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Après le décès de Charles Pasqua
Hommage au patriote, à l’un des animateurs de la campagne contre la ratification du traité de Maastrischt
Claude Beaulieu

samedi 25 mai 2019, par Comité Valmy


1992 - Philippe Seguin et Charles Pasqua pendant la campagne contre la ratification du traité de Maastricht.

Après le décès de Charles Pasqua
Hommage au patriote, à l’un des animateurs de la campagne contre la ratification du traité de Maastrischt

Avec Philippe Seguin, Georges Marchais, Jean-Pierre Chevènement et Philippe de Villiers, Charles Pasqua fut l’un des principaux animateurs de la campagne contre la ratification du traité de Maastricht. Tous étaient les adversaires de l’alliance sans principe des tenants du renoncement national, conduite par un Mitterrand revenu à la félonie pétainiste de sa jeunesse, un Jacques Chirac qui trahissait lui, son propre appel de Cochin et un Giscard d’Estaing eurolâtre.

Le combat contre la ratification de Maastricht fut admirable à bien des égards. Dans une démocratie libre et non faussée, où – notamment – la liberté de la presse aurait existé, le non l’aurait emporté de façon évidente.

Le programme du CNR qui prévoyait d’ « Assurer... la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances de l’argent et des influences étrangères » n’a jamais été appliqué. Au début des années 90, les médias étaient déjà pour l’essentiel aux mains de la finance, même s’ils n’avaient pas encore atteint le stade d’asservissement globalisé et consenti qui, de nos jours, permet à Paul Craig Roberts de parler de presstituée. De fait, les principaux médias furent mobilisés par le camp du renoncement national. Une vaste campagne de manipulation médiatique en faveur du oui au référendum fut orchestrée, en particulier autour du même chantage au chaos que celui utilisé aujourd’hui contre le peuple grec en lutte.

L’oligarchie financière et ses chargés d’affaires compradores du parti socialiste au pouvoir, comme de la droite anti nationale et atlantiste, bénéficièrent aussi, de façon non négligeable, du soutien de certains trotskistes installés à la direction du PS. Souvent issus de l’Organisation Communiste Internationaliste et idéologiquement hostiles à la nation, de nombreux trotskistes ont en effet rejoint François Mitterrand et le Parti socialiste dont Lionel Jospin fut à deux reprises le Premier secrétaire (de 1981 à mai 1988, puis d’octobre 1995 à 1997). De nos jours, Jean-Christophe Cambadélis (également formé idéologiquement à l’OCI) occupe cette même fonction, tandis que Pierre Moscovici (provenant quant à lui de la Ligue Communiste Révolutionnaire) s’acharne contre la souveraineté du peuple grec en tant que commissaire européen.
Dans la campagne sur la ratification du traité de Maastricht, Jean-Luc Mélenchon fut du mauvais côté de la barricade. Au Sénat, il prétendait que « la construction de la nation européenne est un idéal » et que « Maastricht est un compromis de gauche. »
En fait, Mélenchon se prononçait pour une nation européenne, une république européenne et une souveraineté populaire à l’échelle de l’Europe.

De leur côté, Arlette Laguiller et Lutte Ouvrière ont également joué un rôle délétère en appelant à l’abstention lors du référendum. Interrogée ultérieurement sur la monnaie unique, Laguiller s’y est déclarée favorable « dans une fédération européenne libre des travailleurs » (L’Humanité, 5 avril 1995) .

Le Parti socialiste et Mitterrand, peu soucieux de l’intérêt national, furent les principaux responsables de la courte victoire du oui au traité de Maastrischt avec 51,05% des votants contre 48,95% pour le non.

Philippe Seguin avait été brillant au cours de la campagne pour le non à la ratification du traité de Maastrischt (à l’exception de son face à face télévisé avec un François Mitterrand exploitant sa maladie). De façon étonnante, il ne jugea pas utile après la victoire du oui de persévérer dans une nouvelle résistance contre l’Europe supranationale sous domination germano-américaine.

Inversement, Charles Pasqua (qui était entré à l’âge de 16 ans dans la résistance patriotique et antinazie) poursuivit le combat sur des positions gaulliennes. Ainsi, il créa une organisation nommée Demain la France puis réanima plus tard, une nouvelle version du RPF.
Avec notamment des anciens responsables communistes, j’ai à plusieurs reprises été en contact pour le Comité Valmy avec un représentant de Demain la France, autour d’un objectif commun : travailler à la recherche des possibilités de construction d’une alliance patriotique, républicaine et de progrès, avec comme exemple la Résistance et le programme du CNR.

En 1999, à la suite de ces rencontres préparatoires, une délégation du Comité Valmy fut reçue par Charles Pasqua afin de préparer une liste dépassant le clivage gauche/droite, pour les élections européennes de cette année-là. Même si cette tentative échoua, je reste convaincu de la sincérité de Charles Pasqua.
Pasqua était un personnage complexe et controversé. Mais au moment de sa disparition, je souhaite rendre hommage au patriote et au gaulliste authentique, qui malgré l’échec de notre tentative commune a tout de même contribué à démontrer que la stratégie d’alliance du Comité Valmy n’a rien d’utopique.

Claude Beaulieu
3 juillet 2015


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