup. A Golma, 1 mort, il est sorti fumer, un obus est passé, il ne reste rien de lui. Je voudrais dire quelques mots particulièrement en ce qui concerne Golma. Ce matin les ukrainiens ont envoyé environ 13 camions remplis d’obus. Bref, Golma est presque entièrement dédtruite."

Le village de Nevelskoe a également été touché, surtout les habitations. Par exemple, dans une maison vivait une femme de 30 ans environ, avec ses trois enfants. La maison fut détruite et les deux plus jeune, 3 et 6 ans, ont été gravement touché par des éclats d’obus. Quel est leur crime sinon celui d’exister ?

Dans une carrière à côté du groupe de maison de Solnechny, un corps flottant dans l’eau a été retrouvé après le bombardement ukrainien.

Plus concrètement à Gorlovka, tout a commencé à 4h30 du matin dans cette nuit du 9 au 10 août. Tout y est passé, Grad, tanks et surtout gros calibres. Ceux qui sont censés avoir été retirés par l’armée ukrainienne, comme le confirme l’OSCE et les chancelleries occidentales. Premier résultat tangible : le transformateur de la ville est détruit, en feu. Il n’y a plus d’eau ni d’électricité. Est-ce une cible militaire ou civile ?

Images de nuit du transformateur en feu :

Plus de vidéo ici.

Une habitante raconte :

"La nuit, les ukrainiens ont bombardé l’usine de viande et l’on pensait que ça allait s’arrêter là. Après le lever du soleil, contrairement à l’habitude, les attaques ont continué. En plein jour, à 10h30 du matin, en plus du Grad se sont ajoutés les tanks, les lances-mines, les lances grenades automatiques. A ce moment, les ukrainiens nous ont coupé la route avec Donetsk et ont fait brûler le transformateur. C’était la panique totale. Des rumeurs pires les unes que les autres circulaient dans la ville, il semblait que ça y est les ukrainiens entourent la ville et vont la prendre. Par exemple, à 11h30 on a entenu parler de grand incendies dans la ville, il n’y avait plus personne pour les éteindre puisque toutes les forces étaient lancées pour résister à l’agresseur et les pompiers ne pouvaient pas sortir à cause des bombardements barbares. (...) Je n’oublierai jamais ce que nous avons vécu aujourd’hui. Et encore, on peut dire que nous avons eu de la chance, nous étions à la maison quand ont commencé les tirs, imaginez ce que c’était pour ceux qui sont restés dans la rue ! Les blessés étaient étendus à même la rue et personne ne pouvait les aider. Les tirs ont débuté tôt dans la nuit jusqu’à 18h environ. Est-il nécessaire de dire que l’OSCE, à ce moment-là, a refusé de venir à Gorlovka ? Je veux encore dire : nous ne pourrons survivre à une autre journée comme celle-là, si cette nuit les ukrainiens recommencent à tirer et même si avec ma famille l’on peut survivre aux tirs, on deviendra fou à cause du bruit des explosions. La patience des habitants a atteint sa limite, on a déjà supplié les combattants de lancer l’offensive et de faire reculer les barbares, de sortir notre ville de cette existence. Comprenez moi, c’était une attaque insupportable."

Affirmer que le cessez-le-feu est respecté est absurde. Tout autant que d’espèrer en Poroshenko, le Président ukrainien, pour réellement faire reculer les armes lourdes. Elles ne sont que réparties différemment, réparées et réinstallées. Le reste n’est que de la communication.

Il est possible d’en tirer quelques conclusions.

La population n’a strictement aucune confiance dans l’OSCE, qui sous couvert de neutralité cherche à minimiser, voire noyer, les crimes commis par l’armée ukrainienne et donc le Gouvernemet ukrainien actuel. N’est-ce d’ailleurs pas une forme de complicité ?

Le retrait des armes par les combattants n’a pas eu l’effet attendu. A part en parole, le pouvoir ukrainien n’a pas tenu ces engagements, pas plus qu’il ne les a tenu antérieurement. Et la volonté affichée de Zakharchenko de ne pas répondre commence à faire réagir la population locale qui considère cela comme un abandon, voire une trahison.

Finalement, et l’OSCE et le pouvoir des nouvelles républiques commencent à provoquer la méfiance chez les habitants Et la Russie qui ne prend pas de décision politique claire n’en sort pas indemne. Ce qui est, en revanche, une aubaine pour le pouvoir ukrainien. A ce rythme là, il ne sera pas difficile de faire de nouvelles élections dans un chaos total, ce qui arrange tout à fait Kiev.

En attendant des civils meurent. Tous les jours. des gens qui n’ont aucun lien avec la guerre, avec les armes. Des gens qui essaient malgrè tout de vivre, ou plutôt survivre. En dépit d’un pouvoir central qui les a trahi. En dépit d’un pouvoir local qui ne se décide pas. En dépit d’une communauté internationale qui refuse de les voir.

Pour finir, un cri de désespoir d’un individu dont la famille est à Gorlovka :

"Vous voulez bien m’expliquer, chers commandants, pourquoi vous autorisez que l’on nous tue petit à petit ? Que Zakhartchenko, que nous avons élu, m’explique ce qu’il a voulu dire en déclarant : "Ne comptez pas dessus Piotr Alexeevitch (Poroshenko), nous ne tomberons pas dans votre provocation !" Qu’est-ce que cela signifie ? Tuez-nous, s’il vous plait, seulement pas tout de suite et pas trop vite, mais un par un, doucement. Nous retirons unilatéralement nos armes, nous n’allons pas tirer sur vos zones de tirs, nous allons respecter le processus de paix. Quel cessez-le-feu ? Toute l’année, ils veulent effacer Gorlovka de la face de la Terre, et nous, nous avons un cessez-le-feu ? Qui en a besoin ? Je hais ce genre de cessez-le-feu. Mes parents et mon frères sont encore vivants là-bas. Mais la nuit je rêve que quelqu’un est mort, que quelqu’un a été tué ou mutilé. J’ai peur à chaque minute. J’ai peur de répondre au téléphone, j’ai peur de raté un coup de fil. Je ne peux pas trouver pour maman des médicaments et quand on me les apporte de Russie, je ne sais pas comment les faire entrer dans Gorlovka. Et là-bas, ne vivent pas seulement mes parents ! Là-bas vivent des gens, il y en a beaucoup, là-bas il y avait des enfants qui allaient à la maternelle et la nuit elle fut bombardée. Messieurs, nous croyons tellement en la Russie, nous attendons tellement d’elle une décision politique. Parce que l’on nous massacre si facilement avec ce putain d’armistice !"

Et pendant ce temps-là, dans les chancelleries, l’on se fécilite des efforts fait pour la paix, tout en regrettant que ces combattants soient si peu civilisés, qu’ils violent si facilement la parole donnée. Bref, ils doivent aller plus loin pour prouver leur bonne foi. En attendant qu’il n’en reste plus un.

Sans commentaire

Karine Bechet-Golovko
lundi 10 août 2015

Russie politics


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